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    Analyse

    Le Maroc ne profite pas de sa pomme de terre

    Par L'Economiste | Edition N°:4275 Le 14/05/2014 | Partager
    Absence d’une stratégie de valorisation de la filière
    Déficit en unités de conditionnement et de transformation
    La totalité des frites surgelées importée, près de 35.000 tonnes par an

    Le problème de la qualité handicape les exportations de nos pommes de terre qui ne dépassent pas actuellement 30.000 tonnes contre près de 100.000 tonnes auparavant

    LA crise soulevée dernièrement suite au changement des règles d’accès de produits agricoles made in Morocco sur le marché européen devraient sérieusement interpeller les responsables marocains sur deux points essentiels. Premièrement, la nécessité de rechercher d’autres marchés prometteurs pour nos exportations agricoles, notamment en Afrique et les régions émergentes comme la Chine, la Russie et l’Inde. Car, en Europe, notre marché traditionnel, l’économie est en crise. Mais pour accéder à ces nouveaux  marchés, il faut être compétitif tant sur le plan la qualité que du prix. Cela nécessite donc la mise en place d’une stratégie de valorisation de nos filières agricoles dont le Maroc présente des atouts. C’est le cas du secteur de la pomme de terre qui affronte une série de problèmes. Ces derniers ont déjà fait l’objet d’un colloque international organisé dernièrement à El Jadida par la Fifel (Fédération interprofessionnelle de production et d’exportation de fruits et légumes). Quantitativement, la production augmente chaque année pour atteindre un volume de près de 1,4 million de tonnes. Mais le problème de la qualité handicape les exportations de nos pommes de terre qui ne dépassent pas actuellement 30.000 tonnes contre près de 100.000 tonnes auparavant. «Au Maroc, des variétés vieilles de plus de 40 ans sont encore largement cultivées. Elles ne répondent plus aux exigences des marchés à l’export et participent au déclin de celui-ci», explique Mohammed Zahidi, représentant Fifel dans la zone nord. Ce problème de la qualité  va également constituer un handicap pour la valorisation industrielle de nos pommes de terre, rappelle de sa part Larbi El Yacoubi Idrissi, expert en génie industriel et alimentaire. Ce dernier souligne les opportunités que représente le secteur de la transformation industrielle pour les opérateurs ainsi que pour l’économie nationale. «Pour le moment, le Maroc ne dispose d’aucune grande unité moderne de fabrication des frites surgelées utilisées par la majorité des restaurants et snacks notamment dans la préparation des hamburgers», regrette El Yacoubi Idrissi. Pour ce dernier, il s’agit d’un marché juteux et prometteur avec un volume d’importation de près de 35.000 tonnes, ce qui représente la transformation d’environ 500.000 tonnes de pommes de terre. C’est une aubaine pour les agriculteurs marocains avec un potentiel  de consommation de frites surgelées à terme de 150.000 tonnes. Outre les frites, il y a d’autres niches pour la valorisation de la pomme de terre marocaine. Il s’agit de la production des chips dont la fabrication locale est assurée par un seul grand opérateur marocain qui est Leader Food à Casablanca, et ce depuis 1999. «Pour la matière première qui est la pomme de terre fraîche, sa livraison est assurée par une douzaine de grands agriculteurs marocains dans plusieurs zones selon un contrat et cahier des charges passés avec eux», précise  Mohammed El Bochtaoui, responsable du département d’agronomie à Leader Food. Et d’ajouter, «on importe les meilleures semences des variétés de pomme de terre à chips pour qu’elles soient plantées par nos agriculteurs partenaires et on leur assure un encadrement technique tout au long du cycle de la culture pour l’approvisionnement de l’usine en pomme de terre de qualité toute l’année». D’autre part, le responsable de Leader Food  tient à rappeler que «l’agrégation, deuxième fondement de la stratégie plan Maroc Vert, qui est un partenariat gagnant-gagnant entre l’amont productif et l’aval industriel, reste toujours notre ambition». On apprend que les besoins du marché local en chips sont couverts par l’opérateur marocain ainsi que les produits  importés par quelques sociétés. Donc le marché reste prometteur pour les produits locaux. «Outre la marque Leader chips, on s’apprête à lancer prochainement sur le marché local notre deuxième produit haut de gamme baptisé «Gold  chips» et qui a été exposé dans notre stand au Salon international de l’agriculture au Maroc.

    D’autres opportunités

    LA fécule de la pomme de terre figure aussi parmi les niches à développer au Maroc. C’est une sorte de farine qui peut avoir plusieurs utilisations notamment dans la charcuterie industrielle. Les importations de cette matière varient entre 5 à 10 millions de tonnes par an, selon El Yacoubi Idrissi. On évoque également la possibilité de la production à partir de la pomme de terre de la purée déshydratée. «Tout cela nécessite de la technologie et un savoir-faire à développer ainsi qu’une culture de partenariat entre les agriculteurs comme cela se passe dans d’autres pays», conclut El Yacoubi Idrissi.

    Noureddine EL AISSI

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