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Evénement

Comment la pharmacie a manqué de vigilance

Par L'Economiste | Edition N°:4263 Le 25/04/2014 | Partager
Médicaments: le Maroc sur le point de perdre la bataille des normes sur les marchés arabes
Les Egyptiens donnent une vraie leçon d’intelligence économique… où tous les coups sont permis!

Sur plus de 500 pages, l'Egypte tente d'imposer ce qu'elle estime être le «bon» référentiel pour la pharmacovigilance dans les pays arabes

Encore un dossier qui souligne pourquoi le Maroc devrait engager plus sérieusement la bataille des normes.  Et  qui n'est pas sans rappeler d'autres guerres,  celle des standards et de la normalisation comptable ou encore celle de l'Icann (l'instance de gestion des noms de domaines) longtemps sous suprématie américaine. Avec pour toile de fond des enjeux de compétitivité. 
Les jeux d'influence semblent maintenant investir un autre domaine, la pharmacovigilance.  Depuis quelques jours, le sujet est à l'origine d'une quasi-cellule de crise dans l'écosystème marocain.
L'effet déclencheur? Un référentiel de plus de 500 pages, réalisé par plusieurs pays arabes, rendu public il y a quelque temps  et intitulé pompeusement "Guideline on good pharmacovigilance practices (GVP). La pharmacovigilance, c'est une vieille affaire qui remonte aux années 60,  lorsque l'OMS se rend compte des défaillances en matière de surveillance des médicaments suite au scandale du Thalidomide, un traitement utilisé par les femmes enceintes qui allait provoquer de vives émotions après ses implications dans des cas de malformations congénitales. L'enjeu fut alors de travailler sur la convergence réglementaire entre les pays notamment sur la question des effets indésirables des médicaments, leur nocivité ou leur efficacité. Avec pour corollaire, échanges d'informations, constitution de bases de données, systèmes d'alerte un peu partout dans le monde.
Rien d'anormal jusque-là. Sauf que le Maroc, du haut de ses 12 milliards de DH de CA et 40 laboratoires, ce qui en fait l'un des principaux marchés de la région, n'a pas été associé au projet. Pire, les frères arabes n'ont rien trouvé de mieux que d'illustrer la couverture du rapport avec une carte du Royaume amputée des provinces du sud. Un vrai coup dur. A la fois pour notre égo et pour l'industrie pharmaceutique locale. D'autant que le Maroc est l'un des piliers des réseaux de l'OMS en tant que "centre collaborateur", un titre qui est octroyé exceptionnellement à certains pays en raison de leur expertise.
La partie marocaine soupçonne fortement son homologue égyptienne d'être à l'origine de ce cadeau. Pour  enfoncer le clou, ces Egyptiens, malins comme tout, sont arrivés à obtenir pour le guideline la bénédiction (ou la baraka c'est selon) des ministres arabes de la Santé, de la Ligue arabe et le sponsoring de la Fédération arabe des industries pharmaceutiques.
Les enjeux, il y en a d'autres. Ceux de la convergence réglementaire que l'OMS souhaite de tous ses vœux, qui permet de verrouiller les marchés et donc  plusieurs milliards de dollars.
Pour la pharmacovigilance, là aussi, et comme pour beaucoup d'autres domaines,  il existe deux référentiels. Le premier est anglo-saxon, c'est celui dont se prévaut l'Egypte qui tente d'imposer sa vision.  L'autre, français, a inspiré une bonne part du dispositif marocain.
Les Egyptiens vont maintenant tenir le porte-plume pour fixer les termes des règles du jeu. Ce qu'on ne voit pas ou pas encore, c'est que derrière le front du guideline est tapie toute une armada de fabricants de médicaments égyptiens qui ne demandent qu'à aller damer le pion à leurs confrères marocains sur les marchés du Golfe. Sur les raisons qui ont fait que le Maroc a raté cette première manche, il y a peu d'explications. En tout cas, valeur aujourd'hui, le lobbying marocain dans la région paraît bien pâlot. Piquée au vif, la résistance tente de s'organiser. Il y a bien une séance de rattrapage le 30 avril  au centre anti-poison à Rabat. Mais pour rattraper quoi et auprès de qui?
«Le problème au Maroc c'est que tout le monde se la joue solitaire. Il ne faut guère s'étonner alors que nous soyons les spécialistes des accords loose-win», reconnaît un industriel ayant requis l'anonymat.
La communauté arabe s'attend à ce que le guideline soit appliqué en 2015. Quant aux Egyptiens, eux, ils semblent déjà déployer une feuille de route avec 5 sessions de formations organisées au Caire entre mai et décembre prochain.


Mohamed BENABID

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