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Analyse

Louafa au Club de L’Economiste
Le gouvernement veut en finir avec la guerre des chiffres

Par L'Economiste | Edition N°:4221 Le 26/02/2014 | Partager
Une Agence de la statistique et des prévisions économiques pour bientôt
Le ministre énumère ses reproches contre le HCP
Et rassure sur l’homogénéité de la majorité

Mohamed Louafa n’hésite pas à défendre son chef du gouvernement contre les accusations de «gestion autocratique de la majorité». Pour lui, «Abdelilah Benkirane est un homme libéral économiquement, qui a un sens de l’écoute, sans lequel toute la majorité aurait éclaté»

Ses sorties tonitruantes créent souvent des ondes de choc dans la scène politique. Mohamed Louafa, ministre délégué chargé des Affaires générales et de la gouvernance «n’a pas la langue dans la poche», comme il l’a souligné lui-même, lors de son passage au Club de L’Economiste, lundi 24 février. Dernière affaire à susciter la polémique: la critique des prévisions du Haut commissariat au plan, qui contredisent les chiffres du gouvernement (cf.www.leconomiste.com). Il a fallu l’intervention du Souverain, qui a accordé une audience au Haut commissaire au plan, pour apaiser la tension. Un communiqué du Cabinet royal avait insisté sur «la nécessité de préserver l’autonomie du HCP», mais aussi sur l’importance d’une «coopération efficiente et étroite entre l’ensemble des institutions gouvernementales et instances nationales concernées par les données statistiques». Une position «réconfortante», selon Louafa. Celui-ci a estimé que «la démarche du Haut commissaire au plan risquait de porter atteinte à l’image du Maroc». Et c’est l’attractivité du pays en matière d’IDE qui pouvait en pâtir. C’est pour cela qu’il reproche à Ahmed Lahlimi «d’avoir présenté les prévisions du HCP à Casablanca, pôle économique du Royaume, où siègent les grandes entreprises, les établissements bancaires, la Bourse…». D’autant plus «qu’il n’a pas consulté le chef du gouvernement sur ce choix», a indiqué Louafa. Le ministre des Affaires générales a également déploré que «les prévisions du HCP soient à contre-courant avec les chiffres du ministère des Finances, qui véhiculait un message optimiste». Aujourd’hui, le gouvernement semble vouloir couper avec cette «guerre des chiffres». Se basant sur une résolution de la dernière assemblée générale de l’ONU, relative à l’importance de la fiabilité des statistiques des pays, l’exécutif compte créer une nouvelle structure pour prendre en charge ce dossier. En effet, Louafa a fait savoir qu’une Agence marocaine de la statistique et des prévisions économiques verra bientôt le jour. Pour lui, «cette structure sera indépendante à l’instar des autres organismes qui ont géré ce dossier par le passé». Une décision qui devra certainement susciter de vifs débats sur la scène politique. La majorité devra avancer en rangs serrés pour défendre son projet. Or, des sorties de certains dirigeants des partis de la majorité sur d’autres dossiers marquent des divergences de points de vue au sein de l’équipe au pouvoir. Des doutes balayés par Mohamed Louafa, qui a tenu à préciser que le gouvernement «travaille dans une excellente ambiance». Néanmoins, il a souligné qu’il est nécessaire de «procéder à un diagnostic de la situation politique avant et après le 25 novembre 2011». L’objectif est d’en tirer les leçons afin d’éviter certaines situations de crise, à l’image de celle qui avait conduit à la sortie de l’Istiqlal de la majorité. D’ailleurs, en dépit de la décision du parti de la balance d’expulser Mohamed Louafa, suite à sa décision de rester au gouvernement, celui-ci tient mordicus à son appartenance partisane. Il dit avoir partagé les deux principales revendications de l’Istiqlal, contenues dans le mémorandum présenté en janvier 2013. Il s’agit notamment de la révision du pacte de la majorité et du remaniement ministériel. Des revendications qui sont restées sans suites, conduisant au divorce entre l’Istiqlal et le PJD. Une décision que Louafa avait refusé de cautionner. Car, «je ne suis pas un partisan aveugle», a-t-il martelé. Il a même défendu Benkirane contre les accusations d’hégémonie et de gestion autocratique de la coalition gouvernementale. Au contraire, «si Abdelilah Benkirane n’était pas un homme d’écoute, toute la coalition aurait éclaté», selon le ministre délégué. Pour ce dernier, l’alliance entre Abdelilah Benkirane et Hamid Chabat ne pouvait pas tenir, car «il s’agit de deux mentalités différentes».

Franc-parler

Après plus d’un an à la tête du ministère de l’Education nationale, Mohamed Louafa semble satisfait de l’avoir quitté «sain et sauf», comme il s’amusait à le répéter. Car, il s’agit d’un ministère à risque. Le siège de ce département à Bab Rouah à Rabat connaît une affluence presque quotidienne des manifestants, enseignants et diplômés chômeurs. Néanmoins, c’est aussi «un secteur qui permet d’être au fait de l’ensemble des problèmes de la société marocaine». Aujourd’hui, Mohamed Louafa, économiste de formation, a rejoint un ministère «à caractère intellectuel, chargé de dossiers à dimension horizontale». Sa fermeté et son franc-parler peuvent s’avérer nécessaires pour «dépassionner le débat autour de la réforme de la Caisse de compensation».

Mohamed Ali MRABI

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