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Politique Internationale

L’Ukraine flirte avec la guerre civile

Par L'Economiste | Edition N°:4218 Le 21/02/2014 | Partager
Bilan du jeudi 20: 32 morts, le gouvernement évacué et les civils retenus chez eux
L’Europe étudie des sanctions personnelles et un embargo sur les armes
La Russie campe sur ses positions et prône la fermeté du pouvoir

L’Ukraine s’embrase, au propre comme au figuré. Alors que les opposants continuaient à se protéger de la police derrière un rideau de feu, la tension grimpait de minute en minute, se rapprochant dangereusement de la guerre civile. A l’heure où nous mettions sous presse, les violences avaient fait officiellement 32 victimes hier jeudi 20 février. 28 personnes sont mortes dans des heurts, deux jours plus tôt. Des déflagrations se font continuellement entendre de part et d’autre. Le siège du gouvernement, situé à proximité de la place de l’Indépendance, a été évacué sur «ordre officiel», et le ministère de l’Intérieur a aussi «conseillé» aux civils de rester chez eux, pour leur «sécurité».
La présence d’une troïka de ministres européens  n’a pas semblé calmer les esprits, malgré les  menaces contre le pouvoir ukrainien qu’elle a ramenées dans sa valise. Laurent Fabius, ministre français des Affaires étrangères, et ses homologues allemand et polonais Frank-Walter Steinmeier et Radoslaw Sikorski, se sont étendus sur les sanctions «personnelles» qu’ils envisageaient à l’encontre des «responsables des violences». Il s’agit principalement de privation de visas et de gel des avoirs en Europe. Après un entretien avec la président Ianoukovitch, ces ministres devaient directement se rendre à Bruxelles pour une possible instauration de ces sanctions.  Un embargo sur «les armes et le matériel au service de la répression» devait aussi être étudié lors de cette rencontre.
De son côté, Moscou préconisait la bonne vieille méthode russe: la «fermeté». Dmitri Medvedev, Premier ministre, déclarait que «les partenaires de la Russie doivent avoir du tonus, que le pouvoir en exercice en Ukraine doit être légitime et efficace, qu’on ne s’essuie pas les pieds dessus comme un paillasson». Le message est clair: ne succombez pas à la pression des Européens, ou alors dites adieu aux aides économiques et à la baisse de la facture énergétique. 
Serguei Lavrov, chef de la diplomatie russe, exhortait pour sa part ses confrères européens à «profiter de leurs contacts avec l’opposition pour l’inciter à se distancer des forces radicales qui ont enchaîné les troubles sanglants et qui sont sur la voie du coup d’Etat».

Prise entre deux feux

IL semble que la situation échappe aux Ukrainiens eux-mêmes, et concerne plus le bras de fer entre la Russie et l’Europe. Chacune des deux parties agite ses «marionnettes» et met le paquet pour se rallier ce pays stratégique. Les enjeux sont plus diplomatiques, macroéconomiques et énergétiques, pour l’ensemble de la région, qu’intrinsèques au pays lui-même.
Cela ne veut pas dire que le conflit est créé de toutes pièces à ce seul effet. Les germes de la  confrontation, qui prend plus que jamais le pays en otage, sont ancrés dans son histoire. Aujourd’hui, cette fissure menace de se transformer en fracture avec le risque de contagion en dehors de Kiev.

Rime AIT EL HAJ

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