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Tribune

La formation à l’ère du numérique
Le long terme… en temps réel
Par la professeure Nezha Lahrichi

Par L'Economiste | Edition N°:4213 Le 14/02/2014 | Partager

Les technologies du numérique transforment le système. D’abord,

Nezha Lahrichi,  lors du Forum de Paris-Casablanca Round. Enseignante, conseillère de plusieurs Premiers ministres, la Pr. Lahrichi a été PDG de l’assurance Smaex. Elle dirige aujourd’hui le Conseil national du commerce extérieur
 

et contrairement à  la formation traditionnelle (qui s’appuie sur la continuité du temps et la patience), le nouveau paradigme se fonde sur la discontinuité et la rapidité: il est devenu insupportable d’attendre pour apprendre.
Ensuite,  le volume de l’information croît de façon exponentielle mais si le patrimoine de la connaissance est important, il reste fragmenté et non structuré, d’où le défi de la maîtrise des méthodes de recherche d’information et de connaissance sur le Net car le processus de gestion de l’information a ses exigences et ses étapes.
Le potentiel économique de cette génération de jeunes est immense car ils sont bien placés pour l’usage des technologies de l’information et l’inter-connectivité mondiale à condition qu’ils soient  sensibilisés, bien orientés et bien formés.

Potentiel des jeunes

L’école n’est plus la seule institution en mesure d’augmenter le nombre de personnes qui savent ; l’acquisition du savoir n’a plus besoin de se dérouler dans un endroit dédié et l’éducation doit inventer de nouveaux modes d’apprentissage. Comment concilier une politique éducative qui a besoin de temps et de continuité et la modernité du numérique dans ses multiples dimensions? Comment faire pour prendre le temps d’aller vite?
Au cours des première années de scolarité, le socle commun des connaissances initiales commence par la maîtrise de la lecture que le numérique rend obligatoire plus que jamais. 46% des Marocains âgés de 10 ans et plus sont toujours analphabètes malgré l’engagement des pouvoirs publics à travers différents programmes d’alphabétisation.
Obligée de transmettre des savoirs élémentaires, l’école doit répondre à la médiasphère avec sérénité, mais en mettant l’accent sur un usage vertueux des technologies de l’information dès le plus jeune âge; quel est le bon dosage entre l’apprentissage à l’école et l’autoapprentissage sur internet? Des pays comme le Royaume-Uni, la Finlande, le Danemark et la Corée du Sud illustrent les performances de l’école numérique.

Facteur de réussite

Un constat concerne de nombreux pays: les formations aux cultures du numérique font l’objet d’incitations qui n’ont pas encore produits tous leurs effets. Pour l’instant, les usages ludiques et de communication prédominent.

Immédiateté et liberté, les jeunes s’approprient vite l’outil, mais il ne faut pas tomber dans le simplisme et opposer «numérique» à «scolaire», on risquerait de tout perdre

Cela implique trois pistes:
1. Une véritable formation à l’information et aux médias avec l’approche de l’intelligence économique, c’est-à-dire une bonne orientation des besoins et un traitement de l’information.
2. Une formation informatique à travers les concepts et les langages de programmation pour être en mesure d’exploiter les possibilités éducatives des outils.
3. Une formation à la pédagogie du numérique autour de ses valeurs: lien, partage, intelligence collective, participation, don de soi…
Au Maroc, comme ailleurs, le numérique remet en question les pratiques et le mode d’exercice du métier d’enseignant.
Intégrer développement technologique et pratiques pédagogiques est le défi majeur du nouveau monde numérique.

Le nouveau modèle

Les modèles de production et de diffusion  de la  connaissance sont bouleversés. L’acquisition du savoir n’est plus un processus systématique discipliné et méthodique. Une révolution cognitive est donc en marche. Cette révolution concerne les mêmes générations disséminées sur la planète, dans tous les pays quel que soit leur niveau de développement. Une nouvelle culture jeune a émergé, une sorte de culture de masse : refus des formes et des étiquettes, idéologie du temps libre, perception du progrès comme une avancée naturelle, un droit; ce qui compte c’est l’expérience dans son immédiateté; à cela, il faut ajouter le sentiment de liberté qui accompagne  le ressenti de disparition des frontières: on peut travailler ou se distraire où on veut, quand on veut, comme on veut.

Quatre précautions

- Un écueil à éviter: ne pas adhérer  au discours technophile et aux clivages simplifistes entre «natifs» du digital et «immigrants» qui nuisent aux perspectives de transmission intergénérationnelle; il y a un risque de décrédibiliser l’école, de considérer les enseignants comme inaptes et qui dispensent une formation dépassée;
- L’école garde  une place essentielle et doit imaginer de nouvelles formes d’apprentissage. La vitesse de transmission de l’information en temps réel ne modifiera pas en profondeur la transmission du savoir aux nouvelles générations par le biais de l’école et de la culture qui, par définition, s’inscrit dans le long terme.
- L’art de conjuguer le temps réel et le long terme vont déterminer les conditions de succès du système éducatif; de ce fait les techniques du numérique mérite des enseignements particuliers.
- L’enseignant doit être en mesure de construire des interactions pédagogiques, d’avoir une capacité à innover et à se servir des outils pour donner le goût du savoir et donc mieux le transmettre.

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