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Société

L'enquête qui a été primée

Par L'Economiste | Edition N°:4179 Le 25/12/2013 | Partager
79 condamnés à mort en attente d'exécution
Confidences exclusives des pensionnaires de la prison de Kénitra
Silence, peur, attente, détresse, désespoir... le quotidien d’un détenu

Lorsqu’on se dirige vers la prison centrale de Kénitra, l’on porte sur ses épaules le poids de toute une histoire. L’esprit s’évade et repense à la quarantaine de personnes qui ont passé leurs derniers jours derrière ces murs avant de trouver la mort… fusillées. Des histoires comme celle du commissaire Tabit, de Moutachaouik et de son acolyte resurgissent. S’y ajoutent 38 autres détenus politiques exécutés essentiellement dans les années 70. Le mythe est tellement fort qu'il me semble les connaître.  Il est 12h30 et il nous a fallu une bonne quinzaine de minutes pour traverser le chef-lieu du Gharb Kénitra avant d'arriver à la prison. Au fil du temps, plusieurs habitations se sont construites autour de ces lieux. Nous sommes à quelques mètres de l'entrée et les pas se font plus lents. Un impressionnant portail bleu s'ouvre. Le garde-à-vous des policiers sec et tranchant fait sortir des rêveries et replonger dans l'instant. Le directeur de la prison finalise la procédure liée aux examens universitaires de quelques détenus. Un quinquagénaire, bien portant et à l'humour délicat. Il nous sert de guide tout au long de la visite. Nous traversons une grande cour jonchée de plantations. La peinture semble être refaite depuis peu. Encore une autre porte bleue avant de passer véritablement à l'enceinte de l'espace carcéral. C'est un long couloir de 200 m de long à vue d'œil. Les murs sont peints de blanc et de bleu. Ces mêmes couleurs reviennent  pratiquement dans toute la prison. Encore une autre porte, un autre couloir. Salle de spectacles, centre de formation de l'OFPPT, versets du Coran calligraphiés sur les murs... Pour l'instant, les lieux sont tout sauf austères. Une nouvelle porte nous attend. Il est écrit, encore une fois en bleu, au-dessus "quartier B". Cette fois-ci c’est bon, nous sommes arrivés au couloir de la mort ! Non pas vraiment, il va falloir traverser une sorte de cour à ciel ouvert. La chaussée est de moins bonne facture que le reste de la bâtisse et une odeur pestilentielle d'égout emplie les lieux. Nul doute, les toilettes ne doivent pas être loin ! Une dernière porte et retentit le garde-à-vous des sept gardiens de prison spécialement dédiés au couloir de la mort. Vêtus d'uniformes verts, leur moyenne d'âge est de 35 ans. L'odeur des égouts a disparu pour laisser place à un silence religieux encore plus pesant. Au couloir de la mort, le bruit est rare et le silence assourdissant. Plusieurs portes alignées et surtout bien fermées de part et d'autre du couloir se dressent devant nous. Notre arrivée aurait pu éveiller les curiosités mais rien, aucun visage n'apparaît au milieu des quatre barreaux des portes. Une odeur de nourriture se fait sentir. Les détenus viennent de recevoir leur repas. Au menu de ce jeudi : haricot et thon La viande est servie deux fois par semaine, mercredi et vendredi à chaque fois 200 g. Au fond du couloir se trouve une petite kitchenette que les détenus utilisent pour réchauffer leur repas. Une façon de tuer le temps, ironise-t-on. Une première cellule s'ouvre. Nous rentrons dans la pièce accompagnée de deux gardiens. De par la loi, les condamnés à mort sont logés dans des cellules individuelles. Trois mètres de largeur sur 3,5 mètres de longueur contiennent les effets personnels du détenu. A droite, une petite télévision qui diffuse une émission de la deuxième chaîne. C’est l’unique fenêtre sur le monde extérieur. A gauche, un petit matelas à ras-le-sol sert de lit pour notre interlocuteur. Derrière un petit muret se trouvent des toilettes turques dont le trou est bouché par un bidon d’huile de 5 litres, une façon de camoufler les odeurs. La cellule est éclairée par une petite fenêtre de 50 cm sur 40 cm avec trois barreaux, beaucoup trop petites pour une éventuelle fuite. L’unique source de lumière est en hauteur à quelques centimètres du plafond. Difficile d’y avoir accès pour jeter un coup d’œil sur le monde extérieur. Le pensionnaire de la cellule est très coopératif. La communication s'établit facilement mais il pose une condition: «Auriez-vous suffisamment de temps pour écouter mon histoire?» La discussion semble représenter pour lui un semblant d’évasion. Une échappatoire!  18 ans! C’est la période qu'il a purgée dans le couloir de la mort à attendre. L'air un peu gêné et le regard fuyant, il raconte: «j'étais fiancé à une jeune fille mais ses parents ne m'aimaient pas». Expéditif, il ne rentre pas dans les détails de l’histoire. «Un jour, j'ai tué son père et sa mère». Un crime passionnel commis sous l’effet de l'alcool et de la drogue. Nous ressortons et la cellule se referme à nouveau. Quelques mètres plus loin, une autre porte s’ouvre. La cellule est bien mieux agencée que l’autre avec plus d’effets personnels: un tapis de prière, quelques livres et de la nourriture. A. B. (pour préserver l’anonymat des condamnés) est un jeune homme de 30 ans. Il est vêtu d’un pantalon de survêtement blanc et d’un pull orange, il porte sur la tête un bonnet noir. Les condamnés à mort ne portent pas de tenue spéciale. Une barbe d’une semaine laisse entrevoir des traits tirés. Pourtant, A. B. sourit d’un air apaisé, réjoui de pouvoir échanger, parler, raconter son histoire. Rien ne le prédisposait à se retrouver derrière les barreaux du quartier B...

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