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Politique Internationale

Rencontre Ianoukovitch/Poutine
L’Ukraine retient son souffle

Par L'Economiste | Edition N°:4173 Le 17/12/2013 | Partager
Alors que le parti au pouvoir réclame un changement gouvernemental
L’UE partagée, entre «gel des discussions» et «porte ouverte»
L’opposition prévoit une démonstration de force pour maintenir la pression

L’Ukraine s’enlise dans sa crise politique et le bout du tunnel n’a jamais semblé aussi éloigné. Hier lundi 16 décembre, le parti au pouvoir demandait le remaniement du gouvernement. L’opposition, elle, maintenait la pression au lendemain d’une démonstration de force ayant réuni 300.000 manifestants et à la veille du très controversé départ du président en Russie. En même temps, le responsable de la politique de voisinage européenne annonçait une suspension des négociations avec Kiev.
L’opposition pro-européenne a donc réussi à ébranler les institutions au point où le Parti des régions, pourtant au pouvoir, a réclamé de «remanier le gouvernement à 90%». Anna Guerman, parlementaire et porte-voix du parti, a déclaré que le Premier ministre Mykola Azarov «a dit qu’il informerait aujourd’hui le président et que des conclusions en seront tirées». Elle a aussi rappelé que les députés ne requièrent pas la démission du Premier ministre. Iouri Mirochnitchenko, représentant du président au Parlement ukrainien, a souligné qu’aucun ministre n’était visé nommément. «Il n’y a pas eu de griefs personnels contre des membres du gouvernement en particulier», souligne-t-il, mais des «remarques contre le gouvernement en général et les gouverneurs qui travaillent actuellement dans les régions».
Forte de sa victoire, l’opposition est plus que jamais décidée à maintenir la pression, réclamant le départ du Premier ministre et des élections législatives et présidentielles anticipées. Un nouveau rassemblement est prévu aujourd’hui même, pour rappeler à Viktor Ianoukovitch, président, qui se rend à Moscou, que la rue s’oppose à l’intégration de l’Ukraine dans l’Union douanière proposée par la Russie. Pour autant, les diplomaties kiévienne et moscovite ont déclaré à plusieurs reprises que cette association n’était pas à l’ordre du jour. Les deux pays ont affirmé que leurs représentants apposeront leurs sceaux respectifs à un certain nombre d’accords mais celui-ci a été mis de côté. Andrei Belooussov, conseiller économique du Kremlin, a fait état lundi 16 décembre d’un crédit que la Russie serait prête à octroyer à une Ukraine au bord de l’asphyxie. Pour l’opposition, la situation s’éclairera selon la tournure que prendra la visite de Viktor Ianoukovitch à Moscou.
Et comme le rappelle la maxime : jamais deux sans trois. Avec les pressions du Parti au pouvoir et de l’opposition, l’Union européenne n’a pas manqué de jouer la carte de la sévérité. Stefan Fuele, commissaire européen à l’élargissement, a annoncé en fin de semaine dernière que les discussions avec Kiev étaient suspendues, faute d’un «engagement clair». Pour autant, plusieurs ministres des Affaires étrangères ont donné le change, expliquant que la porte de l’Europe restait «ouverte». Carl Bildt, ministre suédois et fervent défenseur du rapprochement avec l’Ukraine, allait même jusqu’à déclarer que «s’il y a un message clair de Kiev, par exemple demain, nous pourrions signer d’ici la fin de la semaine».


Rime AIT EL HAJ

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