×
  • Compétences & RH
  • Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste Docs de Qualité Enquête de Satisfaction Chiffres clés Prix de L'Economiste 2019 Prix de L'Economiste 2018 Perspective 7.7 milliards Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Analyse

    OCP: La reprise du marché en 2015

    Par L'Economiste | Edition N°:4075 Le 16/07/2013 | Partager
    Recul des exportations des phosphates de 21% à fin mai
    En cause, une baisse du cours avec l’augmentation de l’offre
    Encore 2 ans avant que le prix augmente

    Depuis le début de l’année, le cours du phosphate a entamé un cycle baissier. Cette tendance va se maintenir jusqu’en 2015

    Il ne suffit pas de détenir les plus grandes réserves mondiales de phosphates pour être leader. L’économie des phosphates est bien plus compliquée que cela. Après une bonne année 2012, les cours ont dégringolé. Une situation clairement perceptible sur les exportations du Maroc. A fin mai dernier, les exportations de phosphates se sont établies à 4,1 milliards de DH contre 5 milliards de DH l’année précédente, soit un recul de 21%. Celles des dérivés du phosphate se sont dépréciées de 9% sur la même période. L’Office chérifien des phosphates (OCP) traverserait-il une baisse de régime? Pas du tout! C’est au niveau du prix que le bât blesse. En effet,  depuis le début de l’année, les cours des phosphates sont en baisse. La tonne est passée de 185 dollars à fin 2012 à 164 dollars en juin dernier. Selon les analystes de l’OCP, le marché vient d’entrer dans un cycle baissier.  En fait, les experts de l’Office avaient prévu une baisse à partir de 2011. Comme dans tout marché, c’est la loi de l’offre et de la demande qui détermine les prix des échanges. Et c’est un nouvel acteur qui va perturber l’équilibre du marché. L’Arabie Saoudite nourrit de grosses ambitions sur le marché des phosphates. Initialement, l’entreprise saoudienne Ma’aden devait mettre sur le marché sa production à partir de 2011. Cependant, cette décision a été reportée jusqu’en 2013.  Les Saoudiens arrivent sur le marché des phosphates avec des arguments bien solides. L’un des intrants les plus importants dans l’industrie des phosphates est le gaz. Une ressource dont dispose largement ce nouvel opérateur, contrairement au Maroc qui dépend totalement des importations. Ainsi, de fait, la production saoudienne ne peut être que plus compétitive. Cela est loin d’être le seul argument en faveur de l’entreprise saoudienne. Le premier marché de consommation des phosphates n’est autre que l’Inde. Un pays qui est géographiquement bien plus proche de l’Arabie Saoudite. Voilà un autre un avantage en faveur du challenger qui compte bien conquérir de vastes parts de marché. Mécaniquement, cela va conduire à une augmentation de l’offre sur le marché mondial. Deux conséquences immédiates sont déjà perceptibles: une réduction des parts de marché des opérateurs déjà existants et une baisse du cours mondial des phosphates. Pour les analystes de l’OCP, cette situation devait durer 4 ans. Aujourd’hui, le management  de l’Office prévoit une reprise dès 2015. Cela s’explique avant tout par la croissance démographique que connaîtra le monde dans les prochaines années. Actuellement, nous sommes 7 milliards d’humains à vivre sur terre, notre alimentation est intimement liée à la production de la terre. Avec l’augmentation de la demande, il devient impératif d’augmenter la productivité des terres agricoles. Pour l’instant, les engrais sont le seul moyen pour y arriver. Dans quelques années, la terre abritera 9 milliards d’êtres humains, soit 2 milliards de plus à nourrir.  Du coup, le marché des engrais qui représente aujourd’hui 180 millions de  tonnes devra considérablement augmenter. Par contre, les terres agricoles sont stables. Pis encore, l’urbanisme galopant les réduit année après année. Aujourd’hui, chaque être humain dispose d’un quart  d’hectare pour couvrir ses  besoins alimentaires. D’ici 2050, ce ne sera plus qu’un huitième d’hectare. Ainsi, la croissance démographique tirera la demande des engrais vers le haut. Le croisement de ces deux phénomènes, à savoir l’entrée sur le marché de nouvelles capacités et la croissance démographique vont contribuer à tirer les cours du phosphate vers le haut. Cependant, en attendant la reprise du marché, l’ensemble des acteurs ne dorment pas sur leurs lauriers. Tout le défi est d’être au rendez-vous lorsque la croissance reviendra. C’est le cas notamment de l’Office chérifien des phosphates qui a adopté une stratégie contra-cyclique.

    Des hauts et des bas

    Depuis les années 1970, le cours des phosphates est passé par plusieurs étapes. Après avoir été stable aux alentours de 12 dollars la tonne durant plusieurs années, la roche connaît sa première envolée au même moment que le choc pétrolier pour atteindre les 68 dollars la tonne en 1974. Une fois la crise estompée, le phosphate se stabilise entre 30 et 40 dollars. Des niveaux beaucoup trop bas pour financer des investissements dans le secteur. Avec l’arrivée de Mustapha Terrab en 2006 et le début de la politique de valorisation,  le cours augmente à nouveau. Juste après, interviendra la crise financière et la flambée des produits agricoles. Depuis, le blé, le maïs et le soja sont devenus des produits très rentables d’où l’augmentation de la demande sur les engrais. A ce moment-là, la tonne est à 115 dollars mais elle peut à nouveau rechuter. En 2008, elle atteindra son niveau le plus élevé à savoir 400 dollars. Les investissements se multiplient puisque les phosphates deviennent rentables. Coup de théâtre, l’OCP opère un arrêt stratégique de production durant 3 mois avec un objectif de baisser l’offre et donc stabiliser le cours. Résultat : la tonne monte à 130 dollars. 

    Ilham BOUMNADE

    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc