×
  • L'Editorial
  • Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste Docs de Qualité Enquête de Satisfaction Chiffres clés Prix de L'Economiste 2019 Prix de L'Economiste 2018 Perspective 7.7 milliards Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Evénement

    Démission de l’Istiqlal
    Deux mémos en guise d’avertissement

    Par L'Economiste | Edition N°:4071 Le 10/07/2013 | Partager
    L’Istiqlal avait fulminé contre «l’inertie» du cabinet Benkirane
    Un plan d’urgence pour mobiliser 42 milliards de DH

    Après deux avertissements sous forme de mémorandums, Hamid Chabat a mis à exécution sa menace de quitter le gouvernement

    Depuis début janvier 2013, le parti de l’Istiqlal a transmis deux mémorandums au chef du gouvernement. Une série de requêtes destinées à recadrer l’action gouvernementale et à améliorer la situation des finances publiques. Le premier document porte sur le renforcement de la coordination et l’amélioration du rendement du gouvernement. Tout en rappelant les raisons à l’intégration de l’équipe  gouvernementale, l’Istiqlal relève quelques succès à mettre au crédit de la coalition. Parmi ces réussites figure la généralisation du plan Ramed, qui avait tout de même démarré à titre expérimental sous le précédent gouvernement. D’autres avancées sont soulignées. Il s’agit de l’extension de la base de bénéficiaires du programme Tayssir, qui profite à 670.000 bénéficiaires, le relèvement à 1.000 dirhams du montant minimum de la pension de retraite, l’ouverture du dialogue pour la réforme de la justice, le droit de l’accès à l’information, le programme de parité…
    Mais pour l’Istiqlal, l’action du gouvernement est plombée par plusieurs dysfonctionnements : recul des libertés individuelles, dégradation du pouvoir d’achat, poursuite des protestations, instauration d’un climat d’incertitude…
    Le parti fondé par Allal El Fassi n’a pas été tendre non plus dans ses critiques envers l’action de Benkirane dans le domaine de l’économie. «Comme si le gouvernement se considérait comme non concerné par le volet économique et comme si l’économie évoluait d’elle-même alors que l’exécutif est occupé par les seules questions politiques et de communication», précise le mémorandum. Une occasion pour les istiqlaliens d’interpeller le PJD sur son programme politique. En effet, lors de sa campagne électorale, Abdelilah Benkirane avait promis un taux de croissance de 7% par an, ce qui devrait générer 210.000 postes d’emploi chaque année. Or, en 2012, le taux de croissance n’a même pas atteint les 3% du PIB. L’Istiqlal rappelle également au PJD sa promesse électorale de porter le Smig à 3.000 dirhams. Une promesse renvoyée aux calendes grecques.
    Sans donner de détails, le premier mémorandum de l’Istiqlal suggère le retour à l’équilibre macroéconomique sous l’angle du renforcement des échanges commerciaux via le soutien aux projets exportateurs qui encouragent à la fois la production, l’exportation et la consommation. Ce qui passe par l’affectation d’une partie du budget d’investissement public.
    Ce n’est qu’en mars dernier que le parti de l’Istiqlal propose un plan d’urgence pour mobiliser 42 milliards de dirhams. Des mesures qui ne toucheront pas le pouvoir d’achat des citoyens et qui permettront notamment d’éponger le déficit public. Le plan d’urgence de l’Istiqlal s’articule autour de plusieurs axes : le renforcement des recettes fiscales. Les économistes istiqlaliens tablent sur des recettes additionnelles de 27,8 milliards de dirhams. Pour y arriver, il faut faire le ménage dans les niches des exonérations fiscales. Le resserrement du contrôle et la lutte contre l’évasion fiscale permettraient d’engranger 5 milliards de dirhams de recettes supplémentaires. Sur la même lignée, l’Istiqlal propose l’amélioration des ressources exceptionnelles. Les établissements publics, les comptes spéciaux du Trésor et les dons internationaux devraient rapporter à l’Etat 12,8 milliards de dirhams. Un chiffre qui comprend la contribution à hauteur de 2,5 milliards de dirhams au titre de la TVA reversée au compte spécial collectivités locales.

    Compensation: Chabat contre l’aide directe

    LA réforme de la compensation n’est pas en reste. Les économistes de l’Istiqlal, qui proposent la restitution des subventions pour les couches favorisées, tablent sur 14 milliards de dirhams, soit près du tiers des dépenses de compensation prévues pour 2013. Visiblement, le parti de Chabat n’est pas favorable à l’octroi d’aide directe aux couches défavorisées tel que proposé par le gouvernement actuel. L’amélioration de la gouvernance est une autre piste pour faire des économies. Selon les camarades de Chabat, l’on pourrait dégager quelque 6,2 milliards de dirhams.

    Hassan EL ARIF

    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc