Competences & rh

Stratégie
La recette EGE de Rabat pour former les élites

Par L'Economiste | Edition N°:4070 Le 09/07/2013 | Partager
Recrutement sélectif, formations multidisciplinaires et développement personnel
Une politique de bourses très active
Cinq diplômes de second cycle autorisés

• 90 candidats retenus chaque année sur 600

• 85% ont une mention bien ou très bien au baccalauréat

• 50% sont issus de régions autres que celles du Grand Casablanca et de Rabat-Salé

• 40% des étudiants sont boursiers

• 55 universités partenaires

Sur les 600 candidats qui passent les concours, l’Ecole de gouvernance et d’économie (EGE) de Rabat ne retient et ne forme qu’une promotion de 80 à 90 élèves. Ce qui dénote, selon son management, de «la forte sélectivité de l’école». C’est le premier point important et très différenciant du projet pédagogique de l’EGE de Rabat. «Nous avons, par conséquent, une forte exigence sur les recrues, leur niveau scolaire, leur éveil intellectuel aux évolutions bouleversant le monde contemporain et leurs capacités à se forger leurs propres opinions et à les défendre», indique Abdellah Ghali, adjoint au directeur exécutif chargé de la scolarité. Ainsi au regard de ces exigences, 85% des élèves de l’école ont reçu une mention bien ou très bien au baccalauréat.
Parallèlement à ce mode de recrutement très sélectif, l’école a développé une politique de bourses très active. Le but étant d’intégrer les étudiants qui ont des moyens financiers modestes mais d’excellentes notes et un potentiel de travail important. «Près de 40% de nos étudiants sont boursiers», souligne Ghali. Ce qui fait de l’EGE de Rabat un projet «méritocratique». A ce titre, «l’école a conclu un partenariat avec l’Agence de développement social (ADS) afin d’identifier, de recruter et de financer des bourses d’élèves issus des familles les plus défavorisées», explique le responsable de la scolarité. L’établissement organise aussi en partenariat avec les académies régionales de l’enseignement et de la formation des rencontres dans les lycées des régions «excentrées» pour promouvoir l’EGE et les métiers des sciences sociales. Ainsi, 50% des élèves de l’école sont issus de régions autres que celles du Grand Casablanca et de Rabat-Salé-Zemmour-Zaër.
Concernant le cursus de formation, le premier cycle (niveau licence) est multidisciplinaire touchant le droit, l’économie, les sciences politiques, l’histoire, etc. «C’est un diplôme innovant qui n’a pas d’équivalent au Maroc. Nos élèves acquièrent des bases méthodologiques dans chacune des grandes disciplines enseignées», note Julien Bornon, directeur des études. Bien évidemment, la formation est dispensée en anglais, français et arabe, afin d’intégrer aussi bien la dimension locale qu’internationale. L’ouverture à l’international se traduit aussi par une année d’études à l’étranger dans l’une des 55 universités partenaires de l’école. «En contrepartie, chaque année, nous accueillons plusieurs dizaines d’étudiants étrangers favorisant ainsi la diversité parmi notre communauté étudiante», ajoute Bornon.
Le cursus de formation s’appuie également sur le développement personnel. Ainsi, «les activités estudiantines et pédagogiques sont valorisées par des projets découvertes et des ateliers talents», explique Alain Debels, directeur de la formation continue.
Les premiers sont des activités dotées de crédit dans lesquelles les étudiants s’investissent et développent les connaissances de la gestion de projet et l’appréhension des différentes qualités personnelles et collectives à travers des activités sportives, culturelles ou sociales. Les ateliers talents sont, eux, de courts modules visant à améliorer les qualités d’expression et de communication des étudiants, à travers des exercices et activités pédagogiques encadrées reposant sur la mise en situation.
Quant aux diplômes de spécialisation (second cycle), ils sont aujourd’hui en cours de développement. Sur les cinq diplômes autorisés par le ministère de tutelle, trois ont été ouverts à ce jour. Il s’agit de l’économie et le droit international public des affaires (en double diplôme avec l’université Paris 2 Panthéon Assas), le financement international de projets dans les pays émergents et les relations internationales.

Quels métiers exercer?

Les «cœurs de métier» correspondant aux débouchés professionnels de l’EGE de Rabat se situent autant au sein du secteur public que du secteur privé. La valeur ajoutée des différents diplômes est de former des profils qui soient capables d’accompagner les démarches des décideurs privés dans les sphères publiques (compréhension des mécanismes de prise de décision, analyse juridique, capacité d’influence et de communication) et inversement de savoir guider et accompagner les décideurs publics dans leurs interactions avec les acteurs privés (expertise juridique pour les contrats de concession, conception de dispositifs économiquement incitatifs, analyse financière, compréhension et défense des intérêts publics).

Bouchra SABIB

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