×
  • L'Editorial
  • régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Le prix de L’Economiste pour la recherche en économie, gestion et droit
    Europe

    Le torchon brûle entre l’UE et les Etats-Unis

    Par L'Economiste | Edition N°:4067 Le 04/07/2013 | Partager
    La polémique sur l’espionnage compromet l’accord de libre-échange
    Données personnelles: une révision de la directive en vue

    Les révélations d’Edward Snowden ont rendu les Européens sceptiques quant à la signature d’un accord de libre-échange avec Washington

    Les négociations entre les Etats-Unis et l’Union européenne autour de l’accord de libre-échange reprendront à Washington lundi 8 juillet. Mais François Hollande a déclaré en début de semaine qu’aucune négociation ou transaction, quelle qu’elle soit, ne pourrait avoir lieu avant que l’administration américaine n’ait fourni des «garanties» que les pratiques d’espionnage cessent «immédiatement». De tous ses homologues européens, le chef de l’Etat français s’est ainsi montré le plus intransigeant.
    L’Europe n’a pas encore tranché. D’un côté, Viviane Reding, commissaire européenne à la Justice, a affirmé: «On ne peut pas négocier sur un grand marché transatlantique s’il y a le moindre doute que nos partenaires procèdent à  des écoutes des bureaux des négociateurs européens».
    De l’autre, Linas Linkevicius, le ministre des Affaires étrangères de la Lituanie, qui a pris la présidence tournante de l’UE, estime que des «informations de presse» ou des «documents secrets que personne n’a vus» ne doivent pas affecter «les bonnes relations politiques et économiques USA-UE». Les enjeux de cet accord bilatéral sont énormes, des deux côtés de l’Atlantique. La ministre française du Commerce extérieur Nicole Bricq a précisé qu’il concernerait 40% du commerce mondial, et les prévisions optimistes tablent sur un gain de croissance de 0,4 ou 0,5% pour l’UE et les Etats-Unis.
    Les révélations concernant l’espionnage de l’UE par les Etats-Unis pourraient également avoir des retentissements sur le projet de révision de la directive européenne sur les données personnelles, en cours de discussion à Bruxelles. Projet qui a été retoqué par les ministres de la Justice européens en juin dernier, au motif que le bon équilibre entre la protection de la vie privée et les intérêts économiques n’était pas satisfaisant.
    Ce projet, qui a pour but de renforcer la protection des données personnelles des citoyens européens sur internet (consentement, cookies, rôle des Cnil, droit à l’oubli, informations sur les piratages...), prend un autre sens quand on sait que non seulement la collecte et l’exploitation des données personnelles sont le modèle économique des géants américains du web, mais qu’en plus ces données sont susceptibles d’être transmises à la toute puissante administration américaine. Mercredi 3 juillet, les députés européens ont justement prévu d’aborder «les implications de l’affaire Prism de surveillance sur internet par les États-Unis pour les données personnelles des citoyens de l’UE». L’agenda parlementaire note qu’ils «souligneront la nécessité d’accélérer la réforme sur la protection des données, lors d’un débat avec la Commission et le Conseil». Tempora, le programme de renseignements britannique, sera lui aussi au programme des débats.
    Il faut savoir que la révision de la directive suscite une mobilisation sans précédent des entreprises du secteur. Près de 4.500 amendements ont été déposés, dont un certain nombre écrit par des entreprises comme Amazon, eBay ou la Chambre de commerce américaine, et repris quasi intégralement par les députés, comme le démontre le site LobbyPlag, monté pour suivre ces débats au Parlement européen. Le lobbying est intense, et soutenu par le gouvernement Obama, qui a brandi la menace d’une «guerre commerciale»  si le projet de nouveau texte était voté en l’état.
    Une agitation qui se déroule par ailleurs au moment où la Commission européenne soutient les actions des Etats membres contre la politique de traitement des données personnelles de Google. L’espionnage américain, via Prism et les grandes sociétés qui possèdent les infrastructures internet et télécoms, pose avec acuité la question de l’indépendance technologique de la France. En termes de stockage de données dans le cloud, ou de solutions informatiques. Après les révélations de Snowden sur Prism mi-juin, la ministre en charge du numérique Fleur Pellerin a déclaré: «nous prenons, peut-être un peu tard, conscience de la nécessité qu’il y aurait eu d’être moins dépendant des infrastructures, des plateformes ou des points d’accès à internet autres qu’européens», rapporte 01Net. «L’affaire Prism, si elle est avérée, rend pertinent de localiser les data centers et les serveurs sur le territoire national afin de mieux garantir la sécurité des données», a-t-elle ajouté.


    A. N.  

    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc