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Analyse

Urbanisme: C’est le chaos à Marrakech

Par L'Economiste | Edition N°:4066 Le 03/07/2013 | Partager
Le développement de la ville bute toujours sur le plan d’aménagement
7 ans sans documents de référence
Le schéma directeur d’aménagement va se faire… à Rabat

L’absence de documents urbanistiques a créé un véritable chaos à Marrakech. Des quartiers se développent dans une véritable anarchie avec des bâtiments ne respectant aucune règle et défigurant ainsi le cachet de la ville

Encore un autre report qui risque de pénaliser Marrakech. Le Sdau (schéma directeur d’aménagement urbain) de la ville, confié au bureau coréen Dongmyeong Engeneering, vient d’être reporté aux calendes grecques. Officiellement, le bureau d’études s’est désisté pour des raisons techniques. Officieusement et selon les promoteurs immobiliers, très remontés contre l’agence urbaine, c’est presque un complot contre Marrakech. «Il est anomal qu’une ville de cette taille opère avec des documents caducs et que toutes les tentatives pour réaliser un Sdau soient vouées à l’échec», dénonce Adil Bouhaja, président de l’Association régionale des promoteurs immobiliers. Même son de cloche auprès de la mairesse de Marrakech. «Il est impossible aujourd’hui d’envisager un avenir urbanistique, économique, environnemental et social sans Sdau», insiste Fatima Zahra Mansouri, présidente du conseil de la ville. Ce qui inquiète davantage les promoteurs mais aussi les élus, c’est la décision du ministère de l’Urbanisme de réaliser un schéma directeur d’aménagement à partir de Rabat. Une décision non confirmée pour l’heure. Les élus appellent, dans tous les cas, à une vraie décentralisation avec un transfert de compétences réel aux communes, afin qu’elles soient le seul décisionnaire et responsable en matière d’urbanisme.
Le report du Sdau est d’autant plus surprenant qu’il était censé donner naissance à un plan d’aménagement (PA) de Marrakech qui opère depuis 7 ans sans documents de référence. Le dernier PA date de 1996 qui, au passage, n’a jamais été officiellement homologué alors que le législateur est clair là-dessus: le PA a une durée de vie de 10 ans et pas plus. Cette absence de documents de référence a eu pour conséquence une incohérence urbanistique: des quartiers industriels transformés en résidentiel, des industries qui s’implantent dans des sites qui ne leur sont pas dédiés, un foncier de plus en plus cher avec pour conséquence une classe moyenne mise à l’écart de tout programme de logement. C’est que la ville opère à coup de dérogations pour tout ce qui est logement tout en créant des quartiers en dehors de toute logique de mixité sociale.

De nouveaux fonciers à dégager

Douar El Askar (Azli): L’ancien quartier industriel encore inscrit en zone jaune représente une opportunité de 280 ha et devrait faire l’objet aujourd’hui d’un plan d’aménagement sectoriel. Ce PA sectoriel devrait œuvrer pour la mutation de ce site en centre urbain avec un aménagement dédié. Si ce projet est mené avec une cohérence et un traitement équitable, il devrait permettre aux promoteurs de produire des logements pour la classe moyenne.
Camp el Ghoul: Ce pôle urbain qui comprend 270 hectares (casernement militaire et 90 ha libérés par l’hôpital militaire) a été racheté par un privé (CDG). La commune de Marrakech attend toujours un retour de l’opérateur.
Bab Doukkala: Ce foncier communal de 20 hectares offrirait une grande bouffée d’oxygène au problème du foncier à Marrakech. Il était occupé par le marché de gros transféré depuis à Sidi Ghanem. La commune procède actuellement au recasement des marchands ambulants qui eux n’ont pas quitté le site de l’ancien marché de gros. Autre transfert attendu, celui de la gare routière.

Les constructions autorisées sur la route de Safi en sont le parfait exemple, avancent les promoteurs. «Alors que l’on aurait pu gérer ces terrain à travers dérogation par zone, l’on a opté pour des dérogations individuelles sans chercher une cohérence. Résultat: le site se transforme en un ghetto social», indique Bouhaja. D’autres décisions restent tout autant incompréhensibles aux yeux des promoteurs comme l’inscription des quartiers Rouidat, Sidi Abbad, Nfis ou encore à Daoudiat comme zones jaunes où il est interdit de construire des immeubles alors que le plan d’aménagement initial -de 1996- autorise un R+5. Le déficit de logement à Marrakech -qui est de 25.000 habitations- nécessite une vision à long terme, estime Karim El Achak, architecte. En principe, cette vision devrait être déterminée par les études du Sdau qui vient d’être reporté pour la énième fois. Ce n’est pas la première fois que ces études tombent à l’eau. A plusieurs reprises, des bureaux d’études ont été choisis pour l’élaboration de ce document urbanistique et, à chaque fois, le processus n’aboutissait pas. Bien avant le bureau coréen Dongmyeong Engeneering, une étude réalisée par le cabinet marocain d’architecture «Kilo» auquel était associés le bureau d’études d’environnement SCE ainsi que l’Agence urbaine de Paris avait été annulée. Le travail n’aurait pas été à la hauteur, selon l’AUM et le contrat fut résilié. Face à ces lenteurs, le conseil de ville souhaite lancer des plans d’aménagement sectoriels pour certaines zones. Une solution alternative qui ne permet pas cependant de projeter la ville dans l’avenir et qui fait déjà des mécontents. Les promoteurs immobiliers et architectes se disent sur la touche et reprochent à la mairie de ne pas les associer dans les réflexions.
L’urbanisme n’est pas le seul point noir de Marrakech, il y a aussi la circulation. En principe, un plan d’aménagement devrait donner des documents urbanistiques à la ville mais aussi la doter d’une vision globale pour l’avenir et pour tout ce qui concerne la gestion de la circulation. «A défaut de ce plan, il a été adopté par le conseil un plan de déplacement urbain qui prévoit comme solution d’allégement de la circulation des bus à haut niveau de service (BHNS)», explique Fatima Zahra Mansouri, mairesse de Marrakech.
Ainsi, un réaménagement des artères a été entrepris avec des couloirs réservés aux transports en commun. L’objectif étant de passer d’une fréquentation de transport en commun de 4 à 9% en 2020. Autre décision prise par le conseil, le re-calibrage des voies pénétrantes de la ville et la réalisation de rocades périphériques et internes. «Nous avons atteint à ce jour un taux de réalisation des travaux de 70%», indique Mansouri.

Couverture

Définis par la loi 12-90 relative à l’urbanisme, les Sdau sont des documents de planification et de développement qui fixent les axes de priorité, les choix et les options d’aménagement et doivent s’inscrire sur une logique de 20 à 25 ans. Le Sdau de Marrakech devrait couvrir, outre l’agglomération, les territoires des communes Tamesloht, Aghouatim, Sidi Abdelah Rhiat, Al Ouidane, Ouahat Sidi Brahim, Saada, Harbil...

Badra BERRISSOULE

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