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    Evénement

    Affaire ONDA
    Fin du réquisitoire, début des plaidoiries

    Par L'Economiste | Edition N°:4064 Le 01/07/2013 | Partager
    Le ministère public n’épargne aucun accusé
    Un ex-directeur à la SGTM complice «malgré lui»

    «Pour qui sonne le glas?», chantait Metallica dans les années 1980, groupe US de heavy metal. Certainement pas pour le procureur  du Roi, Mohamed El Handaoui qui a clôturé, le 27 juin à la chambre des crimes financiers près la Cour d’appel de Casablanca, son long et redondant réquisitoire. Dernière ligne droite donc pour les 11 accusés poursuivis pour dilapidation et/ou détournement de deniers publics notamment. Et dont la défense a entamé le jour même ses plaidoiries en démontrant «la partialité de l’expertise du cabinet ICPA» mandaté par la Cour des comptes en vue d’auditer les travaux de construction du terminal II de l’aéroport de Casablanca. Ce sont les avocats de Mohamed Bachir El Iraqui, directeur de travaux à la SGTM et retraité depuis, qui ouvrent la liste. Il est accusé de complicité dans la dilapidation et détournement de deniers publics. En aparté, El Iraqui nous déclare avec un sourire mélancolique qu’il «ne sait pas à ce jour pourquoi il est là». Plus crûment, un autre accusé confie que «ses fesses sont usées à force de s’asseoir sur un banc en bois». Il devra encore prendre son mal en patience...
    Dès le début d’audience, le ministère public «promet de résumer son intervention par respect à la défense…». Un des avocats, physiquement amoindri, ayant formulé une demande en se sens. Un de ses jeunes confrères, Me Zakaria Louski, intervient: «Je ne comprends pas comment peut-on demander au représentant du ministère public de synthétiser…?». Le concerné réagit: «Ce n’est pas par manquement à notre devoir, mais par principe de justice, d’honneur et de considération à la défense…». Dans une autre vie, le procureur du Roi était avocat, «30 ans de métier». Puis reprise du réquisitoire entamé jeudi d’avant à la salle 8. Ce premier épisode a vu le représentant du ministère public défendre «l’impartialité de la Cour des comptes et le prestige de son statut constitutionnel» (cf. L’Economiste du 24 juin 2013).
    La seconde manche a été plutôt axée sur «la force probante des aveux consignés dans les procès verbaux de la police judiciaire (BNPJ) et celle des déclarations faites par les témoins devant le tribunal…». Le porte-parole de l’accusation feuillette ses dossiers en dénombrant les charges pénales, les noms des accusés et leurs responsabilités. Un cas parmi d’autres, celui «des attestations scolaires falsifiées» fournies par des salariés de l’Office: Abdelhanin Benallou, ex-DG de l’Office national des aéroports, «a voulu éloigner sa responsabilité et mettre en cause celle du chef du département des ressources humaines, Abdelmjid Boutaleb… Or ses aveux démontrent que la procédure de recrutement n’était pas respectée, que l’authenticité des attestations n’était pas vérifiée…». Encore une fois, hommage est rendu à Boutaleb, «un homme crédible». Regain de sursaut dans une assistance tenaillée par la moiteur dans laquelle baigne la salle. Mais la responsabilité de l’ex-chef du département RH «ne peut être écartée». L’accusation fait valoir ses «aveux» devant la BNPJ. Même l’ex-secrétaire général de l’ONDA, Rachid M’Saâdi, est mis en cause. Salaheddinde Jeddou est décrit comme «un outil» ayant servi à modifier le contenu des décisions. Il s’agit là du fameux recours «récurrent» au correcteur, dit Blanco. Puis le ministère public énumère «les défaillances» liées aux recrutements, primes, indemnisations des déplacements, appels d’offres dont celui décroché par Panorama Pub…. 
    Quelle est la stratégie de l’accusation? Elle vise à couper court aux éventuelles prétentions de la défense et qui viseraient à remettre en cause la validité des aveux et des témoignages à charge, particulièrement ceux fournis devant la BNPJ et le juge d’instruction. L’accusation fait valoir la jurisprudence marocaine et égyptienne en la matière. Et où globalement l’appréciation finale des témoignages «dépend de l’intime conviction du juge». Le but étant aussi de contrer la récusation d’un témoin salarié de l’Office comme Driss Talhaoui. Réclamation en a été faite par les avocats de Benallou. Le tribunal devra trancher à la fin du procès. Le procureur, lui, énumère les témoins et rappelle qu’ils ont fait serment: Jamaleddine Aziz, Marouan Ghellab, Mouna Benbrahim, Habiba Birouk…Celle-ci est dépeinte, à l’instar de son collègue Talhaoui, comme «une des victimes du directeur général». Tout l’enjeu d’un procès au pénal consiste à tailler en pièces l’accusation. Les avocats de Benallou seront les avant-derniers à plaider. Plaidoiries qui ne font que commencer.

    «Main de fer»

    Evidemment, «le courage et les faits» dont ce prévaut le procureur du Roi font glousser. A un certain moment, le président de l’audience, Ali Torchi, rappelle à l’accusé Benallou qu’il «est interdit de faire des signes…».
    Lorsque l’audience reprend à 13h, les commissions rogatoires diligentées par le juge d’instruction Noureddine Dahine sont mises en avant: «N’ont-elles pas conclu, entre autres, aux déplacements fictifs de Benallou?». Le moment tend attendu arrive. Le réquisitoire chute sur «le grand dommage causé» à l’Office, sur «la mauvaise foi avérée» dans le détournement des deniers publics… Quelques articles du code pénal sont cités dont le 129, relatif à la complicité. Deux noms surgissent, celui du directeur de travaux de la SGTM et de l’employé de l’Office Salaheddine Jeddou. Le procureur ne le déresponsabilise pas du trafic d’influence. Sur la liste des accusés, l’ex-DG de l’ONDA est toujours en première ligne. Sans manquer de faire un clin d’œil aux «circonstances atténuantes». Mais si condamnation il y a, qui en bénéficiera? L’ex-chef du département des ressources humaines, Abdelmjid Boutaleb, sera-t-il l’un des heureux élus? Lui dont le réquisitoire a «rendu hommage à son courage» à deux reprises (cf. L’Economiste du 24 juin 2013). Quitte à ouvrir la porte à tous les commentaires. Le procureur El Handaoui réclame finalement que «la justice doit agir en main de fer» et laisse à «l’appréciation du tribunal» les sanctions à édicter.


    Faiçal FAQUIHI

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