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Société

Droits des femmes: L’effet Printemps arabe se dissipe

Par L'Economiste | Edition N°:4062 Le 27/06/2013 | Partager
Les acquis des années de militantisme aujourd’hui remis en question
Le Centre Isis pour femmes et développement crée le débat
Egalité des sexes, parité, dialogue… parmi les recommandations

Pour Fatima Sadiqi, présidente du Centre Isis, «les droits des femmes sont le fruit d’un militantisme où les universitaires, les activistes et les politiciens (hommes et femmes) ont pris part. Mais deux années après le «Printemps arabe», il semblerait que ces droits connaissent une nette régression»

AU cours des dernières décennies, les droits des femmes au sud de la Méditerranée ont connu une réelle amélioration. C’est ce qui ressort, en effet, du Forum international sur les «Droits des femmes après les révolutions arabes», organisé le week-end dernier à Fès. Pour Fatima Sadiqi, présidente du Centre Isis pour femmes et développement et co-organisatrice du forum, «ces droits sont le fruit d’un militantisme où les universitaires, les activistes et les politiciens (hommes et femmes) ont pris part. Mais deux années après le «Printemps arabe», il semblerait que ces droits connaissent une nette régression». En effet, de l’avis de Sadiqi, en réfléchissant sur ces droits, deux grands paradoxes se présentent. D’une part, on assiste à une présence spectaculaire des femmes de tous âges, horizons idéologiques, ethnies et statuts sociaux pendant les phases de mobilisation politique des soulèvements et d’autre part, et c’est là où réside le premier paradoxe, en Egypte, en Tunisie, au Maroc et au Koweït, les nouveaux gouvernements élus par les peuples ont une très faible, sinon aucune représentation féminine. En outre, d’une part, l’islamisation politique de la région MENA est un fait (avec les adjectifs «modéré» et «salafiste» attachés à ces islamismes selon leur densité islamique) et, d’autre part, et c’est là où réside le deuxième paradoxe, la plupart des défenseurs des droits des femmes (universitaires et activistes) qui ont marqué des décennies de militantisme dans la région, se sont battus pour améliorer, et non remplacer, la Charia, et ont ciblé le patriarcat et non l’Islam. Plus que cela, beaucoup de féministes, islamistes ou séculiers ont travaillé ensemble et l’Islam n’a jamais constitué un obstacle. Ces deux paradoxes provoquent de sérieux débats et appellent à de sérieuses actions. Et c’est justement le but de la rencontre de Fès qui a invité aux débats sur les nouveaux défis, auxquels les intellectuels, les activistes et les politiciens doivent faire face, des chercheuses et militantes des pays du pourtour méditerranéen, du Yémen, d’Iran, de Belgique, des Pays Bas, du Canada et des Etats-Unis. Elles s’accordent à dire que «les espoirs nourris par les mouvements de défense de cette catégorie, suite aux changements politiques dans une partie du monde arabe, se sont vite évaporés, ouvrant même la voie à un retour sur les acquis de plusieurs années de militantisme». «Toutefois, il ne faut point verser dans un discours pessimiste», insiste Sadiqi. Pour elle, les femmes sont appelées à garder une réelle mobilisation pour éviter tout retour sur leurs acquis et réclamer la place qu’elles méritent sur tous les plans. Même son de cloche auprès d’Ellinor Zeino-Mahmalat, de la Fondation allemande Konrad Adenauer-Stiftung, pour qui «les femmes, qui ont joué un rôle crucial dans tous les mouvements de transition, sont les premières perdantes de tout ce processus». Il n’en demeure pas moins que «des contrats sociaux et une nouvelle relation entre homme et femme sont nécessaires pour toute construction démocratique», dit-elle. Idem pour Valentine Moghadam, professeur de sociologie à l’université Northeastern à Boston (USA): «On peut déjà distinguer entre transitions à caractère égalitaire ou patriarcal et l’avenir des femmes dépend de divers paramètres liés, entre autres, à la relation homme-femme, à la nature des organisations féministes en place, au mode opératoire des transitions et des partis politiques et aux normes et valeurs idéologiques des nouveaux gouvernements». En tout cas, l’élément essentiel, selon Valentine Moghadam, est l’existence d’alliés démocratiques réels et d’associations féminines fortes capables de se mobiliser et de s’inscrire dans tout processus de démocratisation. Reste à signaler que le Forum de Fès des femmes méditerranéennes est à sa 6e édition. Il a été co-organisé par le Centre Isis pour femmes et développement et la Fondation allemande Konrad Adenauer-Stiftung et a débattu, en plus du thème central, de «l’Egalité des sexes dans les nouvelles constitutions», et des «Femmes, médias et réseautage» entre autres.

Déclaration finale

SIX recommandations ont été retenues par les participantes au forum de Fès. Dans l’ordre, leur déclaration finale appelle à la protection des acquis des femmes dans la région MENA, et l’adoption d’une approche globale aux droits politiques, civils, sociaux, économiques et culturels des femmes. Il faut aussi veiller à l’implémentation des constitutions qui garantissent l’égalité des sexes et la parité et impliquer les écoles et les médias dans la sensibilisation et l’éducation des femmes et des hommes. A noter que la société civile doit s’engager dans l’élaboration et la mise en œuvre des politiques publiques. Enfin, les participantes insistent sur le dialogue entre les mouvements féministes dans la région méditerranéenne en tenant compte de la réalité dans chaque pays.

De notre correspondant, Youness SAAD ALAMI

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