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Chronique

La Norvège, sa compétitivité et son excellent développement humain
Par le Pr. Mohammed GERMOUNI

Par L'Economiste | Edition N°:4061 Le 26/06/2013 | Partager

Mohammed Germouni est docteur en économie et diplômé de l’Institut d’études politiques, section économique et financière de l’Université de Grenoble. Ancien  directeur de banque, puis haut fonctionnaire de l’administration centrale, Mohammed Germouni est professeur et invité par des universités étrangères

S’il est incontestable que pendant longtemps la Suède a été considérée comme  le modèle par excellence de la Scandinavie, cela tient à la place particulière qu’elle a occupée tant dans l’histoire que dans la politique internationale du dernier siècle notamment. La Suède a relativement bénéficié dans l’ensemble  d’une plus grande visibilité, et  jusqu’à nos jours comme patrie défendant les causes de l’humain tout en réalisant en parallèle des performances économiques et sociales incontestées.
Aujourd’hui, la Norvège qui, par rapport à ses voisins, a bénéficié en plus d’une  manne pétrolière ces dernières années, semble avoir préservé l’essentiel des acquis sociaux de sa population en faisant peu de concessions au néolibéralisme ambiant. Elle se veut en conséquence encore plus proche de certaines valeurs fondamentales conjuguant bien-être des personnes et esprit démocratique élevé. Mais la différence ne s’arrête pas là.

Isolationnisme bien assumé

Il y a en premier lieu cet attachement à une certaine indépendance de décision qui est constamment revendiquée, même en période de blocs économiques et politiques comme cela a été démontré par le refus réitéré par voie de référendum, et par deux fois, en 1972 puis en 1994,  de s’intégrer à l’Union européenne comme d’adhérer auparavant à la Communauté européenne avant elle. Cependant, il s’agit d’un isolationnisme bien assumé.
La deuxième particularité, également bien norvégienne est que, contrairement aux autres pays scandinaves, le pays possède toujours sa propre monnaie, la couronne, dont le principal problème aujourd’hui est d’être relativement surévaluée par rapport aux principales devises et notamment au dollar américain, car fluctuant avec le prix du baril de pétrole, à l’instar des dollars canadien et australien, ou du rouble russe.
En effet, et c’est une autre différence aussi de taille avec ses proches voisins, ce pays scandinave serait devenu depuis les années 1990 le deuxième exportateur mondial de gaz et le sixième pour le pétrole, en dépit de conditions particulièrement difficiles d’exploitation en mer du Nord. Mais ses ventes de produits du sous-sol, pour importantes qu’elles soient, ne représenteraient que moins des deux cinquièmes de ses exportations totales relativement variées, et sans affecter outre mesure une certaine autonomie commerciale et financière, en comparaison  par exemple aux pays mono-producteurs du Moyen-Orient ou d’Afrique. La compétitivité de ses produits est améliorée en particulier par une flotte marchande réputée pour être la septième du monde.

Meilleur indice de la planète

Cependant, la Norvège est, d’abord et en premier lieu, et les statistiques internationales officielles comparées le confirment amplement, le pays du meilleur indice de développement humain de la planète, et ce, depuis les années 1990 déjà, consacrant en cela une autre sorte de tradition du mieux vivre. Ceci expliquant cela, car il faut relever qu’il s’agit également d’un pays de réelle et vieille démocratie, tendant à vérifier qu’en dernière analyse, la prospérité  économique à la fois générale et individuelle renforçait l’ancrage démocratique  et celui-ci  à son tour assurerait le bien-être collectif. Un tel résultat doit peu à l’improvisation, cela va sans dire.
Doté d’un important secteur public, l’Etat est demeuré bien présent dans la plupart des activités jugées utiles mais surtout suffisamment réactif  aux mutations et transformations ayant affecté les principales activités de production de biens et services au cours des dernières décennies. Ainsi, par exemple, l’État serait propriétaire d’un peu moins des trois cinquièmes des actifs du secteur industriel. L’entreprise la plus importante, la pétrolière Statoil (contraction de State Oil), est aujourd’hui détenue à plus de 70% par l’État. Ce dernier en était l’unique propriétaire jusqu’au début des années 2000, avant qu’une partie de ses actifs soit cédée à des intérêts privés.

Classement PIB

En 2012, le produit intérieur brut par habitant ou la richesse annuellement produite, en dollars américains a été, selon le classement suivant, de:
100.000 dollars pour la Norvège (3e)
60.000 de dollars pour Danemark et Suède (7e et 8e)
45.000 dollars pour la Finlande (16e)
49.000 dollars pour les USA (11e)
41.000 dollars pour la France et l’Allemagne (19e et 20e)

Même si la part du secteur public a baissé d’un cinquième environ au cours de la  dernière dérégulation  néo-libérale, il est toutefois intéressant de relever que l’Etat continue de jouer un rôle actif mais surtout efficace dans une économie qui n’en demeure pas moins très ouverte sur l’échange mondial, avec des produits industriels, halieutiques en plus des sources d’énergie ainsi que des services compétitifs à l’exportation.
Des réformes économiques et sociales ainsi réussies, cela tient au fait qu’elles sont le plus souvent le résultat d’une réflexion approfondie. Les décisions sont prises en commun, dans un pays où le taux de syndicalisation serait de l’ordre des trois cinquièmes de la population salariée, et tout est négociable, sans sacrifier le long terme. A cet égard, la Norvège offre aussi un excellent exemple de collaboration traditionnelle entre syndicats des travailleurs, patronat et gouvernement depuis plus d’un siècle, autorisant leur présence même dans les entreprises étrangères. Avec une nuance de taille, que les syndicats comme les divers groupes de pression ont été reformés et la place de la corruption réduite au minimum. Cela explique l’efficacité générale du modèle.
Enfin, l’État a ainsi les moyens de sa politique et de ses interventions, avec des taux d’impositions et une TVA élevés et avec l’accord démocratique de la population. Et  l’existence d’un système de protection sociale jalousé à travers le monde développé est à ce prix, comportant le plein emploi, un système universel d’allocations pour faire face au chômage et à la maladie, une politique familiale où l’accent est mis sur l’égalité des sexes, des revenus suffisants à la retraite, ainsi que des services publics d’éducation et de santé de qualité.

Prix Nobel

Pays décernant le prix Nobel de la Paix, la Norvège a également compté plusieurs chercheurs dans les diverses disciplines scientifiques dont les travaux ont été couronnés par un Nobel, et le Norvégien Ragnar Frisch aura été, en 1969, par exemple, le premier récipiendaire de celui d’économie.

Last but not least, selon l’expression anglo-saxonne consacrée, ou cerise sur le gâteau, diraient encore les envieux, le fonds souverain norvégien gérerait de façon transparente et efficace, comparé aux fonds similaires d’autres pays de par le monde, quelque 500 milliards de dollars américains, alimenté notamment par les revenus pétroliers.
Une preuve additionnelle d’une vision cohérente du  long terme. A cet égard, il convient de noter que le prix du carburant est onéreux à la pompe pour un pays pétrolier comme la Norvège, c’est dire la cohérence du mécanisme de compétitivité et de la dimension écologique de la politique menée qui pourrait paraître paradoxale a priori. Certes, quelques investissements et placements en Europe du Sud ont certainement subi et subiront les contrecoups de la crise actuelle de la zone euro.
Relativement sous-peuplée et avec une population vieillissante, la Norvège est confrontée à la problématique migratoire de façon particulière encore depuis le massacre d’août 2011 perpétré par un jeune extrémiste de droite bcbg.
S’il est une première conclusion à tirer de la gestion publique scandinave en général, suédoise ou norvégienne prises en exemples, la leçon principale est plus d’ordre pratique qu’idéologique et à caractère universel, à savoir qu’un gouvernement est populaire  non parce qu’il a un grand secteur public, mais parce qu’il travaille efficacement et pour l’intérêt général. La deuxième, de la même veine pragmatique, s’appliquant tant aux responsables socio-démocrates qu’aux libéraux, est une prédisposition à utiliser toutes les bonnes idées, d’où qu’elles viennent.

Fort taux d’emploi

Au milieu de la dernière décennie, le produit national brut par habitant en parité de pouvoir d’achat était au Danemark supérieur de 26% à la moyenne européenne, de près de 25% pour la Suède, et de 17% dans le cas de la Finlande, un des pays les plus pauvres à la fin de la Deuxième Guerre mondiale. A titre de comparaison, à la même période, ce même agrégat a progressé de 14% au Royaume-Uni, de 13% en Allemagne et de 11% en France. Cette amélioration scandinave fort remarquée a été le résultat de taux de croissance annuels moyens relativement élevés, de 4% en Finlande, de 3,3% en Suède et de 2,7% au Danemark, contre 2,6% au Royaume-Uni, 2,1% en Allemagne et 1,8% en France. Mais, c’est surtout en termes de taux d’emploi, indicateur relativement encore plus pertinent que celui du chômage, que la différence est plus significative. Ainsi, entre 2008 et 2010, la population en âge de travailler effectivement employée était de 78% au  Danemark, de 74% en Suède et 70% pour la Finlande, permettant à ces pays de dépasser l’objectif fixé par l’Union européenne dans le cadre de la stratégie dite de Lisbonne ciblant un taux de 70% à atteindre. Rappelons par exemple qu’un pays comme la France peinait à atteindre les 64% en moyenne pour la période concernée. Il est aussi nécessaire, par ces temps difficiles en Europe, de rappeler que les finances publiques nordiques sont saines dans l’ensemble, avec des excédents dans plusieurs cas, et de nature à  permettre le remboursement complet de la dette publique en une quinzaine d’années, au rythme actuel.

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