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Evénement

La Fenelec déclare la guerre à l’ONEE

Par L'Economiste | Edition N°:3985 Le 11/03/2013 | Partager
Elle lui accorde un mois pour régulariser la situation des entreprises
L’ONEE a versé 4,5 milliards de dirhams à ses fournisseurs en 2012
Plus de 630 millions de dirhams débloqués à fin février

Rien ne va plus entre la Fédération nationale de l’électricité et de l’électronique (Fenelec) et l’Office national de l’électricité et de l’eau potable (ONEE). La Fenelec dénonce encore une fois les délais de paiement de l’ONEE et lui accorde un échéancier d’un mois pour régulariser sa situation vis-à-vis des entreprises. Un ultimatum voté à l’unanimité par les membres de la fédération qui ont tenu une réunion mercredi 6 mars à Mohammedia.
Dépassé ce délai, la Fédération compte organiser un sit-in de protestation devant le siège de l’Office. «Nous avons adressé un dernier courrier au directeur général de l’Office avec des points précis dont la stabilisation de la situation avant de passer aux problèmes structurants», souligne Youssef Tagmouti, président de la Fenelec. Une position officielle du management de l’électricien national serait attendue ce lundi.
Les opérateurs réclament plusieurs millions de dirhams à l’Office. «Le montant de créances évolue chaque jour en fonction des règlements effectués et des tombées d’échéances. L’Office/ branche électricité a réglé 4,58 milliards de dirhams à ses fournisseurs en 2012 (non compris l’achat de combustibles et d’électricité)», indiquent des responsables de l’ONEE.
A fin février, 634 millions de dirhams ont été également versés. Un montant jugé «dérisoire» surtout que l’Office est l’unique client pour plusieurs entreprises. «Nous sommes liés par des contrats à 766 entreprises dont 133 affiliées à la Fenelec. Le montant de la créance est en train d’être précisé dans le cadre de l’arrêté des comptes 2012», poursuit l’ONEE.

500 millions de dirhams débloqués cette semaine

Critiquée depuis quelques semaines par une partie de ses adhérents au point où certaines entreprises parlent de mouvement «de contestation», la Fenelec a aujourd’hui saisi la CGEM et compte adresser des courriers aux ministres des Finances et de l’Energie ainsi qu’au chef du gouvernement.
Elle a également entamé des discussions avec un cabinet d’experts et un avocat et pourrait, le cas échéants, saisir les tribunaux. Car certains de ses adhérents se retrouvent dans une situation critique et s’apprêteraient à cesser toute activité.
Depuis l’année dernière, les retards de paiement à l’ONEE ont battu tous les records. Ils atteignent 180 à 200 jours et parfois plus selon certains chefs d’entreprises.

Un gap de 20 milliards de dirhams

Chaque kilowattheure vendu en 2012 a été subventionné à hauteur de 30 centimes par l’ONEE. Et ce, sans oublier  la subvention du fuel  prise en charge par la Caisse de compensation. 
Pour l’Office, le manque à gagner cumulé à fin 2012 s’élève à environ  20 milliards de dirhams malgré les ajustements tarifaires effectués en 2006 et 2009. Il faut dire que les tarifs moyens de l’Office sont inférieurs à ceux de 1996 et ce, malgré la flambée des prix des combustibles sur le marché international. Ce phénomène se serait accentué depuis 2008. «Par rapport à 1996, les niveaux des tarifs actuels sont inférieurs de 9,7% en dirhams courants et de 22,9% en dirhams constants», soulignent des responsables. Ils rappellent que durant la période 1997 à 2004, quatre baisses tarifaires ont été opérées au profit de toutes les catégories de clients.

Du côté de l’Office, l’on avance que «le délai de paiement moyen  de l’ensemble  des fournisseurs de la branche électricité est de 73 jours. Certes, on peut constater des délais dépassant cette moyenne. A l’exception de cas exceptionnels, les retards s’expliquent généralement  par les compléments de dossiers».
L’Office, qui compte un programme d’investissement important, s’est réuni mercredi 6 mars avec les installateurs (28 entreprises). Des promesses ont été faites, des explications fournies et une nouvelle rencontre est programmée pour fin mars. Objectif, faire le point sur l’état d’avancement des actions retenues. L’ONEE s’apprête d’ailleurs à dédier la deuxième tranche de 500 millions de dirhams, destinée à sa recapitalisation, au règlement des factures des fournisseurs. La décision de déblocage vient d’être signée par le ministre des Finances.
Au total, l’ONEE devrait recevoir 3 milliards de dirhams pour sa recapitalisation. Son projet de contrat-programme est quasi finalisé et attend que le gouvernement tranche sur la partie tarification. Celle-ci pourrait se traduire par une hausse du prix de l’électricité pour la moyenne et la haute tension (voir encadré).
Le contrat-programme prévoit aussi des efforts  de  la part de l’Office en matière d’amélioration des performances, la maîtrise des charges  ainsi que la valorisation des actifs.

Une créance de 877 millions de dirhams sur les ex-régies

Un des problèmes auxquels est confronté l’ONEE est l’apurement des arriérés des ex-régies. Le montant principal s’élève à 877 millions de dirhams dont 839  sont redevables par  Casablanca (RAD)  depuis 1997 et  38 millions de dirhams par  Tétouan  (RDE)  depuis  2001. Selon l’Office, tous les autres clients grands comptes paient  leurs factures à l’échéance contractuelle.   Quelques régies tardent parfois, mais des réunions sont tenues systématiquement pour trouver des solutions.  Idem pour les administrations et les collectivités locales.

Khadija MASMOUDI

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