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Chronique

L’austérité, résultat d’un modèle mathématique erroné?
Par Robert Lanquar

Par L'Economiste | Edition N°:3954 Le 23/01/2013 | Partager

Né en Algérie de parents séfarade et berbère, Robert Lanquar, après une expérience de journaliste, a été pendant une dizaine d’années  chargé du marketing et des recherches sur les entreprises touristiques, à l’Organisation mondiale du Tourisme. Il a été aussi expert auprès de la Banque mondiale et a participé à l’élaboration de nombreux plans de développement touristique dont le Sénégal et les Seychelles. Il fut coordinateur du groupe d’experts du Plan Bleu -Plan d’action pour la Méditerranée- PNUE entre 1986 et 1996, tout en assurant la programmation technique du Europartenariat Middle East 1994-1996 avec la Euro-Arab Chamber of Commerce (Paris), la Euro-Israel  Chamber of Commerce et le Département international de la Chambre de commerce internationale de Paris. Depuis 2000, il assure la coordination du Forum euroméditerranéen de FITUR – Madrid

Et si la règle d’or n’est pas celle que l’on croit? Début janvier, le monde des économistes est remué par les déclarations d’Olivier Blanchard, économiste en chef du FMI, appuyé par un certain nombre de spécialistes de la macroéconomie comme Daniel Leigh. Avec ses collègues du FMI, il avait d’abord accepté un modèle mathématique où le calcul d’un multiplicateur fiscal, coefficient mathématique mesurant l’impact des réformes budgétaires, serait d’environ 0,5. Ceci signifiait que pour une réduction des budgets publics de 100, la croissance serait, quant à elle, seulement réduite de 50. Cette position officielle du FMI, visant au désendettement radical pour arriver à l’équilibre budgétaire, serait une erreur mathématique majeure.
Selon Olivier Blanchard, s’exprimant à titre personnel, le multiplicateur fiscal serait véritablement de 1,6: pour 100 de réduction budgétaire, la croissance serait amputée d’au moins trois fois. Chiffre évidemment plus élevé qu’il n’était prévu; chiffre que certains chercheurs comme Lawrence Summers de l’Université d’Harvard ou de   Bradford DeLong de Berkeley, trouvent sous-estimé: on  parle plutôt d’un multiplicateur de 2 qui aurait à terme des conséquences désastreuses pour l’économie mondiale. 
En imposant au nom de la science, un multiplicateur de 0,5 et en comptant par milliards, on ne conduit qu’à plus d’austérité, plus de chômage et une récession dramatique. Et la politique budgétaire n’aura plus d’intérêt si elle n’est pas considérée comme un instrument contracyclique.  
Ne pouvait-on recevoir de  meilleurs vœux pour 2013 que dans ce mea culpa? Les médias internationaux s’y sont à peine penchés, si ce n’est Le Monde ou le Financial Times. Mais déjà, gouvernements et institutions internationales se posent la question de revenir à des politiques néokeynésiennes pour assurer la relance et éviter un drame économique d’abord dans le sud de l’Europe et les pays d’Afrique du Nord qui leur sont proches, et par effet domino à l’Europe du Nord et aux Etats-Unis.
L’histoire nous rappelle que la résorption de la dette publique, comme celle héritée de la Seconde Guerre mondiale, s’étala durant plus d’une décennie. Le désendettement était soutenu par des taux d’intérêts réels négatifs et une croissance forte.
Aujourd’hui on veut le faire en deux ans, quatre ans maximum. Cette réduction trop rapide ne présente que des inconvénients. Barack Obama l’a compris. Malgré le blocage du Congrès américain, il a déjà fait évoluer sa politique économique et les chiffres du chômage ont légèrement baissé le dernier trimestre 2012. Le Royaume-Uni est en train de le faire subrepticement et se sentirait plus libre s’il quittait l’Europe. François Hollande l’a aussi compris et répété, mais il reste les mains liées par l’Allemagne.
L’Europe devra suivre ou s’abîmer. La plupart des gouvernements se rendent compte que les coupes budgétaires sont de plus en plus contrecarrées par une baisse des rentrées fiscales, conséquence du ralentissement économique. C’est un cercle vicieux dû à l’augmentation du chômage et des transferts sociaux. Et augmenter des taxes comme la TVA devient contreproductif. C’est ainsi qu’en Espagne, la hausse de la TVA a déjà des conséquences sur les réservations 2013 pour un tourisme qui pourrait bien diminuer.

Une autre approche
de la croissance

La première conférence de presse 2013 du directeur général du FMI, Madame Christine Lagarde, ancienne Ministre française de l’Economie et des Finances (voir encadré), semble ouvrir des voies moins orthodoxes, en particulier celle de la croissance inclusive, croissance partagée permettant de lutter contre la pauvreté. La Banque mondiale partage cette vision. Dans les «Perspectives Economiques Mondiales 2013», parues à la mi-janvier, elle s’inquiète de la fragilité de l’économie mondiale et de la croissance ralentie des pays à hauts revenus. Les pays émergents et en développement ont enregistré leur plus bas niveau de croissance en 2012 avec un PIB en croissance de 5,1%; ce chiffre sera à peu près le même en 2013, mais pourrait se renforcer en 2014 à 5,7% et 5,8% en 2015. Son souci majeur reste la crise alimentaire qui s’accentuera cette année.
Aujourd’hui le FMI n’est plus préoccupé en priorité par les États les plus avancés. Depuis les réformes mises en œuvre par Dominique Strauss-Khan, l’importance est donnée aux pays émergents et en voie de développement. La croissance inclusive a pour objectif de diminuer les niveaux de pauvreté et d’augmenter la participation des populations dans le processus de développement avec une répartition plus équitable et plus solidaire des ressources dans la société.  L’allocation des budgets doit se diriger vers des actions qui auront en priorité à court, moyen et long terme, des avantages pour la société, telles que la disponibilité des biens de consommation, la réduction du chômage, le niveau des revenus et de bien-être.
Cette croissance inclusive n’est pas seulement macroéconomique; elle établit une relation directe avec la microéconomie, celle des entreprises et des ménages, pour la rendre plus forte et durable.  Deux Prix Nobel d’économie, Joseph Stiglitz et Paul Krugman (voir encadré), ont rappelé que si l’économie mondiale est un système très complexe, elle est soumise à une autre règle d’or: les dépenses des uns sont les revenus des autres. Si la demande faiblit, tout le monde en pâtit. Les deux pensent d’ailleurs que le démantèlement de l’euro serait un coût si élevé  que l’Europe tout entière s’effondrerait.
Plus encore comme une étude des chercheurs de la Wharton School(1) le montrait en 2010, les niveaux de bonheur s’accroissent à mesure que le Produit intérieur brut et les revenus augmentent. Encore faudra-t-il accepter plus d’inflation! Avec une inflation d’environ 4%, pourquoi paniquer en Europe selon Paul Krugman si la Banque centrale européenne pratique une politique monétaire très expansionniste et que l’Allemagne et quelques autres pays plus petits engagent une forte relance budgétaire?

Une nouvelle posture au FMI?

Le 17 janvier, dans sa première conférence de presse 2013, Christine Lagarde déclarait qu’il était temps de revenir à des politiques de croissance: «nous avons évité l’effondrement, nous devons éviter la rechute, et surtout pas nous relâcher». Elle en appelle à trois types d’initiatives: d’abord éliminer l’incertitude qui règne dans la zone euro, en particulier en y renforçant l’union bancaire; quant aux Etats-Unis, elle demande à toutes les parties dans l’intérêt général de parvenir à un accord sur la réduction de la dette à moyen terme; enfin les marchés émergents et les pays en voie de développement auront besoin de croître à un rythme durable en se gardant des risques provenant des économies avancées et devront faire tout le nécessaire pour le bien-être de leurs populations.
En second lieu, il faut, pour Mme Lagarde, finir de réformer le secteur financier. Des progrès ont été faits, il faut les poursuivre, car on observe un certain relâchement  et des délais dans les réformes. Le secteur financier doit participer à la croissance et à l’économie réelle. Enfin, surtout, en troisième lieu, le directeur général du FMI invite tous les gouvernements et les institutions internationales à se focaliser sur une «croissance inclusive». Ce nouveau terme au FMI est signe du changement qu’avait introduit Dominique Strauss-Kahn pour éviter le cercle vicieux des politiques d’austérité et la montée du chômage qui atteindrait aujourd’hui plus de 200 millions de personnes dans le monde.

Les appels des Prix Nobel

Deux Prix Nobel, Joseph Stiglitz et Paul Krugman, critiquent régulièrement les politiques d’austérité. Le dernier livre de Paul Krugman: «Sortez-nous de cette crise... maintenant!(2)» est un appel à l’action contre l’orthodoxie économique. Livre percutant, qui dénonce la «grande illusion» européenne sur une crise principalement causée  par l’irresponsabilité budgétaire de ses gouvernants. Pour lui, comme dans la lignée keynésienne, c’est en phase d’expansion et non de récession qu’il faut appliquer des politiques d’austérité. Quant à Joseph Stiglitz, qui passe une bonne partie de son temps en Europe, son dernier livre «Le Prix de l’inégalité(3)»  est un fort plaidoyer pour un retour à une économie plus dynamique et une société plus équitable et égalitaire, le contraire de ce qui s’est passé ces trente dernières années. Cette inégalité grandissante serait la cause et la conséquence de la faillite du système économique et du cercle vicieux dans lequel nous sommes plongés. Il faut revenir à ce que disait Alexis de Tocqueville voilà près de deux siècles que l’intérêt individuel doit être mieux délimité par rapport à l’intérêt général.

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(1) Daniel W. Sacks, Betsey Stevenson et Justin Wolfers.
(2) Paul Krugman, Sortez-nous de cette crise... maintenant !, Paris, Flammarion, septembre 2012, 288 pages.
(3) Joseph Stiglitz, Le prix de l’inégalité, Ed. Les liens qui libèrent, Paris, septembre 2012.

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