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    Régions

    Emeutes: 8 ans après le séisme, Imzouren explose

    Par L'Economiste | Edition N°:3739 Le 13/03/2012 | Partager
    Solidarité avec Bni Bouayach et revendications sociales
    Policiers blessés, important dispositif sécuritaire déployé
    Le M20F pointé du doigt

    IMZOUREN. Ce village, rappelons-le, frappé par un violent séisme le 24 février 2004, refait parler de lui 8 ans plus tard. Cette fois-ci, il fait l’actualité, non pas à cause d’une nouvelle catastrophe naturelle, mais avec une vague de protestations «démesurée». «Dimanche, quelque 600 personnes, réunies dans cette localité suite à un appel du mouvement du 20 février, voulaient organiser une marche vers Bni Bouayach, «en guise de solidarité» avec les individus arrêtés à la suite des émeutes de jeudi dernier» (cf L’Economiste n°3738 du 12 mars, «Al Hoceima: un scénario Taza bis à Bni Bouayach»), rapporte Ali Belmeziane, responsable de la branche locale de l’AMDH. «Alors que les premiers venus saluent vigoureusement les organisateurs, la foule qui s’est rassemblée en quelques minutes a rapidement constitué une marée humaine…c’était peu après 15h dans l’après-midi du 11mars», poursuit-il. Mais dès que les manifestants ont voulu démarrer la procession vers la bourgade de Bni Bouayach, les forces de l’ordre se sont interposées leur bloquant le passage et cherchant à disperser les «activistes». Bloqués, les manifestants ont riposté, et «c’est à ce moment que des accrochages ont eu lieu». Des violences qui vont tout de même durer entre 3 et 4 heures, selon différentes sources. Des observateurs sur place précisent que «les quartiers d’Al Qods, El Kissaria, et Laazib étaient le théâtre d’affrontements qui ont pris fin peu avant 21h». Difficilement accessibles et en plein chantier de construction, ces endroits ont été rapidement transformés en véritables lieux de guerre. Pneus brûlés, jets de pierres… Imzouren est pour la première fois en proie à la fureur des «membres du mouvement du 20 février». Motif de la fronde, la «demande express» de libération de 14 fauteurs de trouble qui ont été arrêtés après avoir causé de gros dégâts dans la ville Bni Bouayach, jeudi dernier. «Les autorités ont utilisé des bombes lacrymogènes et des jets d’eau pour faire reculer les casseurs», raconte un témoin. Et d’ajouter : «plusieurs véhicules des forces d’intervention rapide ont été brûlés». Le bilan officiel, lui, reconnaît que «des éléments des forces de l'ordre ont été blessés, dont certains grièvement, dans les actes de vandalisme ayant éclaté dimanche dans la ville d'Imzouren, relevant de la province d'Al Hoceima». Une source médicale note, pour sa part, que «les éléments des forces de l'ordre gravement atteints ont subi des interventions chirurgicales à l'hôpital Mohammed V de la ville d'Al Hoceima». Pour ce qui est des blessés dans le camp des manifestants, aucune indication du côté officiel. Toutefois, Ali Belmeziane parle de légères blessures et d’une personne qui aurait un membre cassé.
    Au terme de cette soirée «sanglante», dix personnes ont été arrêtées après l'intervention des forces de l'ordre pour disperser cette marche de protestation, partie du centre d'Imzouren à destination de la ville de Bni Bouayach. Lundi, et après une soirée mouvementée, la ville d’Imzouren semble reprendre son souffle. Entre désolation et colère, ses habitants sont encore en état de choc. Située à 20 kilomètres à l'est d'Al Hoceïma et à 137 km de Nador, le «séisme de contestation» qui l’a frappée la veille n’est pas prêt d’être oublié. A l'heure où nous mettions sous presse, des associatifs ont affirmé que «la situation peut re-dégénérer à n’importe quel moment». D’autant plus, qu’en dépit de la libération des individus incarcérés dans le pénitencier d’Al Hoceima, les manifestants scandent aussi des revendications d’ordre social comme celui des factures d’électricité.  «L’on craint que d’autres combats se déclarent surtout dans la nuit. Car les manifestants qui ont pris refuge dans les collines risquent de revenir», souligne un jeune habitant d’Imzouren. Pas de crainte, rassure l’autorité mais sans le dire. En effet, la présence des véhicules des forces de l’ordre qui quadrillent la ville est très visible.

    Procès

    Des 35 individus arrêtés à la suite des émeutes de Bni Bouayach, seuls 14 sont encore en état d’arrestation. En effet, le procureur général près la cour d'appel d'Al Hoceima a décidé, vendredi, de placer 5 individus en détention à la prison locale de la ville pour leur implication présumée dans des actes de vandalisme à Bni Bouayach. Ces individus sont poursuivis notamment pour «constitution d'une bande criminelle, rassemblement armé, incendie volontaire, agression des forces de l'ordre et dégradation de biens d'autrui». Rappelons que l'arrestation des prévenus intervient suite à plusieurs plaintes déposées par des citoyens de Bni Bouayach qui disent avoir été affectés par le blocage de la route nationale N 2 reliant Al Hoceima à Taza, la fermeture des locaux commerciaux et l'interdiction de leur accès aux administrations en raison des sit-in organisés devant le pachalik de la ville et le siège de la commune». Dans ce même dossier, 9 personnes devront défiler devant le TPI d’Al Hoceima. Par ailleurs, le ministère public près le TPI a décidé de mettre en liberté 11 personnes, dont cinq mineurs, faute de preuves d'inculpation.

    De notre envoyé spécial, Youness SAAD ALAMI

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