Evénement

Budget: BAM place le déficit à 7%

Par L'Economiste | Edition N°:3723 Le 20/02/2012 | Partager
L’institut d’émission exclut les recettes de privatisation du calcul
Le manque atteint 56 milliards de DH
Pour Jouahri, «rien d’alarmant, mais les équilibres sont fragiles»

Selon les chiffres de Bank Al-Maghrib, le déficit budgétaire a atteint 7% du PIB en 2012 pour se chiffrer à 56 milliards de DH. Dans ce calcul, BAM exclut les recettes de privatisation contrairement au ministère des Finances

VOUS avez «apprécié» le déficit à 6%. Il faudra, désormais, vous habituer à un taux de 7%. Les derniers chiffres de Bank Al-Maghrib noircissent un peu plus la situation des finances publiques. A cela, des différences de calcul. Les Finances intègrent les recettes de privatisation, BAM les exclut. Résultat, un gap avoisinant 1 point de pourcentage qui place le déficit à 56 milliards de DH. Même s’il appel à la vigilance car «les choses sont fragiles», Abdellatif Jouahri, gouverneur de la banque centrale, nuance tout de même cette différence. «En les excluant de nos calculs, nous écartons, de fait, les recettes non récurrentes et ponctuelles que nous n’allons pas retrouver d’année en année», confie-t-il à L’Economiste. Pour 2011, cette manne s’est chiffrée à 5,6 milliards de DH. Au-delà du déficit, le patron de l’institut d’émission attire davantage l’attention sur son financement avec une pensée particulière pour la dette publique. Son niveau est-il acceptable? Selon lui, «tant qu’il n’atteint pas 50% du PIB, il n’y a rien d’alarmant, mais l’équilibre est fragile». Or, elle constitue, à fin 2011, 52,9% du PIB, contre 50,3% en 2010. Mais le financement du Trésor a été assuré par un flux net d’endettement intérieur de 33,2 milliards et extérieur à hauteur de 7,1 milliards de dirhams, sans compter les recettes de privatisation.
Le déficit de la balance des paiements est un autre élément d’inquiétude. Il est ressorti à moins 6,5% en 2011 contre moins 4,5% en 2010.
Cela dit, le déficit public affiche une aggravation inquiétante de 20 milliards de DH en un an. Celle-ci reflète une rallonge de plus de 36 milliards de DH des dépenses suite à l’explosion de la charge de compensation et, dans de moindre mesure, de la masse salariale, les dépenses d’équipement. Les dépenses globales se sont ainsi inscrites en hausse de 16% atteignant 265 milliards de DH. Cela représente plus de 33% du PIB et 3 points de pourcentage de plus par rapport à 2010. Dans ce total, la Caisse de compensation représente le plus gros poste des dépenses avec un montant de près de 49 milliards de DH, soit 6,2% du PIB.
Les dépenses de fonctionnement ne sont pas en reste. Elles progressent de 8% à 126,5 milliards de DH. Ce total recouvre un recul de 1,5% des charges liées aux autres biens et services à 37,9 milliards (4,7% du PIB), mais une hausse de 12% de la masse salariale dont la charge a dépassé les 88 milliards de DH, soit 11% du PIB. Le solde ordinaire ressort, par conséquent, en déficit de 8 milliards de DH, contre un excédent de 12 milliards à fin 2010. Progression plus contenue pour les dépenses d’équipement. Elles ont augmenté de 6% pour s’établir à 50 milliards, soit 6,2% du PIB.
Côté recettes ordinaires, la progression est moins importante, seulement 13,5 milliards de DH à 26% du PIB. Toutefois, elles restent bien orientées dans l’ensemble des rubriques, à l’exception des droits de douane. Tenant compte de la part de la TVA transférée aux collectivités locales, les recettes ont augmenté de 7% à 207,2 milliards, reflétant une progression de 6,2% des recettes fiscales et de 21,1% de celles non fiscales.
Le poste des recettes fiscales recouvre une amélioration des rentrées des impôts directs et indirects. Le produit des impôts directs a, en effet, progressé de 7,4% à 70 milliards de DH, représentant 8,7% du PIB. Par composantes, l’impôt sur les sociétés s’améliore de 14% à 40 milliards de DH, quant à l’impôt sur le revenu, il progresse de 2,2% à 27,5 milliards de DH.
Pour leur part, les recettes des impôts indirects se sont accrues de 8,6%, pour atteindre 93,7 milliards, soit 11,7% du PIB. Les recettes fiscales ont donc déjoué les prévisions. Mais on le sait depuis un moment, le Maroc a surtout un problème de dépenses …

Bonnes, les rentrées de TVA

LE produit de la TVA s’est amélioré de 10,2% à 71,9 milliards de DH (9% du PIB), avec une hausse de 14,8% de la TVA à l’importation et de 3,6% de celle intérieure. Quant à la Taxe intérieure de consommation, elle a généré des recettes d’un montant de 21,9 milliards de DH, en hausse de 3,4% d’une année à l’autre, tandis que les droits d’enregistrement et de timbre ont drainé un montant de 10,6 milliards de DH (+5,8%). En revanche, les recettes des droits de douane ont baissé, revenant en une année de 12,2 milliards à 10,3 milliards de DH

M. A. B.

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