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Régions

Casablanca
Incendie dans un entrepôt de couvertures

Par L'Economiste | Edition N°:3610 Le 07/09/2011 | Partager
Une enquête a été diligentée
De grosses aberrations urbanistiques à La Gironde
Des unités industrielles au coeur d’un quartier résidentiel!

Il a fallu plus de 5 heures pour venir à bout de l’incendie. Quelque 80 sapeurs-pompiers de l’Unité régionale de la Protection civile ont été mobilisés

Effarant et scandaleux! Il a suffi de très peu pour assister à une affaire «Rosamor bis» à Casablanca. Lundi à 16 heures 45 exactement, un incendie a complètement ravagé un dépôt de stockage de couvertures et produits dérivés (mousse, laine, coton, emballages de plastique…) à la rue Laârâr, située entre route Ouled Ziane et bd La Gironde. Un quartier résidentiel relevant de la préfecture d’El Fida. L’incendie n’a pas fait de victimes, mais les dégâts matériels sont estimés à plusieurs millions de DH (entre locaux et marchandises). Heureusement, les ouvriers avaient quitté le dépôt quelques minutes plus tôt. L’entrepôt appartiendrait à la famille Sajid. D’ailleurs, il est sis à quelques encablures de l’unité industrielle Mazafil, située sur bd Ouled Ziane.
Il a fallu plus de 5 heures (de 17 h 20 à 22 h) aux sapeurs-pompiers pour venir à bout de l’incendie. D’ailleurs, un important dispositif sécuritaire et logistique a été déployé dans tout le quartier. Les forces de l’ordre (police, forces auxiliaires…) ont quadrillé la zone pour sécuriser le site, éviter tout débordement et des risques de pillage, car le dépôt se trouve à proximité de l’un des quartiers les plus chauds de Casablanca: Derb El Kabir. «Nous avons reçu l’appel à 17h15. Aussitôt, nous avons mobilisé 7 camions-pompes de lutte contre l’incendie, une échelle mécanique, deux ambulances, deux médecins… et près de 80 pompiers», confie à L’Economiste le colonel Cherkaoui, commandant de l’Unité régionale d’intervention de la Protection civile. Force est de constater que les pompiers sont venus avec des équipements flambant neufs (de gros camions imposants avec projecteurs, échelles, des bidons de 25 litres d’émulseurs, des bonbonnes d’oxygènes, casques, torches, gants, blousons ininflammables avec bandes fluorescentes…). Pris de panique, les riverains ont été évacués aux alentours de 17heures.
Trois heures durant, le quartier a été le théâtre d’écrans épais de fumées noires étouffantes et propagées à perte de vue.
A l’heure où nous mettions sous presse, l’origine de l’incendie était encore méconnue. Une enquête a été diligentée dès lundi soir. Mais de sources concordantes sur place, «la piste de l’acte prémédité n’est pas écartée».
Au-delà de l’incident de l’entrepôt, cette affaire renseigne sur de grosses aberrations urbanistiques. Comment des unités industrielles, traitant des produits hautement sensibles et inflammables, peuvent se trouver au cœur d’un quartier résidentiel à forte densité démographique (R+4 et R+5)?
La question reste posée. Un scénario récurrent à Casablanca, surtout à Roches Noires, Aïn Sebaa, Belvédère… où les ateliers, unités industrielles et entrepôts font partie du décor au milieu de résidences.
Mais selon des riverains du dépôt de La Gironde, la réponse est toute simple: «A la base, le quartier était à vocation industrielle avec de nombreuses manufactures d’opérateurs espagnols, portugais, français... Une situation héritée d’un schéma urbain datant du Protectorat».
Plus grave encore, l’entrepôt incendié se trouve contigu (à droite) à des dépôts de stockage de commerçants chinois (trois magasins et une cave) pleins de produits hautement inflammables (chaussures, sandales et ustensiles en plastique, espadrilles, prêt-à-porter…). Affolés, une dizaine de Chinois étaient sur place et criaient pour manifester leur désarroi face à l’ampleur de l’incendie. «Ils craignent que leur dépôt soit touché car ils ont aussi d’importants stocks de pétards», témoigne un riverain. A gauche de l’immeuble incendié, se trouve un bain maure avec des sacs amoncelés de copeaux et sciures de bois pour chauffer le hammam. Tous les ingrédients d’une bombe à retardement étaient donc réunis.

Amin RBOUB

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