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Economie

Conjoncture: Le Maroc n’est pas si mal loti!
Entretien avec Karim Al Aynaoui, directeur des études et des relations internationales à BAM

Par L'Economiste | Edition N°:3610 Le 07/09/2011 | Partager
Pour l’heure, priorité aux réformes structurelles
Assurer le maintien de la soutenabilité budgétaire

«Je vais peut être vous surprendre, mais il me semble que le Maroc est aujourd’hui en bonne posture pour accélérer durablement son rythme de croissance», relève Karim El Aynaoui, directeur des études et des relations internationales à BAM

A l’heure où le spectre d’une nouvelle récession dans les pays avancés plane sur l’économie mondiale, le cas marocain tire son épingle du jeu. Les performances économiques au premier semestre, les derniers indicateurs mensuelles disponibles, ainsi que les prévisions laissent tous entrevoir une bonne performance pour le reste de l’année. Toutefois, les fortes incertitudes et les risques qui marquent les perspectives de l’activité mondiale constituent un défi sur l’équilibre macroéconomique que la politique économique devra gérer à court terme. A cet effet, Karim El Aynaoui, directeur des études et des relations internationales au sein de Bank Al-Maghrib, décrypte la situation du Maroc dans cet environnement économique international qui s’est rapidement détérioré.

- L’Economiste: Quel constat donneriez-vous pour l’économie marocaine devant les fluctuations que connaît le monde actuellement?

- Karim El Aynaoui: En dépit du ralentissement attendu de l’activité mondiale pour les prochains trimestres, particulièrement pour nos principaux pays partenaires, je vais peut-être vous surprendre, mais il me semble que le Maroc est aujourd’hui en bonne posture pour accélérer durablement son rythme de croissance. Les réformes politiques en cours, combinées à la crédibilité - du reste durement acquise - de la politique macroéconomique et aux progrès réalisés au niveau des réformes structurelles, apportent en effet une visibilité qui aura un impact positif marqué sur les déterminants fondamentaux de la croissance à moyen long-terme.

- Quels sont les défis à court terme?
- L’économie marocaine a bien résisté aux fluctuations de l’économie mondiale et sa politique macroéconomique a su s’adapter pour amortir et accommoder les chocs considérables qui ont affecté l’économie mondiale et la Région au cours de cette année. Brièvement, deux évaluations externes récentes en attestent: le pays a maintenu sa notation «Investment Grade», et les conclusions préliminaires des consultations de 2011 au titre de l’article IV du Fonds monétaire international sont globalement favorables. Je vous rappelle également l’évaluation faite par le Conseil de Bank Al-Maghrib lors de sa dernière réunion, qui notait la poursuite de l’amélioration de la demande extérieure et du renforcement de la demande intérieure et indiquait que la croissance globale et celle du PIB non agricole se situeraient entre 4,5% et 5,5% en 2011.
Dans cet environnement international dont les perspectives se sont rapidement détériorées et les risques ont augmenté, il s’agirait de continuer à gérer avec vigilance pour préserver et utiliser de manière appropriée la politique macroéconomique, tout en assurant le maintien de la soutenabilité budgétaire et la viabilité de la position extérieure à moyen terme. En parallèle, il faudrait accorder la priorité aux réformes structurelles, notamment celles qui visent à stimuler l’offre et à accélérer la productivité. Elles devront probablement être encore accélérées et développées dans leur contenu et leur ampleur, pour augmenter le potentiel de croissance et favoriser le développement de secteurs en mesure d’accumuler des gains de productivité afin d’offrir un maximum d’emplois formels. C’est à ce prix que notre économie tirera pleinement profit de la reprise lorsqu’elle interviendra, et s’ancrera davantage, et surtout plus favorablement, aux zones de croissance dynamique (Afrique et Asie) de l’économie mondiale.

- Et pour ce qui est de la soutenabilité budgétaire?

- La question de la soutenabilité budgétaire reste une problématique de moyen-long terme. Dans le contexte actuel et compte tenu des chocs sus-mentionnés, la politique budgétaire est devenue plus expansionniste cette année. Cela résulte principalement des dépenses liées au mécanisme de subvention des prix, qui, il faut le noter, demeurent réversibles. Il faudra donc infléchir cette orientation rapidement pour ne pas affecter la soutenabilité budgétaire à moyen terme. A moyen terme et à l’instar de l’Europe, les politiques budgétaires qui sont trop expansionnistes et en déphasage avec les phases du cycle d’activité économique finissent par mettre les pays concernés en crise. Il est clair que ceux qui ont profité de la phase de croissance mondiale précédente (qui pris fin en 2008 avec la crise financière) pour réduire leur déficit, voire accumuler des excédents pour certains, et surtout leur dette sont aujourd’hui dans une bien meilleure situation pour affronter les défis découlant de l’environnement international. C’est le cas du Maroc. Cet acquis est cependant à préserver pour garder des marges de manœuvre au niveau de la conduite de la politique économique, afin d’accélérer le rythme de croissance avec un niveau élevé et durable de création d’emplois décents.

Propos recueillis par Moulay Ahmed BELGHITI

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