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Culture

Des poèmes en hommage aux immigrés

Par L'Economiste | Edition N°:3604 Le 26/08/2011 | Partager
«Patrie-cide», raconte la déchirure de l’éxil
C’est le 4e recueil de Jamal Khairi

Le titre, arguant la mort de la patrie, évoque pour l’auteur la fin du concept classique de la nation. «La notion de la patrie, telle que nous la concevons, avec un territoire, un drapeau, une appartenance... est morte. C’est cela le patrie-cide»

LE mal du pays et le déchirement quotidien des immigrés. Inadaptation, rejet ou encore éloignement, les immigrés sont, pour Jamal Khairi, écrivain et poète, sujets à de nombreuses souffrances. Son livre « Patrie-cide », un recueil de poèmes transférés de l’arabe marocain, en est un témoignage poignant. « C’est un tableau noir, pessimiste, qui décrit la souffrance des immigrés, obligés de quitter leur pays pour aspirer à une vie meilleure, à une meilleure éducation… », explique Jamal Khairi.
L’action «d’immigrer» au sens propre n’est que l’action du voyage, d’un aller simple vers une destination choisie. Pourtant, partir ne signifie pas revenir. Imprégnés des cultures locales, de nouvelles traditions, le voyage modifie les perceptions et réactions. Ainsi, le retour est décrit comme des visites touristiques ou de courtoisies. D’ailleurs, le poète souligne que « l’on part et on ne revient que camisolé dans un charter de nuit, ou dans la soute, dans un cercueil, chosifié en tant que bagage parmi les bagages».
C’est une image différente, loin des préjugés sur «les immigrés» (terme qu’il abhorre), qui est retracée. Tantôt décrits comme des bannis, des réfugiés, des exclus, des errants ou des fugitifs, ils se retrouvent entre deux rives, ni citoyens, ni étrangers, coupables pour les uns et inférieurs pour d’autres. Ce mal être est décrit en profondeur. En effet, le recueil est un grand cri de haine et d’espoir, obscur et sombre. La poésie, telle son auteur, est engagée, combative, les mots forts et troublants.
En parallèle, Jamal Khairi expose le revers de la médaille, le tabou de la patrie qui rejette ses «enfants». Se rejetant tour à tour la culpabilité, quitter sa terre est assimilé à la fois à un acte de lâcheté et à une renaissance, un dilemme oedipien sans issues. Pourtant, le livre est un message d’espoir, il débute par la nuit et se termine par le blé, qui est un présage de très bon augure.
«Patrie-cide» fait partie de la collection des «Poètes des cinq Continents». Ce sont l’ensemble des révélations prometteuses de jeunes poètes et une attestation de la présence d’autres qui feront sans doute date dans la poésie francophone. Composée de centaines d’œuvres, elle dévoile un espace d’ouverture où tant l’originalité, la diversité et la pluralité que la qualité du traitement de la langue prennent place.
Jamal Khairi est né en 1963 à Casablanca et a fait des études en linguistique à Rabat. En 1989, il quitte le pays pour suivre des études en psychologie et sociologie phonétique puis en gestion et aménagement des espaces urbains en France. Du statut de travailleur immigré, il passe à la citoyenneté française après sa naturalisation. Aujourd’hui, il travaille dans le social à la mairie de Paris. Patri-cide est son 4e recueil de poèmes, le cinquième recueil « des lignes et des pas » vient d’être publié en arabe et sa prochaine œuvre « le café du matin est salé » est déjà sur les rails.
Zineb SATORI

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