Evénement

Contrats Anapec: Un dispositif anti-précarité

Par L'Economiste | Edition N°:3580 Le 25/07/2011 | Partager
L’Etat s’engage à verser les cotisations sociales
30.000 bénéficiaires au 1er semestre 2011

Quand un programme d’aide à l’emploi favorise la précarité, les ajustements deviennent de mise. Depuis 2006, les contrats dits Anapec ou Idmaj (programme de formation/insertion de l’Anapec) ont pu insérer 258.214 jeunes. Sans couverture sociale, avec des salaires réduits et une exonération d’impôts… la formule séduit bon nombre d’employeurs. Toutefois, ces avantages mettent les bénéficiaires dans des situations de précarité. Le dernier rapport du Conseil économique et social (CES) n’a pas manqué de souligner l’inadaptation des programmes (Idmaj, Taehil et Moukawalati) par rapport à l’ampleur du phénomène du chômage des jeunes. Pour rectifier le tir, l’Etat vient de s’engager à verser la part patronale de la CNSS.
Une action menée en partenariat avec la CGEM. L’annonce, qui devait avoir lieu il y a un mois, a dû être reportée. Ceci étant, un communiqué de l’Anapec fait état de nouvelles mesures. Il s’agit d’«un dispositif de formation/insertion comportant désormais l’assurance de la couverture sociale aux bénéficiaires des contrats Idmaj, l’Etat prenant en charge la part patronale durant une année».
Ce nouveau recours au financement de l’Etat viendra se greffer au manque à gagner de 20 millions de DH par an au titre d’exonération de l’IR.
Les entreprises qui recrutent via Idmaj bénéficient de l’exonération des cotisations CNSS et de la taxe de la formation professionnelle ainsi que de l’IR pendant deux ans. Cependant, le ministère limite l’accès à cet avantage par certaines conditions. L’employeur doit s’engager à conclure un CDI (contrat à durée indéterminée) avec le stagiaire. Or, à ce jour, seuls 4% des insertions réalisées sont faites via ce type de contrat.
Cette mesure vient répondre aux conclusions des enquêtes de satisfaction réalisées auprès des chercheurs d’emploi bénéficiaires du programme Idmaj. L’étude relève trois sujets de préoccupations. Il s’agit de la couverture sociale durant le contrat d’insertion, l’encadrement et l’accompagnement dans la phase de formation en entreprise et la question du ciblage pour les profils les plus difficiles à insérer.
Au terme du 1er semestre, 62% des emplois ont pris la forme de contrats-insertion alors que 34% sont déclinés en contrats à durée déterminée. Les premiers bénéficiaires des contrats-insertion sont les diplômés de la formation professionnelle à hauteur de 52%. Autre profil fortement présent, celui des jeunes issus de l’enseignement supérieur (20%). Toutefois, 18% des insérés ont à peine le baccalauréat. Par secteur d’activité, la moitié des insertions sont réalisées dans l’industrie, alors que les services comptent plus du tiers. La région de Tanger-Tétouan arrive en tête des bénéficiaires (23%), suivie par le Grand Casablanca (21%) et Rabat-Salé-Zemmour (14%).
Pour sa part, le programme Taehil compte plus de 59.000 bénéficiaires entre 2007 à fin juin 2011. Cette formule comprend deux mesures pour la formation contractualisée pour l’emploi et pour la formation qualifiante ou de reconversion. Au premier semestre 2011, 9.126 personnes en ont bénéficié.
L’autre mesure adoptée par l’Anapec vise la mise en place d’un dispositif d’intégration professionnelle des jeunes diplômés en difficulté. Elle prévoit une formation intégration sur 6 à 9 mois, avec tuteur dans l’entreprise et indemnités de l’Etat à l’entreprise pour les frais de formation. Ces personnes bénéficieront d’un accompagnement en entreprise dans le cadre d’un plan d’intégration.
Avec ces nouvelles dispositions, le gouvernement tente de trouver une solution à l’un des problèmes majeurs. Pour rappel, la précarité de l’emploi et le chômage sont en grande partie à l’origine des mouvements de révolte et de manifestations enclenchés depuis le 20 février.

Ilham BOUMNADE

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