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Politique

Procréation médicale assistée cherche cadre légal

Par L'Economiste | Edition N°:1665 Le 18/12/2003 | Partager

. Les praticiens se réfèrent uniquement à la religion . Conviction et responsabilité, d’autres critères de traitementLa pratique de la procréation médicalement assistée (PMA) continue de raviver les animosités chez des professionnels. En tout cas, gynécologues, biologistes, andrologues, etc., étaient tous présents pour faire le point lors de la conférence-débat intitulée «Ethique islamique et PMA», organisée dernièrement à Casablanca. Face au vide juridique qui caractérise cette pratique, que faut-il faire? se sont interrogés les participants. Le médecin peut conseiller à un couple stérile d’adopter d’éventuelles possibilités thérapeutiques (techniques de la PMA) qui sont autorisées dans plusieurs pays. Cependant, au Maroc, il se trouve que cette pratique est confrontée à une difficulté majeure: l’absence d’un cadre qui la réglemente (voir l’Economiste du 8 octobre 2003) et qui protège le médecin, aussi, en cas de litige. Rappelons qu’en l’absence d’un registre national de statistiques officielles, le nombre de couples stériles au Maroc ne peut être donné avec exactitude. Mais selon des professionnels, 1 couple sur 8, voire sur 10, est stérile.Ainsi, un projet de réglementation concernant la pratique de la PMA a été déposé auprès du Secrétariat général du gouvernement en janvier 1999. Mais il n’y a pas eu de suite. Devant l’absence d’une telle réglementation, c’est la déontologie islamique qui prévaut. Dans ledit projet de réglementation, il est clairement stipulé que la PAM «ne peut être envisagée que dans le cadre du couple légal, selon les lois de la chariâ. Est-ce pour autant que cette disposition est respectée ? Pas si sûr. Un assistant à cette conférence a affirmé recevoir de nombreuses demandes d’insémination d’un donneur étranger (autre que le conjoint). Et il existe même des médecins qui la pratiquent. «Si la loi venait à autoriser le don de gamète, des couples le feraient sans hésitation», affirme ce médecin. Bien que l’Islam interdise le don de gamète, entre autres, la réalité est différente. En tout cas, la solution de l’éthique «religieuse», à elle seule, ne semble pas apaiser l’assistance. Au contraire, elle n’a fait qu’amplifier les craintes. Toutefois, l’intervention du Dr. Chaabouni Mondher, secrétaire général coordinateur de la Fédération maghrébine de gynécologie obstétrique, et ancien président du Conseil national de l’ordre des médecins tunisiens, a été édifiante. «En plus de l’éthique religieuse, il faut prendre en considération deux autres types d’éthiques : l’éthique de conviction (morale) et l’éthique de responsabilité». La première est liée au médecin. Tout en préservant son indépendance, le médecin demeure responsable de son patient. Il est tenu de respecter la loi et/ou la réglementation en vigueur afin d’éviter d’éventuelles dérives mais aussi préserver l’intérêt légitime de l’individu et de la société. Pour l’éthique de responsabilité, elle est strictement liée au législateur qui doit sauvegarder les intérêts de la société sans, toutefois, nuire à l’individu. En fait, ces deux types sont complémentaires puisqu’ils militent, en fin de compte, pour le changement de la loi et/ou la réglementation en vigueur. Bien que cette réglementation tarde à venir, l’ensemble des éthiques religieux, de conviction et de responsabilité, reste la seule alternative possible.


Des questions en suspens

Ce débat a été aussi une occasion pour évoquer d’autres aspects de la PMA qui taraudent l’esprit des professionnels et qui sont restés en suspens. Pourquoi la médecine universitaire est-elle en retard en matière de PMA?Est-ce par manque de compétences humaines, de moyens financiers et/ou des centres de recherches appropriés? Les participants se sont interrogés sur les centres de fertilité rattachés à des cliniques privées, au nombre de 15, qui pratiquent les techniques de la PMA. Ils ont par ailleurs insisté sur l’urgence de la mise en place du comité national de bioéthique qui devra statuer sur les conditions techniques de fonctionnement de ces centres et veiller au respect des bonnes pratiques dans les laboratoires de biologie et de reproduction. Mohammed EL HARRATI

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