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Opinions & Débats

Comment améliorer l’employabilité des talents digitaux

Par Chakib ACHOUR | Edition N°:5913 Le 25/12/2020 | Partager

Directeur Marketing Business Strategy, ambassadeur Huawei ICT, Huawei Maroc

Depuis l’avènement et l’accélération de la révolution numérique, le sujet est devenu central à la fois pour les pouvoirs publics, le secteur privé et le monde académique au sens large: comment mieux organiser l’adéquation entre les compétences numériques et l’employabilité? Autrement dit, comment s’assurer que les nouvelles générations acquièrent des savoirs et des compétences digitales qui serviront au mieux la demande d’emploi?

Or, bien que ce sujet crucial sur le plan économique et social soit souvent évoqué, il n’existait pas de données fiables et scientifiques sur lesquelles fonder une stratégie solide qui permettrait d’identifier les paramètres de l’écart afin de le corriger. C’est désormais chose faite avec la sortie hier du livre blanc intitulé «Réduire l’écart entre compétences numériques et marché du travail: pourquoi le Maroc ne peut y échapper».

Avec le soutien du groupe Huawei, l’entreprise technologique en plus forte croissance dans le monde, une dizaine d’experts de haut niveau ont examiné ce sujet essentiel pendant plus de quatre mois. Une enquête géante, basée sur le plus haut niveau d’exigence scientifique pour réduire les biais, a été menée auprès de la majeure partie des protagonistes concernés: décideurs publics et privés, représentants des écoles et universités, étudiants, salariés, recruteurs, spécialistes IT, etc.

Au total, ce ne sont pas moins de 400 heures d’entretien réalisées et près de 800 personnes qui ont été sondées. En parallèle, un benchmarking des meilleures pratiques internationales et un examen des rapports pertinent a été conduit. Enfin, une plateforme inédite a été élaborée sous forme de Matrice des compétences digitales, qui permet de connaître avec précision la distribution de l’offre académique nationale en matière de numérique tant sur le plan des matières que de la géographie.

Résultats stupéfiants

Tout ceci a été confronté aux besoins du marché et aux évolutions rapides du secteur digital afin d’examiner avec précision la position du Maroc. Les résultats de cette approche tridimensionnelle sont tous simplement stupéfiants. Tout d'abord, le déficit de compétences numériques est renforcé et soutenu par une fracture dans les niveaux de sensibilisation entre les parties prenantes. D'une part, +85% des responsables des ressources humaines indiquent que les besoins en matière de profils de talents TIC vont augmenter au cours des cinq prochaines années. D'autre part, 38% des personnes déjà présentes sur le marché du travail et 50% des étudiants expriment un point de vue négatif et pessimiste sur le marché du travail actuel.

En examinant le sujet essentiel de la fuite des cerveaux, l’on observe que +70% des étudiants veulent quitter le Maroc à court/moyen terme, principalement motivés par le manque d'opportunités à court terme, le besoin d'acquérir de nouvelles compétences, le faible niveau des salaires et la lente progression de leur carrière plutôt que par des considérations monétaires.  S'il s'agit d'une tendance internationale, elle n'en reste pas moins une préoccupation nationale et un paradoxe.

En effet, +70% des recruteurs des TIC ont des difficultés à trouver des talents particulièrement expérimentés et des cadres moyens (leaders numériques, professionnels du numérique), et 45% se plaignent du manque de compétences non techniques, tandis que les jeunes générations ne sont pas conscientes de leur déficit en compétences non techniques, ~75% se disant prêts en termes de compétences non techniques et de compétences linguistiques, plus communément appelés «soft skills».

Enfin, en examinant l'éducation et la formation, nous avons découvert que la plupart des compétences acquises par la main-d'œuvre sont acquises par le biais de certifications professionnelles (60%), suivies par l'apprentissage sur le lieu de travail (52%) et l'autoformation (49%). Au-delà de la réforme de l'éducation, les diplômes doivent donc être reconsidérés de manière globale et la transition entre l'école et le travail doit être plus naturelle et flexible.

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«Le déficit de compétences numériques est renforcé et soutenu par une fracture dans les niveaux de sensibilisation entre les parties prenantes. D’une part, +85% des responsables des ressources humaines indiquent que les besoins en matière de profils de talents TIC vont augmenter au cours des cinq prochaines années. D’autre part, 38% des personnes déjà présentes sur le marché du travail et 50% des étudiants expriment un point de vue négatif et pessimiste sur le marché du travail actuel» (Ph. AFP)

La principale conclusion à tirer de cette analyse est que le Maroc peut bénéficier des opportunités émergentes de l'économie numérique, mais qu'il devra améliorer sa proposition de valeur dans le domaine des TIC en s'appuyant sur une offre claire de talents numériques agiles et de bonne qualité à des coûts compétitifs.

Cependant, le taux de rotation croissant et le manque de ressources hautement spécialisées, corrélés à une augmentation des salaires, peuvent avoir un impact négatif sur la compétitivité du Maroc dans le secteur des TIC par rapport à d'autres pays (voisins du Maghreb, Afrique subsaharienne, etc.).

Bien que le perfectionnement et la requalification via la formation professionnelle peuvent être considérés comme un outil principal, le Maroc devra cibler des technologies numériques émergentes plus complexes et des spécialisations de premier ordre dans la chaîne de valeur pour briser le schéma actuel.

                                                                                     

Collaboration

En examinant les résultats de cette étude et en écoutant les principales parties prenantes, nous avons constaté que la stratégie la plus efficace consiste à donner plus de sens et à intégrer ce qui existe déjà, et à le cibler plus efficacement. C’est pourquoi une initiative substantielle en matière de compétences numériques est nécessaire à un niveau stratégique pour amener les principaux acteurs à collaborer avec l’État afin d’améliorer l’offre de compétences digitales. De surcroît, les stratégies en matière de compétences numériques doivent être régulièrement mises à jour pour répondre à l’émergence des nouvelles technologies et à leur impact sur l’économie et la société numérique. Ceci rend les politiques publiques à taille unique – «One size fits all» - incompatibles avec les défis numériques.  La réussite de cette stratégie dépendra essentiellement de la collaboration entre l’État au sens large, les représentants du secteur privé et les institutions universitaires. De fait, la remise à zéro globale imposée par Covid-19 et les travaux en cours sur le nouveau modèle de développement représentent une opportunité historique pour le Maroc de prendre le taureau par les cornes et de s’orienter vers l’économie numérique pour devenir le champion régional du digital.

 

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