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Le Cercle des Experts

L’avenir du Maghreb dans une mondialisation régionalisée(1) (Deuxième Partie )

Par Pr. Driss GUERRAOUI | Edition N°:5904 Le 14/12/2020 | Partager

Ici en conférence pour les étudiants de l’Ecole supérieure de journalisme et de communication (appartenant à L’Economiste). Driss Guerraoui est professeur à l’Université Mohammed V-Agdal de Rabat. Il a été conseiller auprès de trois Premiers ministres, El Youssoufi, Jettou et El Fassi, avant d’être nommé Secrétaire général du CESE,  puis président du Conseil de la concurrence. Le Pr. Guerraoui a publié une dizaine de livres liés à ses recherches universitaires.  Il a constitué à travers l’Université Ouverte de Dakhla, dont il est fondateur et président, un réseau africain et international de chercheurs et d’experts de haut plan sur les questions d’intelligence territoriale et économique (Ph. Fadwa Alnasser)

Le Maghreb est marqué par des réalités paradoxales qui sont le produit des évolutions différenciées que chaque pays a connu depuis son indépendance. Ces paradoxes touchent toutes les dimensions du développement dans les 5 pays de la région.

Tout en prenant en considération que les trois pays du Maghreb que sont l’Algérie, la Tunisie et la Libye sont depuis plus de 20 ans confrontés à des problèmes politiques, économiques, sociaux, sécuritaires et de stabilité aigus, ayant conditionné  leurs performances économiques et sociales et celles attenantes au développement des infrastructures, on relève  que les résultats réalisés à ces trois niveaux par les cinq pays du Maghreb sont très contrastés.

En effet, l’évaluation comparative de ces indicateurs montre que le Maroc semble jouer le rôle d’une véritable locomotive de la zone et jouir d’une place réelle de leadership régional qui rayonne non seulement dans la région, mais aussi au sein de la Grande Zone Afrique-Europe-Monde Arabe.

Cette réalité apparaît à l’échelle de nombreux indicateurs. Ainsi, concernant le taux de croissance du PIB entre 1980 et 2019, le Maroc a vu ce taux se multiplier par 5,46 pour atteindre 118,7 milliards de $US, soit le taux le plus élevé comparativement à l’Algérie et à la Tunisie, avec des taux de progression du PIB respectivement de 4,01 et 4,43 ; le cas de la Mauritanie, dont le taux est de 7,2,  s’expliquant par le niveau très faible du PIB qui avoisinait 1 milliard de $US en 1980.

Concernant l’indice de la compétitivité globale, le classement des pays du Maghreb en 2018 parmi les 138 pays évalués est de 87 pour Algérie, 70 pour le Maroc, 137 pour Mauritanie et 95 pour Tunisie (PNUD, rapport de 2018). Pour le Doing business, le classement parmi les 190 pays en matière de facilité des affaires évalués est de 157 pour l’Algérie, 186 pour la Libye, 60 pour le Maroc, 148 pour Mauritanie et 80 pour Tunisie (Banque Mondiale).

Concernant la gouvernance, mesurée entre autres par le niveau de la corruption, selon les données de Transparency International pour l’année 2018, le classement sur les 180 pays évalués est de 105 pour l’Algérie, 170 pour la Libye, 73 pour le Maroc, 144 pour la Mauritanie et 73 pour la Tunisie.
Au niveau des nouvelles technologies de la communication, le pourcentage d’internautes par rapport au nombre d’habitants est de 42,9% pour Algérie, 20,3% pour la Libye, 58,3% pour le Maroc, 18% pour Mauritanie, et 49,6% pour Tunisie (PNUD, 2018). Sur le plan de la mesure de l’état de la sécurité globale, mesurée par le taux d’homicide pour 100.000 habitants, les taux sont de 1,4 en Algérie, 2,5 en Libye, 1,2 au Maroc, 9,9 en Mauritanie et 3,0 en Tunisie(PNUD, rapport de 2018).

La conséquence de ces performances liées à l’environnement général des affaires est le renforcement de l’attractivité du Maroc comparativement aux autres pays du Maghreb. L’indice le plus expressif à cette échelle réside dans les parts respectives des 5 pays du Maghreb dans le volume des investissements directs étrangers dans la région.

En effet, le volume des IDE dans la région maghrébine révèle que l’évolution entre 2010 et 2019 des entrées en millions de dollars courants est passé pour l’Algérie de 2300,37 à 11381,89, de 1240,63 à 1599,76 pour le Maroc, de 130,53 à – 883,56 pour la Mauritanie, et de 1334,50 à 810,17 pour la Tunisie. Ce volume était de 1784,00 en 2010 pour la Libye, le chiffre de 2018 n’est pas disponible (le site de la Banque Mondiale).

Le même constat peut être relevé en matière d’indicateurs de développement social. En effet, si le taux de chômage des jeunes de 15 à 24 ans en 2017 est évalué à 23,9% en Algérie, 40,0% en Libye, 18,0% au Maroc, 18,6% en Mauritanie et 35,8% en Tunisie, la proportion de la population vivant dans une situation de pauvreté multidimensionnelle est de 51,2% en Algérie, 33,6% en Libye, 78,1% en Mauritanie, 56,8% en Tunisie, et seulement de 1,9% au Maroc (PNUD, rapport de 2018).

Concernant les infrastructures, la valeur de l’indice de la qualité portuaire, qui oscille, selon les standards internationaux, entre 1 pour les pays où cet indice est faiblement développé et 7 pour ceux où il est très développé, le Maroc est classé parmi les pays développés dans ce domaine, avec un indice de 5, au moment où cet indice est de 4,4 pour l’Italie, 5,1 pour la France, 5,2 pour le Portugal et 5,5 pour l’ Espagne ; la moyenne mondiale oscillant entre 4,1 et 5 dans les pays membres de l’OCDE.
Pour les autres pays du Maghreb, cet indice est de 3,4 pour l’Algérie, 3,3 pour la Tunisie, 2,6 pour la Libye et 2,6 pour la Mauritanie.

Le même constat est relevé au niveau de l’Indice de performance logistique de 2018. Cet indice,qui évalue la qualité de l’infrastructure commerciale et des transports, oscille entre 1 pour une qualité faible et 5 pour une qualité élevée.A ce niveau, le Maroc est classé premier parmi les pays du Maghreb avec un indice de 2,43, suivi de l’Algérie avec un indice de 2,42, la Libye avec 2,25, la Mauritanie 2,26 et la Tunisie 2,10.

Concernant les routes, le Maroc est classé en 2019 par Global Economy sur un total de 38 pays Africains parmi les cinq premiers pays africains disposant de routes de qualité. L’Algérie est classée dixième, la Tunisie vingtième et la Mauritanie avant dernière.

Au niveau des aéroports, le classement de 2020 du World Airport Awards de Skytrax qui évalue les meilleurs aéroports dans le monde, a révélé que l’aéroport de Singapour-Changi demeure à la première place pour la huitième année consécutive. Il devance l’aéroport de Tokyo-Haneda qui conserve son deuxième rang et Doha-Hamad International qui gagne une place au classement international.

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«La valeur de l’indice de la qualité portuaire, qui oscille, selon les standards internationaux, entre 1 pour les pays où cet indice est faiblement développé et 7 pour ceux où il est très développé, le Maroc est classé parmi les pays développés dans ce domaine, avec un indice de 5, au moment où cet indice est de 4,4 pour l’Italie, 5,1 pour la France, 5,2 pour le Portugal et 5,5 pour l’ Espagne» (Photo L’Economiste)

En Afrique, le classement est dominé par trois aéroports sud-africains, que sont Cape Town, Durban King Shaka et Johannesburg. Pour le Maghreb, deux aéroports marocains figurent dans le Top 10 africain. Il s’agit de Marrakech classé 5ème et de Casablanca classé 10ème. Aucun autre aéroport des autres pays du Maghreb n’y figure.

Toutefois, et aussi paradoxale que cela puisse paraitre, malgré  toutes ces performances, le classement du Maroc en matière d’indice de développement humain (IDH)demeurent très peu satisfaisant  comparativement à celui de l’Algérie et de la Tunisie.En effet, ce classement établi par les Nations Unies sur la base de la comparaison entre 189 pays est  de 82 pour l’Algérie, 91 pour la Tunisie, 110 pour la Libye, 121 pour le Maroc et 161 pour la Mauritanie (PNUD, Rapport 2019).

Toute proportion gardée, cette contreperformance du Maroc et de la Mauritanie en matière d’indice de développement humain est due principalement aux très mauvais résultats  réalisés par ces deux  pays de la région en matière d’éducation et de santé.

La route de Dakhla

Au niveau des infrastructures toujours, il y a lieu de souligner deux « success-stories » réalisées par le Maroc, la Ligne à Grande Vitesse Tanger-Casablanca et le Port Tanger Med. Ces deux réalisations lui confèrent une avancée dans les domaines du transport maritime et ferroviaire en méditerranée et en Afrique. Et il est fort à parier, qu’avec la construction en cours du Port de Dakhla-Atlantique, les provinces du Sud du Maroc se hisseront en véritable hub international, dont la destination sera la grande zone Afrique-Europe-Atlantique et Asie par le Moyen Orient. C’est alors qu’on parlera de «la Route de Dakhla».

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(1) Le présent texte est un extrait de la  Conférence annuelle prononcée par l’auteur  à l’Académie des Sciences du Portugal le jeudi 26 novembre 2020
(2) Président de l’Université Ouverte de Dakhla

   Mardi 15 décembre
 (Troisième et dernière Partie)
  

 

 

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