×
+ L'ÉDITO
Par Khalid BELYAZID
Le 29/11/2021
Explications

A la moindre blessure, on coupe tout le membre pour éviter la gangrène; c’est la médecine du Moyen...

+ Lire la suite...
Recevoir notre newsletter

Fès-Meknès: Les autorités veulent booster la promotion territoriale

Par Youness SAAD ALAMI | Edition N°:5896 Le 02/12/2020 | Partager
Commerce, artisanat, agri-culture… au cœur de la stratégie de relance
Le CVER mise sur un plan d’actions réaliste et réalisable dès ce mois-ci

Comment booster la promotion territoriale de la région Fès-Meknès? C’est la question à laquelle tente de répondre le Comité de veille économique régional (CVER) qui a multiplié les rencontres avec les différents acteurs (opérateurs économiques, professionnels du tourisme, promoteurs immobiliers, artisans, etc.). Le but étant de peaufiner un plan d’actions réaliste et réalisable. L’ambition est d’acter la relance économique dès ce mois de décembre. Et ce, dans le cadre d’une démarche participative et concertée. Décryptage.

fes-meknes-096.jpg

Le CVER se réunira incessamment. L’assemblée présidée par le wali de la région devrait dévoiler les principales mesures retenues pour acter une relance économique immédiate (Ph. YSA)

■ Terrible diagnostic pour les différents secteurs
A Fès-Meknès, comme partout ailleurs, la pandémie a chamboulé le calendrier des événements de promotion locaux, régionaux, nationaux et internationaux en 2020. L’artisanat est le plus grand perdant dans la région avec l’annulation de tous ses salons au titre de l’année en cours (un salon international, 5 salons nationaux, 3 salons régionaux, 10 salons locaux, et 1 semaine culturelle à l’étranger). A cela s’ajoute la fermeture de 36.000 espaces de production et de commercialisation de l’artisanat. Ce qui a engendré une perte de 100% du CA, soit 35 millions de DH. Coup dur pour le tourisme aussi avec la suppression de la totalité des événements de promotion touristique (FAM Trip à Séville, semaine culturelle en Belgique, tournoi de golf, salons et festivals). Idem pour l’agriculture qui a perdu toutes ses manifestations, principalement le Salon international de l’agriculture de Meknès (SIAM) qui recevait 900.000 visiteurs, 1.400 exposants (65 pays) et profitait à l’activité touristique (12.500 lits occupés), aux GIE et coopératives. L’annulation du think tank de la CCIS de Fès-Meknès est également préjudiciable. La 4e édition du «Fes Meknes Economic Forum» tablait sur la participation de 4.000 personnes venant de 35 pays, et une foire d’exposition. Ni cet évènement, ni la conférence «We Afri Can», ou la rencontre des villes jumelées avec Fès n’ont eu lieu. En médina, l’arrêt complet des activités d’artisanat, commerce et réhabilitation a eu un terrible impact.
 
■ Des propositions spécifiques pour Fès
Dans son analyse, le CVER a émis des propositions et recommandations spécifiques pour Fès. Digitalisation du guichet unique pour les agriculteurs. Mise en place du produit bancaire «Relance» pour les petits artisans, sachant qu’ils ne sont, en majorité, pas inscrits au registre des patentes. Lancer une nouvelle stratégie de développement agricole «Green Génération 2020-2030» reposant sur les RH et la pérennité du développement agricole. Concevoir un crédit à taux zéro pouvant atteindre un montant de 15.000 DH, remboursable sur une période pouvant aller à 3 ans avec un délai de grâce d’un an (à condition de disposer de 4 déclarations après la création de l’activité). Faciliter l’accès au financement aux commerçants à travers les offres «Intelaka» et «Tatwir» et assurer une exonération des droits de bail aux locataires des locaux des Habous consacrés au commerce, aux métiers de l’artisanat, aux services et à l’habitation jusqu’à fin 2020. Assister les coopératives opérant dans la couture pour l’obtention de la certification Imanor pour la fabrication de bavettes et l’exonération des frais de laboratoire. Accélérer les projets structurants, palais des congrès, animation place Boujloud…, assurer l’ouverture des sites historiques et culturels à titre gratuit pour renforcer l’offre touristique et relancer la dynamique.
 
■ 30 mesures pour une relance économique imminente
Pour acter la reprise économique dès ce mois de décembre, le CVER a énuméré 19 mesures à court et moyen terme, et 11 mesures à long terme. «Les principales mesures retenues pour la promotion territoriale émanent d’une démarche participative et concertée avec l’ensemble des acteurs», explique Yassine Tazi, DG du CRI de Fès-Meknès. Parmi elles, des conventions entre les universités, la déconcentration des services, la formation aux nouvelles techniques et outils digitaux, des kiosques pour commercialiser les produits de l’artisanat et de l’innovation au profit de ce secteur en partenariat avec l’USMBA qui dispose de 58 laboratoires. L’objectif est de faire de la région un incubateur africain du design en abritant des entreprises spécialisées et en mettant en place des formations adaptées. Il s’agira aussi de lancer de nouveaux packages touristiques (circuit dans l’arrière-pays, ancienne médina, etc.), ou encore penser à un concept gastronomique autour de la cuisine traditionnelle et l’histoire des villes de la région (s’inspirer de l’expérience péruvienne).
Les participants aux ateliers du CVER proposent de lancer des campagnes de communication digitales pour valoriser les produits culinaires régionaux, notamment à destination des marchés à fort potentiel (exemple de l’huile d’olive pour le marché des USA). Intégrer le design dans les programmes universitaires afin de mieux «designer» et marketer les produits de terroir de la région (miel, huile d’olive…). Enfin, pour faciliter la mobilité entre l’aéroport Fès-Saïss et le centre-ville de Fès, une ligne de transport directe est vivement souhaitée.

Crise et reprise

Un chiffre terrifiant. Ce ne sont pas moins de 79.000 artisans d’art et de production au niveau de la ville de Fès dont l’activité s’est brusquement et totalement arrêtée. Les exportations artisanales ont chuté de 68% pendant les mois d’avril et mai 2020 en comparaison avec la même période en 2019 en raison de l’arrêt d’activité des transitaires et de l’impact de la crise sur la logistique mondiale. Le rapport pointe également la perte sèche accusée par l’artisanat pendant les 3 mois d’arrêt et qui est estimée à 1,675 milliard de DH. Toutefois, dès la reprise des exportations en juin, le secteur a même réussi à dépasser de 134% son CA par rapport à mai 2020, et de 52% par rapport au même mois de l’année précédente.

De notre correspondant permanent, Ali KHARROUBI

La suite est réservée à nos abonnés.

Dèjà abonné ? S'abonner pour lire la suite