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Régions

Casablanca: Seconde vie pour les jardins publics?

Par Aziza EL AFFAS | Edition N°:5820 Le 10/08/2020 | Partager
L’entretien de plusieurs parcs confié à des entreprises spécialisées
Ligue Arabe, place Mohammed V et Rachidi, promenade de la mosquée Hassan II, corniche…
Le jardin «Mohamed Abdou», un bel exemple d’initiative citoyenne

La commune urbaine de Casablanca soustraite l’entretien et la gestion de ses jardins publics. Une bonne nouvelle vu l’état de dégradation avancé des quelques espaces verts que compte encore Casablanca. Une situation qui s’est aggravée durant la période de confinement.

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Situé dans le prolongement du parc Ligue Arabe, le jardin Mohamed Abdou, mitoyen de l’Institut français et du siège de la CGEM, est géré par des fonds privés, récoltés grâce à l’implication des riverains (entreprises et particuliers) (Ph. Fadwa.Alnasser)

Aujourd’hui, c’est la SDL Casa-Environnement (ou Casa-Baia) qui hérite de la gestion de 3 espaces emblématiques de la ville, à savoir: le parc Ligue Arabe/place Mohammed V et place Rachidi (lot 1), la promenade de la mosquée Hassan II /corniche (lot 2) et les espaces verts de l’autoroute jusqu’à l’échangeur Ikea (lot 3).

La SDL vient d’attribuer, suite à des appels d’offres, les marchés d’entretien de ces lots à trois entreprises. Il s’agit d’atelier vert (lot 1), MP Project (lot 2) et EAM Services (lot 3). Le coût de l’entretien du parc Ligue Arabe est de l’ordre de 5 millions de DH environ. Le lot promenade maritime/corniche nécessitera, pour sa part, une enveloppe de plus de 4,8 millions de DH. Alors que les espaces verts de l’autoroute coûteront plus cher (près de 7 millions de DH).

Les prestations concernent l’entretien courant des places et des espaces verts gérés par Casablanca Baia pour le compte de la CUC pendant une durée maximum de 3 ans, reconductible d’année en année. Les entreprises retenues devront assurer les prestations d’entretien et de maintien des sites concernés et de leurs annexes (espaces verts, plantations, réseau d’arrosage, jardins...), en service permanent, et  la propreté des espaces et leur aspect esthétique.

Les adjudicataires devront également assurer la rénovation et le changement nécessaire des plantes dégradées (remplacements des plantes mortes, remise en état des pelouses…). Le nettoyage des allées et des espaces non plantés ne fait pas partie des prestations fournies par ces sociétés. Toutefois, au cours des opérations de nettoyage, les déchets déposés ou éparpillés en dehors des espaces plantés seront évacués et nettoyés.

Les trois entreprises viennent de démarrer leurs activités, il y a à peine quelques jours. Mais la SDL Casa-Baia a clairement un rôle de supervision et de contrôle à jouer, au risque de revenir à la situation de laisser-aller qui a prévalu jusqu’ici. 

Espérons que cela permettra de sauver les espaces verts qui agonisent dont le parc Ligue Arabe (30 hectares). La situation d’autres espaces verts comme le parc de l’hermitage (17 hectares) réhabilité il y a 10 ans, Murdoch (2 Mars)… est tout aussi préoccupante.

Si les parcs relevant de la commune sont en piteux état, d’autres jardins publics gérés par le privé méritent d’être montrés en exemple. C’est le cas d’Anfa-Park aux abords de Casa Finance City à Casa-Anfa. Le parc de 18 hectares (50 hectares après extension) a ouvert ses portes au public en mars dernier. Géré par l’AUDA (filiale de la CDG), l’accès y est gratuit, attirant des foules de promeneurs.

Longtemps laissé à l’abandon, envahi par les herbes folles et les détritus qui jonchaient ses allées, le jardin «Mohamed Abdou» est également un bel exemple d’initiative citoyenne. Situé à l’extrême pointe du Parc de la Ligue Arabe, dont il fait partie, cet espace n’a pourtant pas bénéficié d’un financement de sa réhabilitation dans le cadre des financements débloqués par le plan de développement du Grand Casablanca.

Et c’est grâce à un groupe d’habitants et de sponsors, vivant en bordure du parc, sis au quartier Palmiers, que ce jardin a pu retrouver son éclat et sa fraîcheur. «Cette belle action solidaire et citoyenne a débuté il y a une vingtaine d’années, lorsqu’un groupe d’habitants du quartier, choqués par le triste état de cette parcelle de verdure, animés par le désir de redonner vie au jardin, et refusant toute forme de fatalité, se résolurent à agir», explique Said El Kerdoudi, président de l’Association Espace Mohamed Abdou (AEMA).

L’objectif: en complément des efforts, hélas bien insuffisants, de la commune, remettre en état le jardin, en faire un lieu de vie, en réunissant les moyens de l’aménager et de l’entretenir.

«Pour cela, il a fallu sensibiliser à l’urgence de la tâche, particuliers et entreprises, établis dans le quartier, et pour qui l’état désastreux du jardin constituait une source permanente de désagréments divers: saleté, vagabonds, agressions…», poursuit El Kerdoudi. L’adhésion des riverains a été quasi immédiate. De nombreux aménagements ont été réalisés afin d’améliorer le cadre de vie et de garantir la sécurité de tous.

Les membres de l’association ont un projet qui leur tient à cœur. Celui de construire un ouvrage d’art (une passerelle enjambant la trémie de Zerktouni) pour relier les jardins des 2 rives. D’autant plus que beaucoup d’accidents impliquant des piétons se sont déjà produits sur ce point noir de la circulation. Il serait judicieux d’y penser, notamment dans le cadre du projet de réaménagement du boulevard Zerktouni.

                                                                           

3,6 millions de DH de fonds privés

Grâce à l’implication de plusieurs sponsors (dont la CGEM, Lydec, Total, BMCI…), un budget mensuel de 6.500 DH permet de couvrir largement les frais d’entretien et du personnel du jardin Mohamed Abdou (gardien, maître-chien, jardinier, balayeur…). Chacun des sponsors contribue via une cotisation mensuelle de 500 DH pour les entreprises et 360 DH pour les conseillers de gérance. Pour leur part, les habitants payent l’équivalent de 35 DH par appartement. En tout, près de 3,6 millions de DH ont été investis pour l’entretien de cet espace vert. «Cette démarche solidaire et citoyenne au caractère inédit a eu des répercussions très positives sur le quartier et le bien-être des riverains. Elle a permis d’améliorer la qualité de vie d’un quartier central de la métropole», témoigne le président de l’AEMA. Le jardin Mohamed Abdou est devenu non seulement un motif de fierté pour les résidents, mais aussi l’un des endroits les plus prisés de Casablanca.

Aziza EL AFFAS

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