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Lectures du Ramadan

«L’intrication de Malabar» Episode 8: «Une mystérieuse visite»

Par L'Economiste | Edition N°:5756 Le 07/05/2020 | Partager

Dans l’épisode précédent

Les scientifiques veulent le voir avant qu’il ne se fasse mettre la main dessus par les militaires ou pire par d’autres agences de renseignement étrangères… On est à deux doigts de passer de la science normale à la science extraordinaire. Notre communauté est en ébullition. Il y a un avant et un après «le gars» comme vous dites. Il représente, dans le monde de la connaissance, un événement soudain, qui vient déstructurer notre vision des formes. La moitié de la planète le préfèrera mort plutôt que rangé sous notre drapeau.

- Entre la 40 et la 7e dit-il au taxi driver qui redémarra en trombe.
Harper leva le clapet de son vieux Nokia des années 90. Une pièce de musée, qui avait l’avantage de laisser bien moins de traces que les Smartphones remplis de logiciels espions.
Dire que les gens ont leur moindre rot répertorié dans des serveurs, où l’IA calcule votre temps de digestion sur la base de votre dernière flatulence pour vous envoyer une pub de laxatif – quel monde de merde, se dit-il, en composant un numéro. Une partie de la Russie, reprit-il en ricanant…
- Bernard? Alors?
- On check encore sur les zones qui n’ont pas de reconnaissance faciale active. Loin des centres urbains. On a éliminé toute l’Afrique subsaharienne, les campagnes d’Amérique latine. Sa dernière trace est à Istanbul. Il a failli s’y faire attraper. Il y a eu pas mal de morts dans son service de sécurité, pas moins de douze gaillards.
Un seul est resté vivant, reclus dans les Alpes. Il s’était fait enlever de l’hôpital dès son admission aux urgences turques. Puis s’est fait relâcher un an après. Je suppose qu’il n’avait aucune information valable s’ils l’ont libéré. Il ne sait même pas qui étaient ses geôliers. Russes, Américains ou Chinois… voire Israéliens.
-Va le voir, propose lui de l’argent. Trouve une piste, n’importe quoi pour réduire le champ de recherche.
- Ok je saute dans l’avion à la première heure demain.
- Non vas-y maintenant, on n’a plus qu’un mois.

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Chapitre 5
- J’ai froid, dit Ismaïl
- Il a froid le petit, reprit Ghni.
Il se leva pour aller chercher plus de cartons, cachés sous le faux plafond de la guérite adossée à la grange. Je peux aller taper à la porte du fermier si tu veux petit, rajouta Ghni.
L’éminence sourit. Il n’avait encore jamais vu Ghni être de bonne humeur face à un ado. Celui-ci l’avait ramené à de meilleures dispositions, malgré le coup de poing qu’il lui avait assené et malgré que sa vie d’avant se soit arrêtée à cause d’un ado…
- Ça va! Je ne suis pas non plus complètement demeuré. Je suis un homme, un vrai qui a de l’ambition et qui va réussir, cracha Ismaïl visiblement vexé qu’on le traite comme un enfant.
- Ambition dis-tu Ismaïl, questionna l’éminence, qui reprit: c’est quoi ta définition d’ambition? De savoir écouter tes propres désirs, sans te laisser guider ni par la peur, ni par les injonctions de ton entourage qui te demande de te conformer aux usages? Rester moyen aux yeux de tous pour satisfaire les autres? Ambition sociale ou ambition à employer son passage sur terre pour tirer le meilleur parti de ce que l’on peut apporter à l’humanité?
- Me sentir vivre en étant utile à moi-même, en empruntant le chemin de la compréhension, en musclant mon esprit, et en démontrant à tout le monde qu’un gamin, arabe, marocain, d’un quartier paumé d’Azrou peut aussi se hisser tout en haut dans la salle de commandement de l’humanité
- Tu as raison. Sous couvert d’être raisonnable, en plaçant le curseur de la raison à la hauteur de la petitesse de l’environnement où l’on vit, on fait vite de s’asseoir à la table des grands. Mais là ou je ne suis pas d’accord avec toi c’est quand tu parles du commandement.
Ceux de cette fameuse salle de commandement ont de l’ambition, mais ils ne s’épanouissent pas. Or l’épanouissement est plus important que l’ambition. Boris Cyrulnik, je ne sais pas si tu connais, a dit ceci: La réussite n’est pas toujours une preuve d’épanouissement, elle est souvent même le bénéfice secondaire d’une souffrance cachée. Toi Ismaïl, de quoi as-tu souffert?
- Ok, je suis le nouveau Julien Sorel, revu et corrigé, je suis froid et calculateur et c’est plus que jamais «Le Rouge et le Noir», d’ailleurs entre lui qui a son pull rouge qui lui couvre la moitié du ventre et vous en redingote noire, c’est exactement cela. Je suis fatigué de vous écouter, je veux dormir et oui, je veux rêver à devenir le futur Napoléon de l’histoire des startups américaines, répondit Ismaïl agacé.
- Orchestral Manœuvres in the Dark, Enola Gay, dit l’éminence en souriant. Ses bras se levaient pour taper frénétiquement sur une batterie imaginaire qui visiblement avait démarré au rythme de la guitare électrique. Il susurra dans un anglais parfait qui étonna Ghni aussi:
«Enola Gay, you should have stayed at home yesterday
We got your message on the radio, conditions normal and you’recoming home…» L’éminence s’éloigna dans la pénombre.
Une jeune femme élancée sortie de nulle part et se dirigea vers lui d’un pas sûr. Elle portait un jean, une paire de basket et un blouson en cuir. Une midinette des beaux quartiers des grandes villes! Ismaïl avait du mal à discerner ses traits d’aussi loin. Il y eu un moment d’échanges chaleureux entre eux et ils s’assirent pour discuter.
- C’est qui ce gars-là? lança Ismaïl, étonné.
- Mon ami, répondit Ghni, avec fierté. Mon frère.
- Et elle? C’est sa fille?
- Allez dort le petit! Ajouta-t-il en faisant un clin d’œil.
Ismaïl resta perplexe. Il suivi de loin la scène, jusqu’au retour de l’éminence qui avait entamé une sonate virtuelle, ses bras virevoltaient. Il marchait doucement. Sa procession dura plus de cinq bonnes minutes.
La fille avait disparu comme elle était venue.

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