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Tribune

Un autre monde à «distance sociale»

Par Yasser Monkachi | Edition N°:5751 Le 29/04/2020 | Partager

PDG de Social Impulse + Agence Digital Native et Cabinet Conseil en Communication Digitale), Yasser Monkachi accompagne des organismes de renom, des institutions et des entreprises dans leur communication et transformation digitales (Ph. YM)  

La distanciation sociale est l’un des termes à la mode de cette crise sanitaire dont le confinement va se prolonger. Ce qui n’est pas que mauvais. Bien au contraire, plusieurs bienfaits de cette crise se font d’ores et déjà ressentir: une nature qui respire, des humains plus «humains» et des files d’attente bien respectées.

Qui aurait cru, qu’au Maroc, dont les citoyens avaient cette fâcheuse habitude de faire la queue à l’horizontale, de les voir bien alignés avec SVP un mètre de distance les uns des autres?! Franchement, si on continue à gagner des points de civisme et d’écologie, je propose de rester confinés pendant une longue période. Au-delà du coronavirus, la distanciation sociale est une lame de fond qui risque de durer dans le temps.

Toujours utile de rappeler que le terme ne date pas d’aujourd’hui. Né des pandémies de lèpres, de grippe noire/espagnole et que sais-je encore, la mise en quarantaine et la distanciation prennent désormais une signification plus large s’étendant sur un style de vie face au malsain et à l’incertain. C’est une attitude nécessaire aujourd’hui, et encore plus demain, pour affronter, non seulement les pandémies potentielles, mais aussi l’ambiguïté et l’incertitude croissantes de notre environnement économique et écologique.

Le numérique, un outil  distanciateur?

Si prendre ses distances a été pendant une longue période réservé aux sages, le «Social Distancing» tombe aujourd’hui dans le domaine public. Un moment historique pour une humanité menacée par les innombrables maux de notre ère pas si joyeuse: démographie croissante, menace écologique, nucléaire, effondrement économique,…

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Si le confinement et la crise sanitaire constituent des lueurs d’espoir, si l’élan de solidarité et le coup de fouet donné à la transformation digitale sont encourageants, il ne faut surtout pas crier victoire ni se réjouir précipitamment des bienfaits et des impacts positifs de cette crise sans précédent car le revers de la médaille peut être cuisant (Ph. Alnasser)

Force est de constater que le Social Distancing est là pour nous sauver mais de qui? De nous-même, de notre prochain! Nous sommes désormais condamnés à la distance, au confinement et à la frugalité. Il est là pour nous aider à gagner en simplicité, en résilience et en capacité à affronter notre futur et à transmettre à nos enfants et aux générations montantes des savoirs nouveaux dont il fait partie.

Il est là pour nous rappeler nos limites et pour nous rappeler à l’ordre et au respect de l’autre. J’ai découvert, disait Pascal, que tout le malheur des hommes vient d’une seule chose, qui est de ne savoir pas demeurer en repos dans une chambre. En effet, rester confiné dans sa maison peut résoudre beaucoup de problèmes non seulement sanitaires mais aussi et surtout d’ordre écologique.

Le numérique est un élément central de la crise sanitaire actuelle. Pour l’histoire, le Covid-19 aura aussi incarné un accélérateur de transformation digitale.
Cette question, qui a buzzé sur les réseaux sociaux ces derniers temps, ressuscite le débat sur le rôle du numérique dans le développement durable de nos sociétés hypermodernes. Entre les spéculations sur la relation de la 5G et le virus, les inconvénients d’une hyperconnectivité en période de confinement et les avantages que représente le numérique pour favoriser la distanciation, l’optimisation et la rationalisation, le débat est ouvert.

La distanciation sociale devrait donc s’étendre aussi dans le numérique, sur les réseaux sociaux précisément. Le même respect ressenti dans les espaces publics et cette propension à la néguentropie (anti-entropie) devraient aussi sévir dans le numérique avec un apaisement des relations, une baisse de négativisme et une tendance à l’organisation et à la retenue.

Pour le moment, le fact checking volontaire est en train de prospérer, ce qui est encourageant à la fin. Oui, un monde parallèle organisé et positif est possible, il suffit d’y croire et de se donner les moyens pour y arriver. Ce qui revient en fin de compte à une sorte de Social Media Distancing où l’on prend aussi ses distances ainsi qu’un recul nécessaire face au numérique, en particulier les réseaux sociaux avec leur lot de rumeurs et leur médiocrité ambiante.

En effet, les dangers du confinement et les méfaits de l’isolement viennent d’être pointés du doigt: violences conjugales, dépression, baisse de productivité, procrastination,… l’heure n’est pas au bilan certes, mais toujours faut-il se méfier des conclusions hâtives. Ceci étant dit, soyons vigilants et surtout, gardons nos distances!

                                                                              

Gaspillage révolu?

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A quoi sert d’aller travailler, de se prendre la tête dans les embouteillages, polluer, klaxonner, s’énerver, insulter les autres conducteurs alors que l’on peut télétravailler tout simplement? (Ph. L’Economiste)

A quoi rime d’avoir plusieurs voitures et de les utiliser avec acharnement, de prendre tout le temps l’avion, de jeter 70% de ce que l’on achète à la poubelle, d’acquérir ce dont on a pas besoin avec de l’argent que l’on n’a pas…?

L’ère du gaspillage et du laisser-aller est révolu! Place à l’optimisation, à la réduction des coûts, des déplacements et des émissions de CO2. Laissons la planète respirer et gardons nos distances avec nos semblables et avec les autres espèces qu’elles soient animales ou végétales.La pression mise sur l’environnement est insoutenable! Non seulement un tel système n’est pas durable mais il s’avère dangereux à plus d’un titre.

La distanciation sociale joue un rôle prépondérant dans la baisse de pression du fait qu’elle implique moins de contact, moins d’attroupements et plus d’efficience dans les rapports, la consommation et la gestion qu’elle soit domestique ou public. Désormais, vivre avec le minimum, le local, l’essentiel est le style de vie que chacun devrait adopter.

On le sait depuis longtemps, ce n’est pas évident de changer de mode de vie du jour au lendemain mais l’onde de choc induite par le coronavirus est tellement forte qu’elle risque de constituer un point de non-retour.

 

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