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L’après-Brexit Un long chemin semé d'embûches

Par L'Economiste | Edition N°:5706 Le 26/02/2020 | Partager
L'UE et Londres démarrent leurs négociations
Aides d'Etat, environnement, droit du travail, fiscalité…

L'UE et Londres ont donné, hier mardi, le coup d'envoi des négociations sur leur future relation commerciale post-Brexit, qui doivent démarrer la semaine prochaine.

Moins d'un mois après le départ des Britanniques de l'Union, les ministres des 27 pays de l'UE à Bruxelles et le gouvernement de Boris Johnson à Londres ont, chacun de leur côté, approuvé le mandat de négociation.

La première rencontre formelle entre l'UE et le Royaume-Uni est attendue lundi. Ils ont ensuite dix mois pour s'entendre sur un nouveau traité, un délai relativement court étant donné la complexité de la tâche. Pendant toute cette période de transition qui prendra fin le 31 décembre, le Royaume-Uni continuera d'appliquer les règles européennes. A Bruxelles, les ministres des Affaires européennes ont insisté sur l'ampleur du travail à accomplir.

«C'est un traité très compliqué. Ce sera une tâche très difficile, une longue route nous attend», a prévenu le Néerlandais Stef Blok. «Nous cherchons un accord qui protège les intérêts des Européens, nous devons chercher un bon accord avant de céder à la pression du calendrier», a insisté son homologue française, Amélie de Montchalin.

Les Européens sont ouverts à un large partenariat, comprenant un accord commercial sans quotas ni droits de douane. Mais ils ont durci le ton (sous la pression de la France) sur les contreparties réclamées. Craignant plus que tout la concurrence déloyale du Royaume-Uni, ils exigent qu'il continue de respecter certaines règles de l'UE sur le long terme, en particulier en matière d'aides d'Etat, d'environnement, de droit du travail et de fiscalité.

Cette exigence, inédite dans un accord de libre-échange, s'explique par la proximité géographique et la forte intégration économique de Londres avec le continent qui est le premier marché des Britanniques. Elle a été balayée la semaine passée par le négociateur britannique sur le Brexit, David Frost.

Lundi, le porte-parole du Premier ministre britannique Boris Johnson a affirmé que les ports d'Irlande du Nord (donc territoire du Royaume-Uni) n'étaient pas prêts à effectuer des contrôles sur les marchandises en provenance de Grande-Bretagne. Or cette exigence est inscrite dans l'accord de retrait.

Les sujets de friction ne manquent pas

Outre les conditions de concurrence, les sujets de friction entre Londres et Bruxelles ne manquent pas, comme la future place des services financiers britanniques dans l'UE ou encore la question ultra-sensible de la pêche. Pour huit Etats membres, dont la France ou le Danemark, la poursuite de l'accès aux eaux territoriales britanniques est vital pour leurs pêcheurs. Le mandat de négociation de l'UE souligne que l'accord devra «maintenir des conditions d'accès réciproques». Une position qui pourrait se heurter à celle de Londres: «Le Royaume-Uni deviendra un Etat côtier indépendant à la fin de 2020 et tout accord doit refléter cette réalité», précise une déclaration publiée début février. Londres entend négocier chaque année avec l'UE l'accès à ses eaux, comme le font aujourd'hui la Norvège, l'Islande et les îles Féroé, et envisage «un mécanisme de coopération».

F. Z. T. avec agences

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