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Cuir: Les professionnels s’attaquent enfin à l’amont

Par Jean Modeste KOUAME | Edition N°:5705 Le 25/02/2020 | Partager
Trois projets structurants pour redynamiser le secteur
La filière peine à se mettre à niveau

Traiter les dysfonctionnements de l’amont de la filière tannerie est l’un des principaux challenges du secteur du cuir. Pour la Fédération marocaine des industries du cuir (Fedic), la maîtrise de l’amont va améliorer la qualité des produits et augmenter la production d’environ 20%.

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 Globalement, le secteur du cuir représente 1,4 milliard de DH de valeur ajoutée. Le marché local est aux alentours de 5,8 milliards de DH de chiffre d’affaires. A l’export, il s’élève à 4,2 milliards de DH. Le secteur emploie entre 30.000 et 35.000 personnes

Après avoir identifié les sources des défauts des peaux brutes, tanneurs, teinturiers, maroquineries… parient sur la mise en service de zones industrielles dédiées pour structurer davantage le secteur et le dynamiser. «Trois grandes zones sont prévues dans un horizon assez proche: Casa City Shoes, le parc industriel d’Aïn Cheggag (Fès) et la Bourse du cuir à Agadir», explique Hamid Ben Rhrido, président de la Fedic. Pour l’heure, la filière peine à se mettre à niveau. Il faudra attendre encore deux ans pour que soit opérationnel le parc industriel de Fès, pourtant très stratégique.

«Toutes les études architecturales ont été réalisées. Prochaine étape, l’aménagement. Il faudra compter une année, voire deux ans au plus tard», annonce Hicham Azmi, directeur des écosystèmes du cuir à la Fidec. Si l’on s’en tient à cette annonce, il aura fallu attendre plus d’une dizaine d’années depuis le lancement de ce projet structurant jusqu’à sa concrétisation (voir aussi L’Economiste n°3238 du 23 mars 2010).

Des effets structurants sur la compétitivité

C’est à Sidi Bernoussi que Casa City Shoes, la zone de 10 hectares dédiée aux transformateurs de cuir, qu’une cinquantaine de projets, spécialisés dans la maroquinerie & vêtements en cuir et la chaussure vont se développer. Plus de 5.000 emplois sont annoncés. Autre projet-clé pour l’ensemble de la chaîne de valeur: le parc industriel d’Aïn Cheggag. Ce site s’étendra sur 50 hectares.

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Le secteur du cuir se compose de trois écosystèmes: la chaussure, la maroquinerie et vêtements ainsi que la tannerie et mégisserie

A ce jour, 76 projets dédiés sont déposés par les promoteurs et investisseurs. La Fédération table sur 2.500 emplois à créer. La région du Souss Massa accueillera la Bourse du cuir. «L’enjeu est de rendre transparents les échanges entre vendeurs de peaux brutes et tanneurs», explique Azmi. Seuls 4 projets sont déposés dans la zone. A terme, plus de 2.000 emplois devraient être créés. La concrétisation de ces projets aura un effet structurant sur la compétitivité de l’ensemble de la chaîne de valeur.

Une étude menée par un cabinet externe a identifié des facteurs affectant la qualité des peaux ainsi que le tannage. A commencer par le varron, une maladie affectant les bovins et laissant des traces sur les peaux. Un problème qui pourrait être évité grâce à la vaccination des animaux. Au chapitre des maladies responsables de la détérioration de la qualité des peaux, l’étude cite également la gale.

S’y ajoute l’abattage, qui augmente le risque de détérioration des peaux lorsqu’il est réalisé par des non-professionnels. A titre d’exemple, des millions de peaux sont encore perdues lors de Aïd Al Adha, malgré les mesures prises pour l’abattage. En gros, l’organisation de la filière des peaux brutes passe par la réglementation du statut de collecteur/acheteur.

Autre problème dont souffre le secteur: la porosité des frontières aux produits importés. «Le problème qui se pose aujourd’hui pour le secteur est qu’il n’est pas assez protégé des importations. Pour 2020, nous allons déployer des efforts pour établir les normes afin de protéger davantage le consommateur», confie Azzedine Jettou, président du conseil d’administration du Centre marocain des techniques du cuir (CMTC).

Ce que vaut chaque écosystème

Avec un marché local avoisinant les 3,6 milliards de DH, l’écosystème de la chaussure se classe au 23e rang mondial des exportateurs, avec des débouchés dans des marchés très exigeants tels que les Etats-Unis, le Royaume-Unis, le Japon, le Cameroun, la Côte d’Ivoire... La maroquinerie se classe au 53e rang mondial en termes de volumes exportés. Les principaux débouchés sont les Emirats arabes unis, l’Arabie saoudite et les Etats-Unis. Le marché local de la maroquinerie et vêtements en cuir avoisine les 2,3 milliards de DH. Malgré un savoir-faire ancestral très prisé en Italie, Hong Kong, France, Japon, Allemagne…, l’industrie de la tannerie et mégisserie est reléguée à la 34e place mondiale. Le marché local de la tannerie atteint 1,8 milliard de DH.

Modeste KOUAME

 

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