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    Analyse

    La R&D dans l’automobile: Jusqu’où va le Morocco Technical Center

    Par Amin RBOUB | Edition N°:5695 Le 11/02/2020 | Partager
    Bientôt 1.100 ingénieurs opérationnels
    Plus de 3.500 sous-traitants basés au Maroc
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    Christian Chapelle, senior vice-président Opérations chez PSA: «Tout constructeur qui démarre l’industrie automobile dans un nouveau pays préfère en principe commencer par des choses simples». Au Maroc, le modèle PSA est certes frugal, mais il est complètement différent (Ph. PSA)

    Un centre régional de pilotage et de R&D à Casablanca! Personne n’y croyait il y a quelques années. Aujourd’hui, le Morocco Technical Center (MTC de Casanearshore) est non seulement une réalité, mais il fait la fierté de PSA à l’échelle du continent africain et de la zone Moyen-Orient.  Le MTC est déjà opérationnel depuis deux ans et demi.

    A terme, ce centre high-tech devra accueillir 1.100 ingénieurs et techniciens avec plus de 3.500 sous-traitants basés au Maroc. Aujourd’hui, ils sont 800 jeunes à y travailler à plein temps. L’enjeu étant de superviser et piloter l’ensemble des opérations de la division MEA à partir du site de Casanearshore afin de pouvoir implémenter les marques du groupe et doubler les ventes sur l’ensemble de la région et ce, dès 2021.

    «La R&D est un élément fondamental et stratégique pour un constructeur automobile. Car avant de vendre des voitures, il va falloir les concevoir, les designer, les ingénierer et les produire pour pouvoir les commercialiser», explique Christian Chapelle. D’où le centre R&D au Maroc pour compléter le dispositif global, mondial avec l’usine de Kénitra Atlantic Free Zone et l’écosystème tout autour. Nous avons des centres de R&D en Europe, en Chine... Il fallait absolument compléter le puzzle et monter un centre dans la zone Afrique-Moyen-Orient. Finalement, nous avons opté pour le parc Casanearshore au Maroc», poursuit le dirigeant.

    Pour l’Etat marocain, désormais «l’un des objectifs prioritaires consiste à attirer des IDE en R&D et en innovation afin d’accompagner la transformation technologique de l’industrie automobile, notamment la digitalisation des véhicules, la technologie embarquée ou encore l’usage de l’impression 3D pour produire des pièces et des composants de plus en plus complexes», précise une étude de la DEPF, sur les nouveaux «gisements de croissance dans l’industrie automobile», publiée en janvier 2020.

    Le Maroc, poursuit l’étude, «gagnerait à mettre à profit ses plateformes dédiées à l’innovation et à la R&D afin d’attirer d’autres équipementiers internationaux qui sont plus avancés en termes d’investissements en R&D, à l’instar de Volkswagen, Toyota, General Motors, Ford et Daimler qui figurent dans le Top 20 mondial des investisseurs R&D».

    D’après le dernier rapport de la DEPF sur l’industrie automobile, «le Maroc dispose d’ores et déjà d’un positionnement high-tech très prometteur au niveau de Casablanca, qui occupe le 12e rang mondial en termes d’IDE automobiles».  Tout le défi est de capitaliser sur l’innovation et investir dans le capital humain pour saisir une nouvelle génération d’opportunités ou encore anticiper aussi bien les nouveaux et futurs  besoins du marché mondial, notamment en termes de mobilité partagée, de digitalisation, d’autonomisation de véhicules, d’électrification de motorisations, de véhicules moins polluants... La tendance mondiale va vers l’émergence de nouvelles formes de mobilité avec des véhicules qui privilégient le mode partagé, les voitures électriques ou encore les concepts autonomes. Ce qui devrait, et c’est déjà le cas, modifier la demande pour les véhicules personnels au niveau des marchés développés.

    En effet, pour anticiper la nouvelle demande, les opérateurs et industriels n’ont d’autres choix qu’à engager des investissements colossaux en matière d’innovation et de technologie avancée. La logique est donc à la consolidation et aux opérations de fusions-acquisitions ou encore les joint-ventures pour atteindre la taille critique, monter en valeur et réaliser des économies d’échelle.

    Désormais, dans l’automobile, «s’engager dans les métiers de demain serait la condition sine qua non à la survie de l’industrie locale face au resserrement prévu des marges bénéficiaires des opérateurs et à la préservation de ses avantages compétitifs par rapport à la concurrence», selon la DEPF.  C’est dans ce contexte précis que le  MTC de PSA a développé d’importants programmes de coopération et de partenariat avec des universités et grandes écoles marocaines d’ingénieurs.

    L’objectif étant de  «tuner» des cursus de formation d’ingénieurs et des spécialisations sur mesure pour l’industrie automobile. «Tout constructeur qui démarre l’industrie automobile dans un nouveau pays préfère en principe commencer au début par des choses simples (dessins, graphisme, solutions basiques...) Après quelques années, l’on passe à des tâches de plus en plus complexes».

    Au Maroc, le modèle PSA est complètement différent. Le MTC a un bureau de style. Il a recruté quelques jeunes stylistes, des designers (design style) avec des moteurs grandeur nature dans des studios 3D pour analyser les reflets de carrosserie, la peinture, les courbes... Il y a aussi des ingénieurs qui font partie d’une entité spécialisée dans la recherche (Advance Engineering) ou encore tous les métiers du «Véhicule Body (caisse)» qui travaillent sur les carrosseries, les sièges, les postes de conduite, le restylage... Le MTC comprend également des équipes dédiées à la partie Powertrain et châssis.

    Le centre compte aussi des ingénieurs rodés qui font les études de synthèse de véhicules avec des compétences en qualité et style perçus, les homologations par pays/marché, les prestations, le positionnement prix... Il s’agit de profils pointus qui travaillent pour l’ensemble des pays de la région.

    Et puis il y a un groupe de conduite pour former aux métiers de patrons de projets (prestations, style, qualité perçue, coûts, délais, compétences en acoustique et linguistique...) Le MTC de Casablanca intègre également une importante équipe spécialisée dans l’électricité/électronique en charge de l’architecture électronique (la partie airbags, calculateurs, connecteurs, GPS, tableaux de bord, ergonomie...) pour développer des véhicules bourrés d’électronique. L’objectif du management est de monter dans les recrutements à 1.100 ingénieurs...

    Profils high-tech

    Le capital humain est la matière première de toute industrie compétitive. Sur ce registre, le Maroc a encore des gisements d’amélioration pour répondre aux besoins de l’industrie locale. «Il faut surtout des profils de niveau bac+2 et bac+3, l’équivalent d’un BTS et un DUT en France. Ce sont ceux-là les profils rares.», explique Chapelle, senior VP Opérations Afrique-Moyen-Orient. «Le Maroc a surtout besoin de profils aux standards internationaux qui répondent aux exigences d’investisseurs étrangers plutôt qu’à la recherche de ressources spécifiques et pointues afin de renforcer leurs capacités d’appropriation des technologies et monter rapidement en compétences», déduit une étude récente de la DEPF.

    A.R.

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