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    L’ANAM se dote d’un nouveau plan stratégique

    Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:5675 Le 14/01/2020 | Partager
    Il couvre la période 2020-2024
    Objectif: la couverture santé universelle à l’horizon 2030
    Nécessité de renforcer la mission de régulation de l’Agence

    Après le scandale de son ancien patron, l’Agence nationale de l’assurance maladie (ANAM) reprend l’initiative. Son nouveau DG, Khalid Lahlou, a présenté hier son nouveau plan stratégique pour la période 2020-2024 à tous les acteurs de la couverture médicale de base lors d’une journée d’études.

    Il n’a pas omis d’associer ses partenaires comme notamment l’ambassadrice, chef de la délégation de l’Union européenne Claudia Wiedey  et le patron de l’AFD au Maroc Mihoub Mezouaghi. L’idée est de «discuter ses axes et de l’enrichir pour en tirer des recommandations communes, pour la construction d’une feuille de route partenariale engagée», comme l’a souligné le ministre de la Santé, Khalid Ait Taleb, à l’occasion de l’ouverture de cette manifestation.

    Pour lui, ce plan s’inscrit dans la cadre des orientations royales visant à moderniser et à étendre la couverture médicale de base. L’objectif est d’atteindre la couverture santé universelle à l’horizon 2030. Ce projet est conçu comme un levier central de la protection sociale et une composante majeure de toutes les politiques sociales, avec un aspect du progrès sociétal au Maroc.

    Derrière ces annonces, se profile la volonté de préciser et de renforcer le rôle de l’ANAM en tant que haute autorité de régulation, de contrôle et d’encadrement du système de couverture de la santé au Maroc. C’est un acteur principal appelé à assurer la bonne gouvernance du secteur et son adéquation aux préoccupations et aux besoins actuels et futurs, a assuré le patron de l’ANAM. Il faut reconnaître que l’Agence s’est, entre temps, éloignée de sa mission de base.

    Aujourd’hui, le défi est d’arriver à la repositionner dans ce domaine. Ce n’est pas une mince affaire puisqu’il s’agit de réformer la loi. En outre, il faudra la soustraire à la gestion du Ramed, qui a été initialement le joyau de la politique de protection sociale. Mais, au fil du temps, il s’est finalement perdu dans les labyrinthes de la bureaucratie et des problèmes de financement.

    Selon ses promoteurs, ce plan stratégique a été concocté par la nouvelle direction de l’Agence, qui a cherché à impliquer l’ensemble de ses cadres, avec une ouverture sur les expériences internationales en la matière. Sa préparation aura duré plus d’une année. Elle a pris en considération l’engagement gouvernemental d’atteindre 90% de taux de couverture d’ici 2025. Et les responsabilités de l’Agence en matière de développement de mécanismes de suivi et de vigilance, d’appui technique et de mise en place de moyens fluides, simplifiés et sécurisés d’échange des données avec les parties prenantes, a noté le ministre.

    En tout cas, le plan s’articule autour de quatre piliers incontournables. D’abord, il s’agit d’assurer l’accompagnement de l’Etat dans l’extension de la couverture médicale de base (CMB). Outre le renforcement de la mission de régulation confiée par la loi à l’ANAM, elle est appelée à améliorer la gestion du Ramed et à accompagner sa réforme. Dernier pilier, la réalisation des études stratégiques pour aider à la décision en matière de régulation.

    Avec Khalid Lahlou, l’Agence s’est  dotée d’une vision orientée vers un défi majeur. Il le résume ainsi: «Régulateur transparent et efficace de la CMB, elle œuvre pour préserver les acquis et combler les attentes immédiates des assurés, celles des professionnels de santé et des organismes gestionnaires. Elle inscrit son action future dans une vision universaliste pour l’atteinte de la couverture santé universelle à l’horizon 2030». Pour cela, il a fixé trois objectifs de taille.

    D’abord, il est impératif de  permettre à chacun de bénéficier d’un panier de soins de qualité, dans des conditions d’accès et de prise en charge financière optimisées. Ensuite, il faut «déployer les solutions et les mécanismes de maîtrise de l’évolution de la dépense, orientée sur le soin juste, au juste coût».

    Enfin, dernier objectif: contribuer à installer, en bonne intelligence avec ses partenaires, dans le champs de ses responsabilités, les conditions de réussite de la couverture santé universelle, sur le plan des moyens humains, des outils et du système d’information».

    Tout ce dispositif devra s’appuyer sur des leviers essentiels comme la mise en place d’un «système d’information efficace, ouvert et évolutif» et le «développement de l’efficience, avec l’introduction de nouvelles modalités d’organisation et de management».

    Il s’agit aussi de renforcer la communication et la mettre au service de la régulation, du contrôle et de l’encadrement des activités dans le secteur. Dernier levier, l’activation d’un système de suivi et d’évaluation pour s’assurer que les objectifs énoncés soient atteints.

    Par ailleurs, le ministre a rappelé que la protection sociale n’a cessé de se développer depuis la mise en œuvre de l’AMO, la généralisation du Ramed et l’adoption de la loi relative à la couverture médicale des travailleurs non-salariés. Ce qui a permis d’atteindre aujourd’hui un taux de couverture de la population de l’ordre de 68%, a noté le ministre.

    Indicateurs clés de l’assurance maladie

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    Population couverte: 68,8% (données AMO 2018 et Ramed fin 2019)

    Part des ménages dans les dépenses de la santé: 50,3% (Ministère de la Santé)

    ■ 93% des dépenses de l’AMO sont destinées au secteur privé (données 2018)

    ■ 31,5% des dépenses AMO concernent le médicament (données 2018)

    ■ Entre 2013 et 2018, les dépenses de l’AMO ont évolué de 10,5% alors que les recettes n’ont progressé que de 7,5%

    Réactivité

    Le ministre est catégorique: «Il est important d’améliorer la gouvernance du système de la couverture médicale de base et de renforcer le dispositif de régulation. Un système aussi vaste, complexe et dynamique nécessite une forte coordination entre ses acteurs et de courts délais de réaction aux dysfonctionnements». C’est pourquoi  il faut clarifier les relations entre les acteurs, mettre fin aux incompatibilités et renforcer le dispositif de régulation. Il tient au renouvellement des conventions nationales, des protocoles thérapeutiques, de la promotion du générique, de la normalisation, de la mise en place d’un suivi médical coordonné, du contrôle…

    Mohamed CHAOUI

     

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