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Tensions géopolitiques: Le Maroc est-il à l’abri?

Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5672 Le 09/01/2020 | Partager
La conjoncture dépendra de l’évolution de la situation
Réformes politiques, tourisme… soutiennent l’économie marocaine
Les premières projections de la Banque mondiale

La Banque mondiale (BM) publie ses nouvelles perspectives économiques (1) à l’heure où les tensions géopolitiques sont au summum. Depuis le début de l’année, les événements se succèdent: tirs de missiles iraniens contre des bases en Irak utilisées par les Américains, assassinat du général iranien Qassem Soleimani par une attaque de drone américain en Irak, annonce du déploiement des troupes turques en Libye, crash d’un Boeing ukrainien en Iran ayant fait plusieurs morts, guerre commerciale entre Pékin et Washington…

Pour les économistes de la BM, les perspectives dépendent de l’atténuation des conflits armés et de la maîtrise de leurs retombées régionales. La croissance dans la région s’est ralentie pour atteindre, selon les estimations, 0,1% en 2019. Ceci en grande partie à cause de la forte décélération observée en Iran (à la suite du durcissement des sanctions américaines), des tensions géopolitiques dans le détroit d’Ormuz et des revers diplomatiques.

La croissance a été plus stable dans les pays importateurs de pétrole. Le tourisme continue de soutenir l’économie au Maroc ou encore en Tunisie. La production agricole a toutefois pesé sur l’activité au Royaume (de 2,7% en 2019, le taux de croissance devrait évoluer à 3,5% en 2020 puis à 3,6% en 2021. Il atteindrait 3,8% en 2022). Un pronostic proche de celui des institutions nationales (HCP…).

Ces résultats macroéconomiques restent solides en comparaison avec d’autres pays voisins comme la Tunisie ou encore l’Algérie (voir tableau). Toutefois, l’Egypte pourrait atteindre 6%  les trois années à venir. Ses exportations nettes et l’investissement ont continué de soutenir la croissance, en partie grâce à une orientation plus accommodante de la politique monétaire.

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Les réformes politiques et la résilience du tourisme devraient stimuler la reprise de la croissance du Maroc et de la Tunisie, où elle devrait atteindre 3,5 et 2,2 %, respectivement, en 2020. Dans les petits pays importateurs de pétrole, la fragilité du secteur bancaire et le fort endettement public entravent fortement la croissance

En 2020, la croissance régionale devrait s’accélérer pour atteindre 2,4%. Et ce, en grande partie sous l’effet de la hausse des investissements, favorisée par les projets d’infrastructure du secteur public et l’amélioration du climat des affaires.

L’économie iranienne devrait se stabiliser, en supposant que l’impact des sanctions s’atténue quelque peu. Malgré l’accélération prévue de la croissance, des problèmes perdurent, notamment les forts taux de chômage chez les jeunes et les femmes et les taux de pauvreté élevés dans certains pays.

Dans les pays exportateurs de pétrole, la croissance devrait s’accélérer pour atteindre 2%. Les investissements dans les infrastructures et les réformes du climat des affaires stimulent la croissance dans les économies du Conseil de coopération du Golfe (où elle devrait atteindre 2,2%).

La croissance de l’Algérie devrait atteindre 1,9% à mesure que l’incertitude politique s’atténue et que l’investissement redémarre. Les investissements associés à la reconstruction et à l’assouplissement budgétaire devraient soutenir la croissance de l’Irak. L’expansion des installations pétrolières et gazières devrait également soutenir l’activité de nombreux pays exportateurs de pétrole.

La croissance des économies importatrices de pétrole devrait atteindre 4,4%. Les réformes politiques et la résilience du tourisme devraient stimuler la reprise de la croissance du Maroc et de la Tunisie. Dans les petits pays importateurs de pétrole, la fragilité du secteur bancaire et le fort endettement public entravent fortement la croissance. Le Maroc est cité parmi les pays où les réformes ont été mises en œuvre sans déclencher d’agitation sociale.

                                                                               

Volatilité des prix du pétrole

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De l’avis des experts de la Banque  mondiale, l’incertitude quant au rythme des réformes assombrit également les perspectives de croissance de la région Mena, en particulier dans les économies hors CCG. En outre, une forte augmentation de la volatilité des prix du pétrole pourrait compliquer ou retarder les rééquilibrages budgétaires dans les pays exportateurs ou importateurs de pétrole.

Elle pourrait retarder les programmes d’investissement dans le premier cas et entraver les réformes des subventions dans le second en augmentant l’incertitude associée aux futures sources de revenus et de recettes.

Hier dans la matinée, les prix du pétrole étaient en légère hausse en cours d’échanges européens, après une brusque mais brève poussée dans la nuit en réponse aux attaques menées par l’Iran. Le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en mars valait 68,73 dollars à Londres, en hausse de 0,67% par rapport à la clôture de mardi. A New York, le baril américain de WTI pour février gagnait 0,35% à 62,91 dollars.

La situation explosive au Moyen-Orient n’a pas perturbé l’offre d’or noir pour l’instant, mais les opérateurs des marchés gardent les yeux rivés sur l’Irak et le détroit d’Ormuz, stratégiques pour l’approvisionnement mondial en pétrole. De leur côté, les Bourses mondiales étaient sur le qui-vive.

La plupart des places européennes perdaient du terrain, sans toutefois céder à la panique. La croissance mondiale devrait redémarrer légèrement à 2,5% en 2020 sur fond de progression de l’endettement et de ralentissement de la croissance de la productivité.

Fatim-Zahra TOHRY

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(1) Rapport «Global Economic Prospects, Slow Growth, Policy Challenges, January 2020».

 

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