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    Recrutement: La moitié des entreprises veulent renforcer les fonctions supports

    Par Tilila EL GHOUARI | Edition N°:5656 Le 17/12/2019 | Partager
    Juristes, marketeurs, financiers... les profils les plus convoités
    Les recruteurs recherchent, avant tout, des soft skills
    84% des employeurs souhaitent renforcer l’autorité de leurs cadres
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    Les multinationales estiment que la communication (57%), l’envie d’expérimenter (54%) et l’imagination (50%) sont des qualités déterminantes pour la conduite de leurs projets de développement. Les entreprises marocaines, pour leur part, considèrent que l’adaptabilité (70%) et la diplomatie (50%) sont les compétences clés que doivent avoir leurs cadres. En revanche, elles s’accordent à dire que le leadership, la conduite du changement et l’orientation client sont des atouts majeurs

    Pour les 3 à 5 ans à venir, les entreprises affichent des ambitions de recrutement élevées, afin d’accompagner leur stratégie de développement. Plus de la moitié prévoit d’accélérer son rythme d’embauche (voir L’’Economiste N° 5651 du 10 décembre 2019) et 40% envisagent de maintenir la même cadence selon l’étude de Think(1) «Croissance: les talents en jeu», produite et publiée par IBB Institute.

    Elles sont près de 7 entreprises sur 10 à juger que la fonction «commercial» est primordiale pour la mise en œuvre de leur stratégie de développement, tandis que 63% estiment que les métiers du digital sont déterminants pour le bon déroulement de leurs projets.

    «De manière générale, les entreprises attendent désormais de leurs cadres, quelle que soit leur fonction, qu’ils comprennent la valeur ajoutée du digital qui devient une compétence transverse irriguant toutes les activités de l’entreprise», explique Marie Agot, manager à IBB Management. Les postes de président, directeur général et stratégie/développement sont également cités à hauteur de 60%.

    Toutefois, ce sont les entreprises marocaines qui recherchent le plus ces profils (72%), contre 48% pour les multinationales. Une tendance motivée par leurs projets de déploiement en Afrique et de lancement de nouveaux produits. Du côté des multinationales, ce sont les métiers liés au marketing et à la communication, à la finance et au juridique qui sont placés en priorité.

    Même si elles estiment que ces fonctions sont déterminantes, elles souhaitent en renforcer d’autres. Ce sont les métiers supports qui l’emportent. Plus de la moitié des entreprises sondées les jugent prioritaires. «Cette volonté de renforcer les fonctions supports, qui coule de source pour certaines entreprises, peut aussi révéler, pour d’autres, une prise de conscience que ces fonctions sont des «business partners» et contribuent pleinement à la croissance des activités», souligne Abdelaziz Bennis, DG d’IBB Executive Search. 

    Du côté des compagnies marocaines, les profils juridiques (89%), marketing et communication (74%), financiers (70%) et ressources humaines (67%) sont les plus prisés. «Les entreprises marocaines sont plus nombreuses que les multinationales à redimensionner leurs fonctions transverses. Dans les années à venir, leur rôle stratégique se renforcera encore davantage car les nombreuses tâches chronophages et à faible valeur ajoutée qu’elles portent actuellement seront automatisées. Ce qui est déjà le cas actuellement dans les entreprises dont les services vendus sont totalement dématérialisés (Gafam, BATX, NATU…)», souligne Bennis. Pour les multinationales, 8 sur 10 comptent renforcer les fonctions achat, logistique et supply chain, et  56% prévoient de recruter pour des postes de top management (PDG et DG).

    A compétences égales, ce sont désormais les soft skills qui font pencher la balance. Prenant de plus en plus de place lors des recrutements, elles sont devenues des atouts indispensables à mettre en avant pour se démarquer. Parmi les qualités managériales jugées les plus déterminantes par les employeurs, l’on retrouve au top 3, le leadership (85%), la conduite du changement (81%) et l’orientation client (79%). Des aptitudes nécessaires pour accompagner les projets stratégiques que souhaitent mener les entreprises, comme l’amélioration de la performance organisationnelle, de la satisfaction client, de la gestion du capital humain ou encore la transformation digitale et l’accroissement des parts de marché. 71% estiment que l’engagement est important pour le bon déroulement des projets. Les deux tiers recherchent des cadres réactifs et à même de résoudre des problèmes complexes.

    Parmi les fortes tendances relevées par l’étude d’IBB Institute, 84% des employeurs envisagent de renforcer l’autorité de leurs cadres dans les 3 à 5 prochaines années. Un constat plutôt surprenant dans une ère où le modèle d’organisation d’entreprise libérée s’étend à de plus en plus d’employeurs et de collaborateurs.

    «Cette autorité ne signifie pas autoritarisme, mais capacité à faire grandir, à augmenter. Elle est donc primordiale pour fixer le cap, insuffler une vision commune, stabiliser l’organisation… Dans le sens managérial, elle est sous-jacente à l’application des 6 autres qualités priorisées par les entreprises: leadership, conduite du changement, orientation client, engagement, résolution de problèmes complexes et réactivité», explique Abedlaziz Bennis.

    «La vitesse de l’évolution du monde des affaires étant plus rapide et les organisations plus complexes, l’autorité est un moyen pour les dirigeants de légitimer leurs fonctions et d’imposer des orientations et des nouveaux modèles, parfois avec fermeté», poursuit-il.

    Pour les multinationales et les entreprises marocaines les soft skills à renforcer en priorité sont différentes. Les sociétés locales priorisent l’empathie (77%), l’imagination (72%), la communication (62%), la résilience (58%) et l’intelligence émotionnelle (57%).Tandis que les transnationales misent davantage sur la diplomatie (74%), l’adaptabilité (50%) et le sens de l’organisation (48%).

    «Il ressort de l’étude que les entreprises marocaines et les multinationales sont alignées sur les mêmes soft skills requises pour la réalisation de leurs projets stratégiques. Les unes priorisent les qualités que les autres veulent renforcer et inversement (voir infographie). Ainsi, au même titre que pour les compétences techniques, les entreprises ont tendance à se faire concurrence sur les mêmes profils», analyse Marie Agot.

    Echantillon

    L’enquête a été menée auprès de 101 dirigeants et hauts cadres entre mars et mai 2019. 60% d’entre eux occupent le poste de DRH, le reste est composé de PDG, DG et secrétaires généraux d’entreprises. Presque la moitié (45%) des entreprises qui ont participé sont des multinationales. Près des deux tiers réalisent un CA de plus de 500 millions de DH. Le quart des sociétés opère dans le secteur de l’industrie, 19% dans le FMCG (fast-moving consumer goods), 16% dans la finance et le conseil, 14% dans la distribution, 13% dans les services. Le reste est réparti entre les télécoms/IT et BTP/immobilier. «Même si elles ne sont pas aussi nombreuses dans le panel, les entreprises sondées en IT et BTP sont des acteurs majeurs de leurs secteurs», souligne l’enquête. 64% des répondants travaillent dans des sociétés de moins de 1.000 collaborateurs.

    Tilila EL GHOUARI

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    (1) Think est produit et publié par IBB Institute, le Centre de recherche sur le management, le leadership et la gouvernance d’entreprises du cabinet de recrutement IBB Executive Search.

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