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    Entreprises

    Brexit: La City n’a pas lâché ses jobs

    Par Franck FAGNON | Edition N°:5640 Le 25/11/2019 | Partager
    La migration des financiers de la City vers le reste de l’Europe est lente
    Pour l’instant, Paris fait mieux que son principal concurrent, Francfort
    «Avec Casablanca Finance City, nous devons aller plus loin que les beaux rapports»
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    Alain Pithon, secrétaire général de Paris Europlace: «Paris a accueilli près de 5.000 emplois directs sur les 10.000 qui ont été déployés dans le reste de l’Europe. Maintenant, pour être honnête, le volume total d’emplois qui part de Londres n’est pas très significatif» (Ph. AP)

    L’industrie financière effectue son introspection sur fond d’avalanche de nouvelles technologies et d’acteurs qui remettent en cause les modèles traditionnels. La Place de Paris comme beaucoup d’autres, aspire à jouer un rôle de premier plan en matière d’innovation.

    Dans le même temps, le Brexit lui offre l’opportunité d’accélérer sur certains chantiers. Elle figure en bonne place pour accueillir les exilés de Londres. Mais, elle doit composer avec la concurrence de Francfort, Amsterdam ou encore Dublin. Les entreprises ne se bousculent pas pour déménager leurs bureaux régionaux de la City. Son écosystème est singulier parmi les places financières.

    En outre, la forte incertitude autour du Brexit n’aide pas les entreprises dans leurs arbitrages. Secrétaire général de Paris Europlace, Alain Pithon qui a participé aux débats lors du Africa Blockchain Summit (co-organisé par Paris Europlace, Bank Al-Maghrib, HPS et Talan)  jeudi 21 novembre à Rabat, explique les enjeux.

    - L’Economiste: La Place parisienne veut être le bastion du trading en Europe. Le Brexit vous offre-t-il une opportunité pour aller plus vite sur ce chantier?
    - Alain Pithon:
    Nous n’avons pas souhaité le Brexit parce qu’il allait créer des perturbations sur les marchés. Comme on le redoutait,  il y avait une grande pagaille au Royaume-Uni et en Europe continentale. Malgré tout, cela a été l’occasion de se poser plusieurs questions notamment sur l’attractivité de la place parisienne. Nous partions d’une situation où l’ancien président de la république disait que son ennemi était la finance. Pour être compétitif, nous devions agir sur plusieurs leviers notamment le coût du travail, la fiscalité, le cadre de régulation... Paris Europlace, les pouvoirs publics et les régulateurs se sont beaucoup engagés dans ce chantier et je pense que nous avons effectué un bon travail.
    Il était nécessaire de travailler sur l’attractivité, mais le plus important est de soutenir le développement des marchés financiers. Avec toutes ces nouvelles technologies et les fintech, il y a un effet de bouleversement au début mais, aussi beaucoup de stimulation. Les banques, les assurances, les sociétés de gestion d’actifs se sont assez rapidement saisies de ces sujets. Ils ont créé des Lab, font des incubations et parfois, achètent des fintech. Cela les aide à faire évoluer leur modèle. Par ailleurs, la finance a un rôle important à jouer dans la lutte contre le changement climatique. Paris Europlace a été le premier organisateur de la Climate Finance Day en 2015. Le secteur peut financer les investissements verts mais aussi «verdir» une bonne partie de son portefeuille. C’est à ce niveau aussi que la compétition va se jouer.

    - Francfort est souvent citée devant Paris pour l’accueil des «exilés» de Londres. Quel est le bilan aujourd’hui?
    - Sur les 10.000 emplois directs qui ont été relocalisés dans le reste de l’Europe, Paris en a accueilli près de 5.000, sachant que dans le secteur financier, un emploi direct en crée 3 à 4 indirects. Maintenant, pour être honnête, le volume total d’emplois qui part de Londres n’est pas très significatif. L’on se focalise sur Francfort et Paris mais, d’autres places comme Luxembourg, Dublin et Amsterdam ont très bien tiré leur épingle du jeu. Luxembourg reste évidemment très attractif et possède un avantage que nous n’avons pas toujours en France qui est celui de la stabilité. Mais, les capacités d’accueil limitées et la disponibilité des compétences sont parmi ses gros handicaps. Je pense qu’aujourd’hui, nous sommes en train de tourner la page de cette bataille sur les chiffres.

    - Comment expliquez-vous l’hésitation des entreprises à déménager de Londres?
    - Les personnes qui vivent à Londres sont en général ravies d’y être parce qu’elles sont très bien payées et ont un cadre de vie agréable. Il y a un écosystème assez attractif à Londres. C’est la première place financière mondiale et elle va le rester puisque 80% de son activité ne sont pas liés aux marchés européens et donc au sujet du Brexit et la perte du fameux passeport européen. Avant même le référendum, le débat sur la sortie ou non du Royaume-Uni de l’Union européenne a créé une incertitude majeure pour beaucoup d’acteurs financiers. Même aujourd’hui, nul ne sait ce qui se passera après les élections du 12 décembre. L’inconnu dans lequel nous sommes pose un problème à tout le monde. Lorsqu’on demande aux entreprises, pas seulement financières, ce qui les préoccupe, c’est d’abord les tensions commerciales entre les Etats-Unis et la Chine puis juste après l’incertitude sur le Brexit. Nous espérons que les élections vont lever cela.

    - Quelles sont les réalisations dans le cadre de l’accord avec la place casablancaise?
    - Il était important pour nous d’avoir cet accord de coopération pour plusieurs raisons. Nous avons effectué un premier travail d’analyse et de sensibilisation. Dans nos métiers, la pédagogie est importante. Nous avons publié ensemble un rapport sur la désintermédiation bancaire et financière en Afrique. Mais très clairement, je pense que nous devons aller plus loin. Les sujets de technologie, de fintech constituent un bon socle. Cela peut être un moyen concret d’avancer et de donner un peu plus de contenu que simplement de beaux rapports.

    Propos recueillis par Franck FAGNON

     

     

     

     

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