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    Analyse

    Stratégies sectorielles: Les limites d’un modèle en silo

    Par Amin RBOUB | Edition N°:5604 Le 01/10/2019 | Partager
    Absence de convergence, résultats mitigés, ancrage territorial...
    «Des winners certes, mais aussi des loosers»
    Retournement de situation inquiétant dans l’automobile!
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    L’essentiel de la production de Renault est orienté à l’export (95% pour Renault Tanger) et les deux tiers pour Somaca (Casablanca). Ceci étant, les volumes à l’export risquent de baisser fortement cette année compte tenu de la mollesse du marché mondial qui a baissé de 6 à 7% depuis fin mai-juin-juillet derniers (Ph. L’Economiste)

    Le plan d’accélération industrielle (PAI) arrive bientôt à sa fin en 2020. L’heure est au bilan. Certes, il y a eu une accélération ces 5 dernières années en termes d’investissements, d’IDE, d’implantation d’usines, de sous-traitance (5,4 milliards de DH), de volumes à l’export et de déploiement d’écosystèmes par filière...

    Mais cela reste insuffisant en termes de création d’emploi, d’inclusion d’entreprises nationales, de PME, de répartition territoriale, d’intégration en profondeur et de montée en valeur ou encore en compétence.

    Du coup, le Maroc devra repenser ses stratégies industrielles, qui ont montré leurs limites, tout en tenant compte de la conjoncture internationale et des ruptures qui s’annoncent. C’est le cas notamment dans l’automobile (électrique, hybride, voiture autonome...).

    Aujourd’hui, le principal défi de l’industrie réside dans l’intégration locale en profondeur, la taille critique, encore des échelons dans les chaînes de valeur, la montée en compétitivité et en compétence, la sophistication des profils et du savoir-faire, l’inclusion de l’investisseur national, l’entreprise et les capitaux marocains, la PME, la régionalisation...

    Quoi qu’il en soit, le bilan est assez mitigé, avec des résultats assez contrastés selon les filières, les territoires... La part de l’industrie dans le PIB se situe entre 18 et 19%. Près de 20 stratégies sectorielles ont été lancées durant les 20 dernières années. 54 écosystèmes ont été mis en place.

    Sauf que certains secteurs marchent plus vite que d’autres. C’est le cas notamment de l’automobile et l’aéronautique qui dament le pion à l’immobilier, le BTP, le textile-habillement, l’agro-alimentaire... Il va falloir diversifier encore plus l’activité industrielle pour capter de nouvelles opportunités.

    Le constat aujourd’hui est que les faibles niveaux de croissance (3%) ne suffisent pas à créer des emplois qualitatifs, à développer le commerce extérieur (export), à monter en compétitivité sur le marché international, à capter des IDE (-17% en 7 mois et -47% au 1er trimestre, selon l’Office des changes). La déclinaison territoriale du PAI montre également ses limites.

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    Le Plan d’accélération industrielle (PAI) s’est fixé plusieurs objectifs à travers les écosystèmes, notamment en termes de créations d’emplois dans le câblage (70.000 postes: déjà dépassé en 2017), dans les coiffes de sièges (30.000), l’emboutissage (5.000), les batteries (1.500)...

    L’ancrage territorial fait que seules trois bassins (Casablanca, Kénitra et Tanger) de trois régions (Centre, Gharb et Nord) absorbent l’essentiel des implantations d’usines. «Ce sont des winners certes, mais les autres régions sont des loosers», soutient Lionel Zinsou, ancien Premier ministre béninois. Le reste pâtit d’un déficit d’investissements et d’emplois dans les activités manufacturières.

    Sur l’automobile, la locomotive de l’industrie marocaine (1er secteur exportateur du Maroc depuis 2014 avec 6 milliards d’euros en 2017, soit 6,58% du PIB), la tendance est au retournement de la situation. La baisse des commandes inquiète les constructeurs un peu partout dans le monde.

    Des revers commerciaux surviennent au moment même où l’industrie automobile est confrontée à une révolution sans précédent. «Il n’y a jamais eu autant de changements structurels à venir dans le secteur», analysent les experts.

    Au Maroc aussi, la tendance est au ralentissement des acquisitions de voitures neuves en 2019 (-10,37% à fin août dernier). Il va sans dire que c’est l’export qui permettra de pérenniser l’industrie automobile made in Maroc. Pour rappel, l’essentiel de la production de Renault est orienté à l’export (95% pour Renault Tanger) et les deux tiers pour Somaca (Casablanca).

    Ceci étant, les volumes à l’export risquent de baisser fortement cette année compte tenu de la mollesse du marché mondial qui a baissé de 6 à 7% depuis fin mai-juin-juillet derniers. «S’il n’y a pas de commandes, il n’y aura pas de composants à fabriquer.

    Par ailleurs, le marché marocain, qui est passé par une phase de grande croissance, montre des signes de faiblesse depuis début 2019... Le taux d’équipement des foyers marocains reste relativement modeste», a confirmé récemment Marc Nassif, DG de Renault Maroc, lors d’une déclaration à L’Economiste en juillet 2019.

    Convergence, harmonisation...

    Dans sa réponse à une question à la Chambre des représentants, sur «l’évaluation de la performance des stratégies sectorielles», le chef du gouvernement  a confirmé que les plans sectoriels connaissent des difficultés, contraintes et défis majeurs qui en entravant l’efficacité optimale. Outre les problèmes liés à l’harmonisation et la convergence des stratégies, les contraintes démontrent un manque de coordination et de gouvernance face à une pluralité des stratégies, des plans sectoriels et des mécanismes de suivi... Ce qui entrave l’efficacité et le rendement de ces stratégies et programmes ainsi que leur impact sur le développement en général et la création d’emploi en particulier. Il y a aussi, reconnaît El Othmani, des contraintes liées à la répartition équitable de la mise en œuvre des programmes au niveau territorial. D’où la nécessité d’une grande coordination territoriale des différentes stratégies et programmes. Ce qui passe par une instance de pilotage avec des indicateurs chiffrés et une évaluation régulière des impacts. Un exercice qui permettra de rectifier le tir et réajuster en cas d’erreur ou retournement de situation ou encore de capitaliser sur les acquis.

    A. R.

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