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    Dossier Spécial

    Plan Maroc Vert: L’engineering qui a transformé l’agriculture

    Par Jamal Eddine HERRADI | Edition N°:5565 Le 26/07/2019 | Partager
    Le pari: développer un secteur compétitif, durable et résilient
    Nouvelles méthodes de travail et refonte du système d’aide
    Gros investissements dans les équipements, les infrastructures...
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    Photos L’Economiste

     Pour un défi, c’en est un grand. Et, il a été réussi. En effet, en 10 ans, le Plan Maroc vert a permis au secteur agricole ma­rocain de se projeter dans le futur, en quête d’un avenir à la mesure de ses énormes potentialités. Objectif: développer une agri­culture compétitive, durable et résiliente. Certes, il a été nécessaire de secouer bien des habitudes longtemps ancrées dans le secteur et qui continuaient à en freiner le développement. Autant d’obstacles qui sont aujourd’hui dépassés grâce à cette stratégie.

    Depuis son lancement en 2008, pas moins de 104 milliards de DH ont été in­vestis dans les différentes filières du secteur agricole tant par l’intermédiaire de l’Etat (40%) que par le privé (60%). Arrivant à échéance en 2020, le Plan Maroc vert vou­drait donc conclure sur une note positive à même de consacrer le développement de l’agriculture marocaine en tant qu’objectif réalisé malgré les caprices de la météo et certaines contraintes qui se dressent encore. En d’autres termes, passer d’une agricul­ture vivrière à un secteur productif à haute valeur ajoutée.

    Combler le déficit d’intégration de l’amont à l’aval

    Le département de tutelle veut ainsi consolider les acquis d’une décennie de Plan Maroc vert tout en créant de nou­velles activités génératrices d’emplois et de revenus. Aussi, 10 années après sa mise en oeuvre, ce plan a fait l’objet, durant les dernières semaines de l’année écoulée, d’un processus d’évaluation. Cela, dans le but de définir la stratégie qui sera mise en place en 2019 et 2020 pour les dimensions régionale et territoriale de Plan.

    Stratégie qui devrait combler le déficit d’intégration de l’amont à l’aval agricole, et surtout en­courager et promouvoir les investissements, particulièrement privés. Une stratégie qui doit être menée selon une orientation bien définie au préalable. Car, en toute logique, les subventions et primes doivent aller aux activités permettant une meilleure exploi­tation du potentiel agricole national.

    C’est pour cette raison, que s’est imposée, de facto, une révision en profondeur de tout le système d’aide au secteur agricole. Cette révision devrait permettre d’apporter des améliorations au rôle initialement défini de ce système pour l’encouragement des investissements dans l’ensemble des filières de production agricole. Aussi, de nouvelles aides ont été mises en place conformément aux dispositions des engagements pris par l’Etat dans le cadre des contrats-pro­grammes signés avec les interprofessions représentant les principales filières de pro­duction.

    Ainsi, quelque 10,76 milliards de DH seront consacrés au volet agricole sur les 19,33 milliards de DH du budget destiné au département de l’Agriculture au titre de l’année en cours. Soit une augmenta­tion de 7% par rapport à 2018. Ce sont les filières de production agricole et les inves­tissements dans l’irrigation qui recevront la plus grosse partie de ce budget avec res­pectivement 5,34 milliards de DH (+8%) et 4,36 milliards de DH (+7%). Globalement, une enveloppe budgétaire de 15,8 milliards de DH sera mobilisée pour les investisse­ments.

    Ces derniers seront répartis entre les départements de l’Agriculture, du Déve­loppement rural (3,73 milliards de DH, en hausse de 3%) et des Eaux et forêts (1,32 milliard de DH, en hausse de 7%).

    A ce niveau, le rôle de l’Etat reste aussi déterminant que celui du privé. Cette lourde tâche est donc confiée au Fonds de déve­loppement agricole (FDA). A charge pour cet organisme de gérer au mieux les sub­ventions destinées aux différents projets agricoles. Il dispose, pour l’année 2019, d’un budget global de 3,66 milliards de DH (+8%). Sur ce montant, 3,06 milliards de DH iront aux aides et subventions, en augmentation de 9% par rapport à l’année dernière.

    Ce n’est donc pas un hasard, si le budget 2019 du FDA soit essentiellement concentré sur la création de valeur ajoutée agricole: importantes hausses des investis­sements dans la production de semences sélectionnées (350 millions de DH, +50%), encouragement des exportations agricoles (170 millions de DH, +55%) et soutien aux unités de valorisation agricole (150 millions de DH, +58%).

    Cela, en plus des augmen­tations budgétaires destinées à l’appui des actions menées dans le cadre du contrat-programme de l’industrie agro-alimentaire. Cette dernière a drainé, au cours du 1er semestre de l’année 2018, un investisse­ment global de 840 millions de DH pour la réalisation de 50 projets. Le FDA va également consacrer, en 2019, une enveloppe budgétaire de l’ordre de 1,67 milliard de DH aux projets d’équipe­ment en irrigation au goutte-à-goutte.

    Aujourd’hui, les indicateurs du sec­teur agricole ont commencé, tant bien que mal, à s’afficher en vert. Ainsi, les investissements publics dans les équi­pements agricoles, les infrastructures et autres programmes transverses ont atteint 75 milliards de DH à fin 2017.

    Premières retombées économiques: une croissance de 5,25% en moyenne par an et un PIB agri­cole de 60% atteignant 125 milliards de DH sur les 10 dernières années. Mieux encore: les volumes à l’export ont doublé enregis­trant une valeur de 33 milliards de DH en 2017.

    Mais, malgré cette hausse cumulée de 117% des exportations, la balance ali­mentaire est restée déficitaire d’environ 20 milliards de DH à cause, notamment, du poids des achats de céréales et d’autres produits alimentaires à forte valeur ajoutée. A noter aussi que le revenu annuel moyen des agriculteurs est passé de 5.400 DH par personne en 2008 (date du lancement du Plan Maroc vert) à 9.500 DH en 2018.

    Priorité aussi aux jeunes ruraux

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    La stratégie agricole adoptée dans le cadre du Plan Maroc vert, a eu un important impact sur la création d’emplois. «Le secteur agricole y a contribué à raison de 40% au niveau national. Il a procuré 250.000 postes de travail supplémentaires», est-il indiqué auprès du département de tutelle. En outre, les années 2019 et 2020, les deux dernières du Plan Maroc vert, seront prioritairement réservées aux jeunes ruraux. L’objectif est de contribuer «à l’émergence d’une classe moyenne agricole» dont les jeunes ruraux seront au centre. Un million d’hectares de terres agricoles seront ainsi mobilisés à leur profit. Les services du ministère ont déjà commencé l’opération d’identification de ces terres, en collaboration avec les départements ministériels concernés, selon une source du département de l’Agriculture. Et aussi à recenser les types de cultures à y pratiquer et définir les mécanismes de financement et d’accompagnement des projets.

    Développer de nouveaux produits à plus forte valeur ajoutée

    Un système d’aide pour le développement de la valorisation des produits du secteur agricole a été mis en place par le département de tutelle. Il s’étend jusqu’en 2021 et consiste en un certain nombre de subventions accordées par l’Etat dans le cadre des contrats-programmes. D’un coût global de plus de 12 milliards de DH, il devrait générer 38.457 emplois permanents additionnels et un chiffre d’affaires annuel supplémentaire de 41,74 milliards de DH. A l’export, ce sont 12,52 milliards de DH de chiffre d’affaires annuel additionnel qui sont attendus. En outre, la valeur ajoutée annuelle additionnelle devra grimper à 13,1 milliards de DH. Il s’agit de renforcer l’intégration entre l’amont productif et l’aval de transformation. En plus clair, développer de nouveaux produits à plus forte valeur ajoutée, issus de la transformation de l’amont agricole. Pour y arriver, il est nécessaire de moderniser les outils de production par une stimulation de l’investissement privé et son orientation vers des produits porteurs sur les marchés mondiaux.

    Jamal Eddine HERRADI

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