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    Dossier Spécial

    Stratégie africaine: Un retour au premier plan!

    Par Franck FAGNON | Edition N°:5565 Le 26/07/2019 | Partager
    La diplomatie économique et politique couronnée par un retour à l’Union africaine
    Banques, télécoms... premiers ambassadeurs du Maroc
    Néanmoins, la zone d’in­fluence reste limitée à l’Afrique de l’Ouest
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    Plus de 37 milliards de DH de transactions réalisées sur la période, soit en moyenne 60% des investissements directs marocains à l’étranger. Ces transactions sont dominées par les opérations d’expansion des banques elles-même

    «Il est beau le jour où l’on rentre chez soi après une longue absence!». Le discours du Roi Mohammed VI, le 31 jan­vier 2017, au sommet de l’Union africaine à Addis-Abeba, marque le point d’orgue de l’offensive politique et économique marocaine en Afrique sur les quinze der­nières années. La veille, les chefs d’Etat africains avaient acté le retour du Maroc dans l’Union africaine après plus de 30 ans d’absence.

    Ce succès diplomatique a d’abord été préparé sur le terrain économique avec la multiplication des visites royales sur le continent (la délégation était à chaque visite composée des dirigeants des plus grandes entreprises) et à chaque fois des dizaines de conventions signées. Si le dossier du Sahara reste central dans la stratégie africaine du Maroc, les considé­rations économiques sont de plus en plus fortes. Le ralentissement de l’activité en Europe, principal partenaire économique du Maroc, a renforcé le choix de densifier la coopération avec les pays africains. La robustesse de la croissance dans de nom­breux pays africains et l’émergence d’une classe moyenne représentent des opportu­nités pour toute entreprise.

    Chefs de file du développement des entreprises marocaines en Afrique, les banques et les opérateurs télécoms conti­nuent d’y renforcer leur position. Attija­riwafa bank, BMCE Bank of Africa et BCP couvrent une trentaine de pays. Avec sa dernière acquisition au Tchad, Maroc Telecom a porté à dix ses marchés d’im­plantation. L’opérateur télécom compte près de 40 millions de clients en Afrique subsaharienne. Ces dernières années, les compagnies d’assurances et les groupes immobiliers se sont lancés dans l’aventure africaine.

    Avec une faible pénétration des ser­vices bancaires, les marchés subsahariens constituent un relais de croissance signi­ficatif pour les banques. Les Marocains ne sont pas les seuls à se positionner. Les banques sud-africaines et la togolaise Eco­bank y sont bien représentées. Mais les zones d’influence sont différentes surtout dans la compétition avec les banques sud-africaines.

    Aujourd’hui, les acteurs afri­cains sont les plus actifs dans le secteur bancaire. Confrontées à des exigences réglementaires de plus en plus lourdes, les banques françaises ou anglo-saxonnes réduisent leur exposition sur le continent. Les retraits de certains marchés ont été réalisés au profit de groupes marocains, notamment la reprise des actifs de Bar­clays en Egypte par Attijariwafa bank. En­semble, les trois groupes marocains réa­lisent 25% de leurs bénéfices en Afrique.

    La présence des banques sur le continent constitue aussi un point d’appui pour les entreprises pour y développer leurs acti­vités. Leur connaissance de ces marchés sont utiles et rassurent et facilitent les déci­sions d’investissement. Les bonnes rela­tions diplomatiques nouées avec plusieurs pays y participent aussi.

    Sur la période 2003-2017, plus de 37 milliards de DH de transactions réalisées, soit en moyenne 60% des investissements directs marocains à l’étranger. Ces tran­sactions sont dominées par les opérations d’expansion des banques elles-mêmes. Deux tiers de ces opérations sont concen­trées dans cinq pays (Egypte, Côte d’Ivoire, Mali, Sénégal et Burkina Faso).

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    Avec une faible pénétration des services bancaires, les marchés subsahariens constituent un relais de croissance significatif pour les banques. Les filiales africaines génèrent 44% des revenus de BMCE Bank of Africa et 39% d’Attijariwafa bank. Leur contribution chez BCP s’élève à 20%. Par ailleurs, la présence des banques dans ces pays a un effet d’entraînement sur les autres entreprises marocaines

    Au niveau des échanges commer­ciaux, les marges de progrès sont signi­ficatives. Les échanges de marchandises avec les pays du continent représentent seulement 5% du commerce extérieur du Maroc. Les entreprises qui se projettent sur les marchés extérieurs sont peu nom­breuses, encore plus vers l’Afrique.

    La baisse des débouchés en Europe met en lumière la difficulté de plusieurs entreprises à sortir de leur zone de confort pour aller conquérir de nouveaux marchés. Les caravanes de l’export et les missions sectorielles organisées par les banques ont permis de réduire l’asymé­trie d’information. Mais le spectre d’in­tervention des entreprises marocaines reste limité. Leur principal point d’entrée demeure les pays de l’Afrique de l’Ouest.

    Les liens historiques avec plusieurs d’entre eux et la langue constituent un avantage dans cette partie de l’Afrique. Mais le Maroc doit renforcer sa straté­gie à l’endroit des pays anglophones du continent. Les modèles sont différents de ce qu’on peut observer en Afrique fran­cophone, mais ce sont des pays parmi les plus dynamiques du continent.

    En dehors de BMCE Bank of Africa qui opère dans plusieurs pays d’Afrique de l’Est notam­ment, les autres groupes ne cachent plus leur intérêt pour des acquisitions sur ces marchés. Le développement des banques dans cette partie du continent pourrait créer un effet d’entraînement sur les autres entreprises.

    Franck FAGNON

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