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    Economie

    Enquête L’Economiste-Sunergia/Petits équipements collectifs: Les chiffres montrent une nouvelle piste pour l’inclusion

    Par Nadia SALAH | Edition N°:5556 Le 15/07/2019 | Partager
    Les hommes les plus pauvres sont les plus demandeurs
    Ces équipements de loisir luttent contre l’exclusion et le mépris de classe
    Une vieille polémique à l’INDH
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    Vue très classique des 340 ha de Central Park à New York. Créé au milieu du XIXe siècle, les habitants de New York ont dû lutter pied à pied depuis 170 ans pour le préserver de la mainmise de promoteurs immobiliers, qui infiltrent facilement les appareils politiques

     

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    Les citoyens qui n’ont pas fait l’école intercalent leur désir d’équipements sportifs entre les jeux et les espaces verts. Mais si on regarde les demandes des personnes les moins favorisées de notre échantillon, alors ce sont les bancs et tables de jeux, qui passent devant les parcs paysagers. Cela veut-il dire que c’est parmi les personnes âgées que l’on trouve le plus de bas revenus et de faible niveau de scolarité? Une étude avait été faite il y a une dizaine d’années par le HCP, étude qui avait vu ce phénomène. Il serait intéressant de l’explorer à nouveau

    Dans le cadre du concours My Market Insights organisé par Sunergia, la question suivante de l'association acupuncture urbaine a retenu l'attention de la communauté des entrepreneurs marocains: "Si un petit équipement public de proximité devait ouvrir demain près de chez vous, lequel serait le mieux adapté à vos besoins?". Et c’est dans un mouchoir de poche que les parcs font la course avec les jeux d’enfants. Et ce dans une remarquable proximité en fonction des tranches d’âges, même chez les ménages de 25 à 44  ans. Les ménages en âge d’enfants, préfèrent les petits équipements de jeux.

    Curieusement les  femmes sont plus attirées par les parcs et espaces verts que par les jeux d’enfants.
    Mais pour les grands et les petits, les riches et les pauvres, les hommes et les femmes, il faudra prendre grand soin de la sécurité. Même si les chiffres réels ne sont pas très graves, le sentiment d’insécurité est élevé. Or, c’est le sentiment, l’impression d’insécurité qui compte.
    L’enquête dit que les Marocains sont des bons papas quand il s’agit de faire jouer leurs enfants. 30% d’entre eux mettent la priorité sur les jeux de leurs enfants, quels que soient leur niveau d’étude, leurs classes sociales… 

     

     

     

    Petits équipements publics contre la misère

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    «Qui craint le grand méchant loup, méchant loup, méchant loup ; c’est pas nous, c’est pas nous». Cette comptine d’enfants, les jeunes adultes du Maroc la chantent aussi, comme tous les jeunes de la planète. Rien de plus normal. Rien de plus normal que de voir les  plus âgés craindre, à 74% d’entre eux, pour leur sécurité dans les espaces publics.  On est surpris de voir que les craintes fortes commencent dès 35 ans. (Enquête L’Economiste-Sunergia, leconomiste.com, 07-02-2019)

    Il faut souligner très fortement, que les papas les plus pauvres, les moins instruits… sont ceux qui demandent le plus des jeux publics pour leurs enfants: 46%. A la campagne, on est moins demandeur mais il ne faut pas croire que personne n’en veut. Au contraire.
     A cette occasion l’enquête de Sunergia fait une découverte inédite, contredisant les a priori qui circulent dans les salons chics ou politisés. En effet, il est faux de dire les pauvres, les mal scolarisés, les mal payés n’ont que les besoins de pauvres, mal scolarisés et mal payés. Ils ont les mêmes besoins que les autres sauf que si l’on veut vraiment lutter contre la pauvreté et le mépris, il faut des équipements et des services publics. Ce qui ne peut pas être fourni par les familles, y compris les loisirs des petits et des grands, doit être apporté par les communes ou à défaut par les mécènes.
    Dans le même sens, une polémique était née au sein de l’INDH, il y a une dizaine d’années : vaut-il mieux construire une deuxième  fontaine ou bien retaper un bâtiment, pour que les jeunes y viennent faire leur musique en sécurité, sans déranger les voisins? Les musiciens avaient gagné la première manche mais avaient perdu la guerre.  
    L’enquête de Sunergia prouve chiffres à l’appui, que les jeunes avaient raison: ce n’est pas parce qu’on est pauvre, avec de maigres chances socio-culturelles, que l’on doit être exclu de tout. Bien au contraire. Ce faisant, l’enquête ouvre de nouvelles pistes pour l’inclusion.

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    Assez logiquement les femmes ressentent plus fortement que les hommes le sentiment d’insécurité dans les espaces publics. Et ce d’autant plus que les villes ont connu des vagues d’agressions, parfois à caractère sexuel marqué. Celles qui affirment ne pas avoir peur sont deux fois moins nombreuses que les hommes. Mais témoin du développement de l’insécurité, urbaine et rurale,  plus de la moitié des messieurs ont peur. (Enquête L’Economiste-Sunergia, leconomiste.com, 07-02-2019)

    Pourtant, comme le montrent les cartes de Casablanca ci-contre, le discours de la lutte contre la pauvreté par les seuls critères de coûts d’accès, reste très dominant au Maroc. L’exemple de Central Park aux Etats-Unis, enseigne que ce réflexe est permanent, partout. Mais qu’il faut le dépasser pour avoir des inclusions efficaces.
     

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