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    International

    Union africaine: Et c’est parti pour la Zleca…

    Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5553 Le 10/07/2019 | Partager
    Plusieurs instruments lancés, des phases à respecter
    Le marché devrait être actif à partir du 1er juillet 2020
    Des enjeux pour le Maroc
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    UN vieux rêve se réalise. Les pays membres de l’Union africaine (UA) viennent de lancer symboliquement à Niamey la phase opérationnelle de la Zone de libre-échange continentale africaine (Zleca, Zlec ou Zlecaf). Celle-ci offrant de nombreuses opportunités pour le Maroc qui pourra catalyser ses investissements, stimuler sa croissance économique et surtout développer les interconnexions continentales... Et pourquoi pas l’émergence de nouvelles filières.
    Les instruments de cette zone viennent d’être lancés (règles d’origine, portail en ligne pour les offres tarifaires, notification, suivi et élimination de barrières non tarifaires, système panafricain de paiement et de règlement numérique, Observatoire du commerce africain…). Le processus comporte deux phases. La première porte sur les négociations relatives au commerce des marchandises et au commerce des biens et services. L’accent sera mis aussi sur les règles et les procédures de règlement des différends. La deuxième phase concerne les investissements, la politique de la concurrence et la protection de la propriété intellectuelle.
    Le géant nigérian, réticent jusque-là, et son voisin le Bénin ont signé l’accord dimanche 7 juillet en ouverture du sommet de l’UA tenu à Niamey en présence du Maroc. Ceci dit, 54 des 55 pays africains vont constituer ce nouveau marché dont le siège sera à Accra. Seule l’Erythrée n’a pas signé l’accord mais a annoncé qu’elle était disposée à le faire. Une équipe d’experts de l’UA va se rendre prochainement dans ce pays.
    La zone vise à favoriser le commerce au sein du continent, attirer des investisseurs et permettre aux pays africains de s’émanciper de l’exploitation des matières premières. A ce stade, les négociations se poursuivent pour sa mise en œuvre progressive. Elle doit réunir 1,2 milliard de personnes, pour un PIB cumulé de plus de 2.500 milliards de dollars. Le marché devrait être actif à partir du 1er juillet 2020.
    Actuellement, seulement 16% du commerce des pays africains s’effectue avec d’autres pays du continent. Et ce principalement au sein des groupes économiques régionaux tels que la SADC (Communauté de développement d’Afrique australe), la Cedeao (Communauté économique d’Afrique de l’Ouest) ou l’EAC (Communauté d’Afrique de l’Est). Le commerce intra-européen s’élève à quelque 65%.
    L’Union africaine estime que la zone permettra d’augmenter de près de 60% d’ici à 2022 le commerce intra-africain et booster l’ensemble de ses économies. Ses détracteurs évoquent le manque de complémentarité des économies. Ils craignent  aussi que des importations bon marché ne portent préjudice aux petits producteurs agricoles et industriels. D’autres spécialistes évoquent notamment le calendrier de l’abaissement des droits de douane, attendu pour la mi-2020. 

    Des opportunités et de nombreux défis…

    Le FMI a toujours encouragé les pays africains à progresser dans la mise en place de cette zone.  «Sa création amplifiera le potentiel de transformation économique de la région», indique le Fonds dans un chapitre dédié au sujet «La zone de libre-échange continentale changera-t-elle la donne en Afrique?». Pour ses auteurs, «cela aura pour double effet de stimuler le commerce intrarégional et d’attirer plus d’investissement direct étranger et de faciliter la création de chaînes d’approvisionnement régionales. Lesquels ont été des moteurs importants de la transformation économique dans d’autres régions».
    Toutefois, «le commerce international soutient la croissance, mais il induit aussi des coûts et ses retombées ne se répartissent pas forcément de manière uniforme entre les pays et au sein de chaque pays», soutient le FMI dans son analyse. Les dirigeants redoutent souvent à juste titre que la poursuite de l’intégration commerciale de leur économie avec celles d’autres pays bénéficie à certaines branches d’activité et en pénalise d’autres. Surtout qu’elle a des effets négatifs sur les bénéfices et les perspectives d’emploi dans certains secteurs et sur certains niveaux de qualification et qu’elle réduit les recettes budgétaires.
    La suppression des obstacles au commerce en vue de favoriser les échanges intrarégionaux peut avoir des effets différents selon les pays. Les pertes de recettes budgétaires consécutives à la baisse des droits de douane seront probablement faibles, en moyenne. Mais, elles pourraient être importantes dans un petit nombre de pays qui continuent d’appliquer des droits à l’exportation élevés…
    «….Certains pays auront probablement besoin d’un soutien supplémentaire pour profiter de ces opportunités», comme l’indiquent David Luke, Jamie MacLeod dans leur analyse «Mettre la Zlec sur pied: quelles sont les clés de la réussite?», publiée par le Centre international pour le commerce et le développement durable. Il en ressort que la réussite de ce projet passera par plusieurs éléments clés: «les barrières non-tarifaires,  les règles d’origine,  l’investissement et la circulation transfrontalière des personnes,  les services en général, les recours commerciaux et le suivi et l’évaluation».

    Les précisions de Bourita

    Cette vaste zone offrira plusieurs opportunités pour le Maroc. Celui-ci pourra développer ses exportations et ses investissements en dehors de l’Afrique de l’Ouest (cf. notre édition N°5534 du 13/06/2019). «L’adhésion du Maroc à la Zleca ne saurait être interprétée comme une reconnaissance d’une situation, d’un fait ou d’une entité qui menace son intégrité territoriale et son unité nationale…», a tenu à préciser à Niamey, Nasser Bourita le ministre des Affaires étrangères et de la coopération internationale. Il s’interroge d’ailleurs «comment une entité qui n’a pas de territoire pourrait appartenir à une zone de libre-échange?».

    Selon les estimations de la Banque africaine de développement (BAD), la Zone de libre-échange continentale devra doper le PIB du continent de plus de 35 milliards de dollars dans les cinq prochaines années. Pour sa part, la Commission économique pour l’Afrique des Nations Unies estime que la concrétisation de cet ensemble économique contribuera à augmenter la part de l’Afrique dans le commerce mondial. Le continent africain pèse pour seulement 4% dans ce commerce. Eventuellement, le commerce intra-africain atteindra les 25% à l’horizon 2023 alors qu’il est estimé entre 15% et 18% aujourd’hui.

    Maha EL MILOUDI

     

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