×
  • Compétences & RH
  • Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste Docs de Qualité Enquête de Satisfaction Chiffres clés Prix de L'Economiste 2019 Prix de L'Economiste 2018 Perspective 7.7 milliards Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Entreprises

    RAM : Le contrat-programme avant la fin de cette année

    Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:5544 Le 27/06/2019 | Partager
    Un nouveau modèle pour ne pas surcharger le budget de la compagnie
    Sur le pèlerinage, la RAM est déficitaire
    Elle sera un acteur majeur dans le déploiement de la stratégie touristique

    Abdelhamid Addou peut pousser un «ouf» de soulagement. Le président de la RAM est enfin fixé sur le sort du projet de contrat-programme que sa compagnie veut signer avec l’Etat. Lors des débats de la Commission de contrôle des finances publiques de la Chambre des représentants de mardi, le ministre de tutelle Mohamed Sajid a été formel: «Nous sommes en train de mettre les dernières retouches pour que le document soit signé prochainement, au plus tard, avant la fin de cette année». Une information saluée par de nombreux députés qui avaient défendu cette ligne. Pour lui, ce dossier est sur les bons rails puisque le gouvernement conçoit actuellement un nouveau modèle pour le prochain contrat-programme. L’objectif est d’éviter que la compagnie aérienne ne supporte seule les coûts de certaines missions. Pour chaque service qui lui est assigné, il sera impératif de lui octroyer les moyens pour ne pas alourdir son budget. Pour convaincre, le ministre a cité l’exemple du pèlerinage où les avions de la RAM partent ou reviennent vides, selon le départ ou le retour des pèlerins. Avant lui, le PDG de la compagnie nationale a annoncé le déficit chronique sur ce segment. En effet, «des dizaines de millions de DH partent en fumée. C’est au gouvernement de décider si la RAM doit perdre de l’argent», dit-il. 
    En tout cas, un des députés a invité le ministre de tutelle et le président de la RAM à éviter de commettre les erreurs du passé. En effet, le précédent contrat-programme avait supprimé des lignes touristiques importantes, comme celles de l’Europe de l’Est, particulièrement avec la Pologne. Cette suppression a été officiellement motivée par le manque de rentabilité. Or, les touristes, en venant au Maroc, participent à la dynamique économique. Il faut reconnaître qu’à cette époque, la compagnie était en grande difficulté. Aujourd’hui, la RAM est disposée à être un support de la stratégie touristique. Pour son président, la compagnie est un acteur majeur dans la promotion de la stratégie touristique. Cela se fera en partenariat avec l’Etat. 
    Au cours des débats, des députés ont abordé la RAM dans le cadre de la mise en œuvre de la régionalisation avancée. Sur cette question, Abdelhamid Addou précise que la compagnie s’est déjà inscrite dans cette logique puisqu’elle a déployé des efforts pour renforcer les lignes intérieures et enrichir, ainsi, son offre sur ce créneau. C’est dans cet esprit qu’elle a signé des conventions avec des conseils régionaux. Avec toutes les régions, cette opération fonctionne bien hormis celle passée  avec la région de Guelmim-Oued Noun. Sur cette ligne, le coefficient de remplissage est très faible. «L’avion pour Guelmim est parfois vide, ou avec une ou deux personnes. L’apport du conseil régional ne suffit pas à couvrir le coût de revient», martèle Abdelhamid Addou. Sur le même registre, il a invoqué le développement de sa stratégie qui consiste à mettre en place des bases aériennes. La dernière en date qui a été inaugurée a été celle de Laâyoune. Elle sera suivie par une prochaine: la base régionale de Fès.

    Ecole des pilotes

    LE président de RAM est également revenu sur la formation des pilotes. En effet, la décision de fermer l’Ecole de formation a été prise en 2012. Selon les clauses du contrat-programme, le ministre du Transport Aziz Rebbah devait en ouvrir une autre. L’idée est que la compagnie se désengage de la formation en laissant à l’Etat cette charge comme pour les autres métiers. La RAM viendrait alors se servir en fonction de ses besoins. Cela n’a pas été fait. Aujourd’hui, la compagnie se trouve dans l’obligation de rouvrir son ancienne école. «Nous ne pouvons pas toujours miser sur des pilotes étrangers. La moyenne veut que la compagnie dispose de 10 pilotes pour chaque avion». D’autant qu’il est difficile d’acquérir de nouveaux appareils dans le cadre du prochain contrat-programme sans disposer de suffisamment de pilotes, de mécaniciens,… 

    Par ailleurs, le PDG est revenu sur la question du retard des avions. Il y a trois ans, souligne-t-il, la compagnie enregistrait une ponctualité à hauteur de 72%. Entre temps, la situation s’est améliorée de 12 points pour atteindre 84%. «Nous faisons mieux que Air France», a-t-il lâché devant des députés ébahis. Les autres compagnies comme celles de la Turquie, des Emirats arabes unis,… sont mieux loties. Elles disposent de flottes conséquentes. «Lorsque surgit un incident technique, elles se tournent vers leurs hangars où sont stationnés leurs avions. Ce n’est pas le cas de la RAM qui ne dispose que de 61 appareils. Elle est obligée de faire attendre ses clients, le temps de réparer la panne technique». 
    Au cours du débat, des députés ont mis en avant le contexte concurrentiel de la RAM. Ainsi, sur le plan régional, plusieurs compagnies bénéficient du soutien inconditionnel de leurs Etats. Air Algérie est en train de renforcer ses moyens, avec un programme ambitieux pour l’achat d’appareils de dernière génération. Sur le continent africain, particulièrement sur des marchés traditionnels du Maroc, elle se positionne pour damer le pion à la RAM. Idem pour la compagnie éthiopienne Ethiopian Airlines qui dispose plus d’avions que le Maroc. La concurrence vient également de la Turkish Airlines.

     

    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc