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    Economie

    Privatisations: Maroc Telecom, la plus «belle fille» du Trésor

    Par Franck FAGNON | Edition N°:5534 Le 13/06/2019 | Partager
    Le groupe a généré la moitié des recettes
    103 milliards de DH encaissés par l'Etat depuis 1993
    La liste des actifs de haute qualité se rétrécit dans le portefeuille
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    72% des recettes de privatisation ont été enregistrées sous les gouvernements Abderrahmane Youssoufi et Driss Jettou. Le portefeuille des entreprises et établissements publics est composé de 253 entités. Ces dernières détiennent 466 filiales. Dans ce vaste portefeuille, le nombre d'actifs de haute qualité est limité

    Pour mobiliser rapidement les 10 milliards de DH de recettes de privatisation, l'Etat va encore recourir à l'un de ses plus beaux «bijoux de famille». Le Trésor va dans les prochains jours céder 6% du capital de Maroc Telecom pour 6,7 milliards de DH (le prix de l'action est fixé à 127 DH) aux investisseurs institutionnels. Il abandonnera 2% supplémentaires au marché boursier, ce qui rapportera 2,2 milliards de DH s'il maintient le prix inchangé.

    Maroc Telecom aura été de loin la plus grosse opération financière dans le programme des privatisations. Depuis 1993, 103 milliards de DH d'actifs ont été cédés (désengagement partiel ou total d'une cinquantaine de sociétés et la vente de 26 hôtels).

    Sur ce total, les transactions sur Maroc Telecom ont rapporté 49,2 milliards de DH, presque autant que la recette annuelle de l'impôt sur les sociétés. En intégrant l'opération attendue au cours de ce mois, la vente de 78% du capital de l'opérateur de téléphonie aura rapporté 58,1 milliards de DH de recettes. L'Etat détient encore une participation de 22% valorisée à 24,6 milliards de DH à 127 DH l'action. Si les recettes de privatisation ont servi à piloter le déficit budgétaire, les actifs de qualité encore en portefeuille se réduisent.

    En dehors de Maroc Telecom, il existe quelques actifs de qualité mais qui ne figurent pas forcément sur la liste des entreprises privatisables. Lors de la dernière actualisation, La Mamounia et la centrale électrique Tahaddart ont  intégré cette liste alors que Sococharbo, Cotef, la Société chérifienne de sel ou encore CIH Bank ont fait le chemin inverse.

    La sortie de CIH Bank de cette liste soulève des interrogations surtout que la volonté affichée aujourd'hui est d'ouvrir le capital d'entreprises publiques matures qui opèrent dans des secteurs ouverts à la concurrence. La banque contrôlée par la Caisse de dépôt et de gestion répond totalement à ces critères. Par ailleurs, l'ouverture du capital de Crédit Agricole à court ou moyen terme est en réflexion. Elle pourrait se faire via la Bourse.

    L'Etat détient des participations directes minoritaires ou majoritaires dans 44 entreprises. Ce club et les 209 établissements publics disposent de 466 filiales. Dans ce portefeuille, certaines structures sont plus attractives que d'autres, notamment l'OCP. Le groupe minier fait fantasmer les dirigeants de la Bourse. Surtout que la plupart de ses concurrents mondiaux sont cotés en Bourse. Même une introduction de 5% du capital du géant minier boosterait la place.

    En dehors d'un partenariat stratégique et industriel, l'on imagine mal l'Etat céder  une partie du capital du groupe en Bourse, surtout dans le contexte actuel du marché. En revanche, Al Omrane pourrait renforcer le secteur immobilier sur la Place.

    Dans certains cas, la cession au secteur privé n'est pas toujours la bonne option et l'Etat peut choisir d'accorder des concessions pour dynamiser certaines activités notamment la gestion des aéroports. Cela permettrait de renforcer la gouvernance et d'améliorer la gestion de certains établissements publics.

    L'absence de vision politique et les incohérences réglementaires expliquent en partie les difficultés actuelles de plusieurs entreprises publiques. Une situation qui est en partie la conséquence des contradictions dans les missions qui leur sont assignées.

    Elles investissent massivement mais n'ont pas la maîtrise de leur politique commerciale. Le recentrage du rôle de l'Etat et l'optimisation du portefeuille public devraient permettre une intervention plus efficace surtout dans les secteurs sociaux et les infrastructures.

    Jettou et Youssoufi en première ligne

    De tous les gouvernements depuis 1990, ceux de Driss Jettou et de Abderrahmane Youssoufi auront été les plus actifs en matière de privatisation. Sous Driss Jettou (2002-2007), une vingtaine d'opérations ont été réalisées pour un montant de 50 milliards de DH. Les cessions de 80% de la Régie des Tabacs pour 14 milliards de DH et 35% de Maroc Telecom à 25,9 milliards de DH dont l'introduction en Bourse de 14,90% du capital en décembre 2004 ont marqué son quinquennat. La première opération sur le capital de Maroc Telecom a été réalisée en février 2001 sous le gouvernement Abderrahmane Youssoufi II. Une tranche de 35% du capital avait été cédée à Vivendi pour 23,3 milliards de DH. En tout, 76 milliards de DH soit 72% des recettes de privatisation ont été enregistrés sous ces deux chefs de gouvernement.

    F.Fa 

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