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    Entreprises

    RAM attend toujours son contrat-programme

    Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:5522 Le 23/05/2019 | Partager
    Décisif face à la montée de la concurrence mondiale
    Une nouvelle ligne directe Casablanca-Boston pour bientôt
    Son PDG devant la commission du contrôle des finances publiques
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    Face aux députés, le PDG de la RAM a joué franc jeu. En exposant les véritables enjeux de la compagnie, Abdelhamid Addou a su accrocher leur intérêt. Après un bref exposé, les discussions au sein de la commission de contrôle des finances publiques devront reprendre après ramadan (Ph. privée)

    Devant les députés de la Commission de contrôle des finances publiques de la Chambre des représentants mardi dernier, le PDG de la RAM a joué franc jeu. En exposant les véritables enjeux de la compagnie, Abdelhamid Addou a su accrocher leur intérêt.

    Au cours de cette séance qui s’inscrit dans le cadre du rapport de la Cour des comptes sur les établissements publics, on se contentera d’un bref exposé du ministre de tutelle Mohamed Sajid et la présentation du PDG, le débat étant reporté à l’après Ramadan.

    Ainsi, Mohamed Sajid s’est félicité de la direction prise par le contrôle de la Cour des comptes qui développe la dimension stratégique des politiques publiques. Toutefois, il a abordé l’Open Sky et ses retombées positives mais s’est abstenu de se pencher sur le contrat-programme que le gouvernement doit signer avec la RAM. Pourtant, ce point important a été recommandé par le rapport de Driss Jettou.

    Pour les auteurs de ce document, le contrat-programme est une pièce maîtresse pour les entreprises publiques, qui sont sous la forme juridique de la société anonyme et évoluant dans un cadre concurrentiel. La compagnie aérienne est dans cette situation et elle a un besoin impérieux d’un contrat-programme pour fixer ses objectifs de développement et lui assurer une visibilité.

    D’ailleurs, Abdelhamid Addou adhère à cette recommandation. D’ailleurs, après la séance, des députés n’ont pas caché leur intention de plaider, lors du débat, en faveur de l’accélération de la mise en place du contrat-programme. Surtout que depuis 2016, le management s’impatiente pour la conclusion de ce document.

    Car, pendant ce temps, la concurrence s’organise. C’est le cas de la compagnie algérienne qui bénéficie d’un appui inconditionnel de l’Etat est en train de renforcer ses moyens en vue de devenir le leader incontesté en Afrique. Ce qui pourrait menacer la position de la RAM si rien n'est fait. En effet, Air Algérie a mis en place un ambitieux programme pour faire de l’aéroport d’Alger un hub entre l’Afrique et le reste du monde.

    Pour ce projet ambitieux, l’Etat a mis la main à la poche. Ainsi, la compagnie a reçu 2,5 milliards de dollars (25 milliards de DH) pour acquérir des avions. Elle se concentre d’abord sur l’Afrique puisqu’elle a annoncé l’ouverture de nouvelles lignes sur le Tchad, le Cameroun et le Gabon, des marchés traditionnels de la RAM.

    La compagnie éthiopienne n’est pas en reste. Elle a décidé de renforcer sa flotte, actuellement de 110 avions par l’acquisition de 65 autres appareils des plus modernes. En outre, elle a conclu un partenariat avec le Ghana pour créer un hub dans la capitale Accra pour ouvrir des liaisons aériennes régionales entre les pays de l’Afrique de l’ouest.

    L’autre manœuvre qui devrait inquiéter les pouvoirs publics et la RAM vient de la Turquie. Sa compagnie nationale, qui bénéficie d’un grand appui de l’Etat, a démarré un programme de renforcement de sa flotte qui compte actuellement 336 avions. Elle a également annoncé l’ouverture de 20 nouvelles lignes vers l’Afrique et le Moyen-orient au cours de 2019.

    Face à cette concurrence, soutenue par les Etats, la RAM apparaît mal lotie, avec uniquement 61 avions. Même avec peu de moyens, elle assure 100 liaisons directes dont plus de 80 lignes sur des destinations internationales dans les quatre continents dont 40 destinations vers l’Europe, 32 vers l’Afrique et 5 vers le Moyen-orient. A cela s’ajoutent 7 destinations vers l’Amérique du nord, qui seront renforcées au cours des prochains jours, par une nouvelle liaison directe Casablanca-Boston.

    Dans sa présence africaine, la RAM a amélioré son offre en direction de plusieurs pays. Ainsi, avec le Sénégal, elle a augmenté le nombre de vols par semaine à 20 et entre Casablanca et Nouakchott à 7 vols hebdomadaires. De même, la RAM a revu la programmation des vols vers des destinations comme notamment Conakry, Libreville, Bamako et Accra.

    Elle s’est également positionnée dans le fret à travers ses nouveaux appareils qui lui permettent de disposer d’un large réseau pour relier l’Afrique aux principales plateformes d’export-import. L’objectif est de satisfaire les besoins des opérateurs économiques marocains et africains en vue d’accéder aux marchés internationaux.

    Pour asseoir la vocation africaine de la compagnie, le management a procédé à des recrutements de profils de différentes nationalités de l’Afrique subsaharienne.

    Chiffre d’affaires en hausse

    En 2018, la compagnie a réalisé un chiffre d’affaires de 16,7 milliards de DH, soit une hausse de 16% par rapport à 2016. Elle a transporté 7,5 millions de voyageurs, en progression également de 16%. Ces résultats sont positifs au  regard des difficultés rencontrées avec plus du doublement du prix du pétrole qui est passé de 30 à 70 dollars en 2018, sachant que le kérosène représente 30% des coûts d’exploitation. En plus des tensions sociales, avec la grève des pilotes qui avait provoqué des perturbations des vols durant la période de pointe au cours de l’été dernier.

    Mohamed CHAOUI

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