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    Lectures du Ramadan

    Jésus, une grande figure biblique du Coran: Episode 4: L’origine du peuple d’Israël

    Par L'Economiste | Edition N°:5516 Le 15/05/2019 | Partager

    LE Coran décrit, lui aussi, l’origine du peuple d’Israël. Il cite souvent les personnages de la tradition juive. Ainsi, Moïse est cité 136 fois, Noé 33 fois, Abraham 69 fois. Il cite, également, Elie (Elias), Elisée (Al yassa), Jonas (Younes) et Job (Ayoub). De nombreux développements sont réservés à Zacharie (Zakaria) et à son fils Jean (Yahia). L’histoire du peuple d’Israël, telle qu’elle est racontée dans le Coran, est quasiment identique à celle rapportée par l’Ancien Testament. D’ailleurs, les exégètes musulmans se réfèrent, souvent, à l’Ancien Testament, pour compléter les indications apportées par le Coran. En effet, les différences entre les deux Livres sont peu significatives et se situent, beaucoup plus, au niveau de détails ou d’événements particuliers rapportés par l’un ou l’autre.

    Abraham et La Mecque

    Un fait concernant Abraham est rapporté, avec quelques différences, par l’Ancien Testament et le Coran: il s’agit du voyage d’Abraham, accompagné d’Agar, avec leur fils Ismaël, à La Mecque. Dans la Genèse, il est rapporté que, lorsque  Agar, l’esclave égyptienne, accouche d’Ismaël et commence à narguer Sarah, celle-ci demande à Abraham de l’éloigner. D’après ce que racontent les exégètes musulmans, Abraham la prit, en voyage, avec son fils Ismaël, qu’elle allaite. Ils s’arrêtent à l’endroit où se trouve aujourd’hui La Mecque, appelée également «Bakka », lieu inhabité et surtout, sans aucune source d’eau. Il les laisse à l’endroit le plus haut, avec un sac en cuir contenant des dattes et une outre remplie d’eau. Arrivé à l’endroit le plus étroit de la montagne, il lève ses mains au ciel et commence à supplier: «Notre Seigneur! J’ai établi une partie de mes descendants dans une vallée stérile, auprès de Ta maison sacrée, Ô notre Seigneur!, afin qu’ils s’acquittent de la prière. Fais en sorte que les cœurs de certains hommes s’inclinent vers eux, accorde leur des fruits en nourriture. Peut-être, alors, seront-ils reconnaissants» (Coran XIV, 37). Agar continue d’allaiter Ismaël et de boire l’eau laissée par Abraham, jusqu’à ce qu’elle soit complètement épuisée. Elle commence à avoir très soif et Ismaël se met à crier. Ne pouvant pas voir son bébé dans cet état, elle monte sur la partie la plus proche de la montagne (Al Safa), pour chercher de l’aide. Comme elle ne trouve

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    personne, elle descend dans la vallée puis remonte sur une autre montagne (Al Marwa). Elle refait le même trajet sept fois. Soudain, elle entend une voix et voit un ange creuser le sol avec son talon (ou avec son aile), jusqu’à ce que l’eau jaillisse avec une telle force qu’elle commence à déborder. Agar remplit son outre et commence à crier, dans sa langue : «Zamzam, Zamzam» qui veut dire «Arrête, Arrête». Elle boit l’eau et allaite son enfant. Aujourd’hui, le parcours suivi par Agar entre les deux montagnes: Al Safa et Al Marwa constitue l’un des rites du pèlerinage accompli par les pèlerins musulmans, dans les mêmes conditions, c’est-à-dire, suivre le même chemin que Agar, sept fois, et ce, en exécution d’un verset du Coran qui dit: «Al Safa et Al Marwa comptent vraiment parmi les choses sacrées de Dieu. Celui qui fait le grand pèlerinage à la Maison ou bien le petit pèlerinage ne commet pas de péché s’il accomplit les circuits rituels ici et là. Celui qui s’en acquitte de bon gré fait bien. Dieu est reconnaissant et Il sait» (Coran, II, 158). De même, la source appelée «Zamzam», d’où jaillit l’eau depuis plus de quatre mille ans, continue, aujourd’hui, de fournir une eau potable aux millions de pèlerins qui se rendent à La Mecque et Médine, en Arabie Saoudite. L’existence du puits est rapportée par la Bible qui raconte dans la Genèse (XXI, 14) que, quand l’eau de l’outre est épuisée, Agar se met à pleurer. Dieu entend les cris de l’enfant. L’ange de Dieu l’appelle depuis le ciel, lui demandant de se lever et de tenir l’enfant par la main, car Dieu fera de lui une grande nation. Dieu lui ouvre les yeux et elle voit un puits, dont elle remplit l’outre et donne à boire à l’enfant.

    Abraham et le sacrifice de son fils

    L’Ancien Testament et le Coran rapportent, tous les deux, l’histoire où Dieu demande à Abraham d’immoler son fils. Cependant, les deux Livres ne sont pas d’accord sur le fils concerné; est-il Isaac, comme disent les juifs, ou Ismaël, selon les musulmans? On retiendra du Coran l’un des versets consacré à cette épreuve subie par Abraham: «Ô mon fils je me suis vu moi-même en songe, et je t’immolais; qu’en penses-tu? Il dit: (Ô mon père! Fais ce qui t’est ordonné. Tu me trouveras patient, si Dieu le veut). Après que tous deux se furent soumis, et qu’Abraham eut jeté son fils, le front à terre; Nous lui criâmes: «Ô Abraham! Tu as cru en cette vision et tu l’as réalisée ; c’est ainsi que Nous récompensons ceux qui font le bien» (Coran, XXXVII.102-105). Ceux, parmi les musulmans, qui soutiennent qu’il s’agit d’Ismaël, affirment que la preuve est donnée par le fait que le verset précédent est immédiatement suivi par un autre où Dieu annonce à Abraham la naissance d’Isaac: «Nous lui avons annoncé une bonne nouvelle: la naissance d’Isaac, un prophète parmi les justes. (Coran, XXXVII.112). En reconnaissance du geste de Dieu d’avoir sauvé Ismaël de l’immolation, les musulmans ont pris l’habitude d’égorger un mouton à l’occasion de la grande fête (Aïd el Kébir). Cet évènement intervient le dixième jour du mois de pèlerinage, perpétuant, ainsi, le souvenir du sacrifice d’Abraham.

    Abraham et la construction de la Kaaba

     De nombreux versets du Coran sont consacrés au séjour d’Abraham à La Mecque. Il s’agit du deuxième voyage d’Abraham, car Dieu lui a commandé la construction de la Kaaba (Maison sacrée), par lui et par son fils Ismaël. Ce qui suppose qu’Ismaël est devenu un homme. Dieu indique à Abraham, tout d’abord, l’endroit où doit être construite la Kaaba: «Nous avons établi, pour Abraham, l’emplacement de la Maison». (Coran, XXII, 26). Le Coran, dans un autre verset, affirme: «Abraham et Ismaël élevaient les assises de la Maison: (Notre Seigneur! Accepte cela de notre part: Tu es celui qui entend et qui sait tout. Notre Seigneur! Fais de nous deux des croyants qui Te seront soumis; fais de notre descendance une communauté qui Te sera soumise ; indique-nous les rites que nous devrons observer; pardonne-nous! Tu es celui qui revient sans cesse vers le pécheur repentant; Tu es le Miséricordieux)» (Coran, ii, 127-128). Il faut signaler que les traces des pas d’Abraham sont toujours sauvegardées dans un coin de la Mosquée, à côté de la Kaaba.

    L’histoire de Moïse dans le Coran

    Le Coran consacre à Moïse de nombreux passages. Il est considéré comme prophète mais également comme messager. Il rejoint, sur beaucoup de points, ce qui est rapporté par l’Ancien Testament (l’Exode):
    - Les conditions de sa naissance, sous le règne de Pharaon.
    - Comment il a été élevé dans le palais de ce dernier.
    - Comment, devenu jeune homme, il commet un crime.
    - Sa fuite vers Madian où il trouve refuge auprès de son futur beau-père.
    - Comment il a été guidé vers le mont Al Tor (Tor Sinaï) où Dieu lui parle et lui confie une mission, celle d’aller, avec son frère Aaron, chez le pharaon, pour lui demander de laisser partir le peuple juif, comme le rapporte le Coran: «Allez donc tous deux chez lui et dites-lui: (Nous sommes, en vérité, deux prophètes de ton Seigneur. Renvoie avec nous les fils d’Israël; ne les tourmente pas. Nous venons à toi avec un Signe de ton Seigneur. Que la paix soit sur quiconque suit la Direction) (Coran, XX, 47). L’histoire des magiciens est racontée de la même façon par les deux Livres, sauf que le Coran rapporte que, après que le bâton de Moïse se transforma en serpent et qu’il engloutit les bâtons des magiciens, ceux-ci se jettent à terre et déclarent, devant Pharaon, qu’ils croient dans le Dieu de Moïse et de Aaron. Les deux Livres décrivent, également, de façon presque identique, les fléaux qui se sont abattus sur Pharaon et sur sa famille: l’eau changée en sang, les grenouilles, les poux, la grêle et la foudre, les sauterelles. Il a fallu que Dieu fasse mourir tous les premiers-nés d’Égypte, y compris le fils de Pharaon, à l’exception des enfants israélites, pour que Pharaon accepte de laisser partir le peuple d’Israël. À part les instructions données par Dieu (l’Éternel) à Moïse, au sujet de la Pâque, et qui sont rapportées uniquement par l’Ancien Testament, le Coran décrit, de la même façon, la sortie d’Égypte des juifs et la traversée de la mer. Il affirme : «Nous avons donné en héritage, aux gens qui avaient été opprimés, les contrées orientales et les contrées occidentales de la terre que nous avions bénies. Ainsi s’accomplit la très belle promesse de ton Seigneur envers les fils d’Israël, parce qu’ils ont été patients. Nous avons détruit ce que Pharaon et son peuple avaient fabriqué et ce qu’ils avaient construit.» (Coran, VII, 137).
    Pour le reste, de très nombreuses similitudes entre l’Ancien Testament et le Coran concernant la lassitude des Israélites dans le désert, l’envoi par Dieu des cailles et de la manne, le jaillissement de l’eau du rocher de Horeb. Il faut, toutefois, signaler que, contrairement à ce que rapporte l’Ancien Testament (l’Exode, XX, 19-20), le Coran ne contient aucune référence à l’arrivée de Dieu sur le mont Sinaï où il aurait parlé à Moïse, devant son peuple, et lui a communiqué les Dix Commandements. En revanche, le Coran rapporte que Dieu a donné rendez-vous à Moïse et que celui-ci a exprimé le souhait de Le voir. Dieu lui a dit qu’il n’en aura pas la force, car même la montagne ne pourra rester en place, en Sa présence: «Nous avons fait un pacte avec Moïse durant trente nuits, nous les avons complétées par dix autres nuits, de sorte que la durée de la rencontre de son Seigneur fut de quarante nuits. Moïse dit à son frère Aaron: (Remplace-moi auprès de mon peuple, fais ce qui est bon et ne suis pas le chemin des pervers). Lorsque Moïse vint à Notre rencontre et que son Seigneur lui parla, il dit: (Monseigneur! Montre-Toi à moi pour que je Te voie)! Le Seigneur dit: (Tu ne Me verras pas, mais regarde vers le mont: s’il reste immobile à sa place, tu Me verras.) Mais lorsque son Seigneur se manifesta sur le mont, il le mit en miettes et Moïse tomba foudroyé. Lorsqu’il se fut ressaisi, il dit: (Gloire à Toi, je reviens à Toi, je suis le premier des croyants)» (Coran, VII,142-143). Concernant l’«histoire du veau d’or», une différence importante existe entre la version de l’Ancien Testament et celle du Coran. Pour le premier, c’est Aaron qui a fabriqué le veau avec les bijoux des Israélites, alors que le Coran rapporte qu’il s’agit d’un Israélite du nom d’As-Samiri. L’«histoire de la vache» est rapportée par les deux Livres, mais si l’Ancien Testament (Nombres, XIX) donne des détails sur l’usage qui en est fait, le Coran, dont toute une sourate est appelée «La Vache», se limite à montrer les réticences des Israélites à obéir aux ordres donnés par Dieu, par l’intermédiaire de Moïse.
    Quant à l’histoire de Moïse avec Al-Khadir racontée, avec beaucoup de détails, dans le Coran, aucune allusion n’y est faite dans la Bible. On terminera par un verset du Coran qui montre la place qu’occupe Moïse auprès de Dieu: «Le Seigneur dit: (Ô: Moïse! Je t’ai choisi de préférence à tous les hommes pour que tu transmettes Mes Messages et Ma Parole. Prends ce que je t’ai donné et sois au nombre de ceux qui sont reconnaissants.)» (Coran, VII, 144). Pour le Coran, Moïse est «l’interlocuteur de Dieu; celui à qui Dieu a réellement parlé (Coran, 9.64), comme on parle à un confident (Coran, XV, 52). Le Coran raconte l’histoire de Josué, aussi bien du vivant de Moïse qu’après sa mort, mais sans le citer expressément par son nom. Il cite, également, Elie (Elias pour les musulmans), envoyé aux habitants de Baalbek, situé du côté ouest de Damas, pour leur demander de quitter l’adoration de Baal (une idole). Il rapporte comment le prophète Samuel leur désigne Saül (Talout dans le Coran) comme roi d’Israël. Les deux Livres racontent comment David (Daoud, selon le Coran), simple berger, tue Goliath (Jalout, selon le Coran), un Philistin, et devient roi d’Israël. C’est d’ailleurs la première fois que la prophétie et la royauté sont accordées à un seul homme et à une seule famille: «David tua Goliath. Dieu accorda à David la royauté et la sagesse; Il lui enseigna ce qu’Il voulut. Si Dieu ne repoussait pas certains hommes par d’autres, la terre serait corrompue. Mais Dieu est Celui qui dispense la grâce aux mondes. » (Coran, II, 251).
    Le Coran rapporte que Dieu a révélé à David les Psaumes (Az-Zabour) qui contiennent avertissement et sagesse pour son peuple. C’est David qui désigne son fils, Salomon (Sulaiman selon le Coran et Shlomo, selon la Torah), comme roi d’Israël. Salomon a été un grand roi et Dieu lui a donné des pouvoirs surnaturels aussi bien sur les hommes, les djinns, les animaux, que sur toutes les créatures. L’Ancien Testament (1 Rois, V,13-14) rapporte qu’il a fait parler des arbres, des animaux, des reptiles et des poissons. Quant à l’histoire de la reine de Saba (le Yémen), elle est racontée de façon plus détaillée dans le Coran que dans la Bible. Alors que cette dernière se limite à raconter que la reine de Saba a pris connaissance de la réputation de Salomon et est venue le mettre à l’épreuve par des énigmes, le Coran nous apprend que l’existence du royaume de Saba a été révélée à Salomon par une huppe (un oiseau). Salomon demande qu’on lui apporte son trône, ce qui a été fait, avant qu’il ne cligne l’œil. Quand la reine arrive chez Salomon, il lui demande si c’est son trône. Elle a compris, alors, que Salomon est pourvu de pouvoirs surnaturels et décide de rentrer dans sa religion. L’une des réalisations de Salomon a été, pour les juifs, la construction du Temple, à Jérusalem, 480 ans après leur sortie d’Égypte. À la fin des travaux, il fait déplacer l’arche d’alliance de l’Éternel depuis Sion, ville de David, au Temple de Jérusalem. Le Coran ne cite pas cette construction mais les exégètes musulmans, dont Ibn Kathir, citent un hadith du prophète Mohammed, où il dit: «Quand Salomon acheva le bâtiment de Bait-Al Makdis (Jérusalem), il demanda à Dieu trois faveurs desquelles il lui a été donné deux; et nous espérons que la troisième faveur sera pour nous. Salomon demanda que son jugement corresponde au jugement de Dieu, et sa demande fut exaucée. Il demanda aussi un royaume que personne ne pourrait jamais avoir de semblable après lui et cette demande fut aussi exaucée. Il demanda aussi à Dieu que quiconque sort de sa maison pour aller prier dans sa mosquée, tous ses péchés seront pardonnés et deviendra comme s’il était un nouveau-né. Nous espérons que cette demande nous sera accordée.» Après Salomon et avant Jésus, Israël a connu de nombreux prophètes. Il s’agit notamment de Isaïe, dont un livre du même nom se trouve dans l’Ancien Testament et qui, d’après les exégètes musulmans, a annoncé la venue du Christ et du prophète Mohammed. Il s’agit également de Jérémie, dont l’époque correspond à la destruction de Jérusalem et à l’exil du peuple d’Israël, vers l’Égypte, le Hijaz et même l’Afrique du Nord. Les derniers prophètes d’Israël, avant Jésus, sont Zacharie et Jean-Baptiste auxquels le Coran consacre de nombreux versets, et sur lesquels nous reviendrons.
    Jésus, une grande
    figure biblique du Coran

    Rachid Lazrak
    La Croisée des Chemins,
    L’Harmattan, 2019

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