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    Economie

    La légendaire Cosumar célèbre ses 90 ans au SIAM

    Par Youness SAAD ALAMI | Edition N°:5499 Le 19/04/2019 | Partager
    Anniversaire, projets en Afrique et Moyen-Orient, digitalisation… Fikrat fait le point
    Développement durable, «l’agriculture doit se faire en bon père de famille»
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    «Les dimensions sociétale, planète et people sont au centre de nos choix stratégiques, particulièrement la RSE. Nous créons la valeur ajoutée, et nous la partageons avec nos clients, actionnaires, collaborateurs, et communauté», indique Mohammed Fikrat, PDG du groupe Cosumar (Ph YSA)

    1929-2019. Presque 100 ans pour Cosumar. Un événement important pour Mohammed Fikrat, PDG du groupe, qui décrit «une étape importante dans la vie de l’entreprise, considérée comme «institution nationale qui a toujours eu l’honneur et le plaisir de servir le sucre pour le marché national». «Depuis 4 à 5 ans, nous servons également le sucre pour une quarantaine de pays autour de nous», ajoute le patron de Cosumar. La célébration de ces 90 ans est aussi l’occasion pour le groupe de partager les différentes étapes vécues par l’entreprise et les différents jalons représentés et illustrés dans le stand de Cosumar, situé dans le pôle produit au SIAM. Décryptage.

    - L’Economiste: Comment comptez-vous mettre en avant le patrimoine de Cosumar?
    - Mohammed Fikrat:
    Dans le stand Cosumar, nous avons tenu à rappeler les principales étapes vécues par le groupe depuis sa création en 1929: la marocanisation à la fin des années 1960, l’introduction en bourse en 1985, le plan sucrier qui a permis l’émergence de plusieurs sucreries dans les 5 régions irriguées.... Nous mettons également l'accent sur la privatisation en 2005, une date essentielle pour nous, car l’Etat nous a fait confiance suite à un appel d’offre international. C'est ce qui nous a permis de disposer d'une taille suffisante pour procéder à des investissements lourds, mais aussi à une optimisation des opérations, aussi bien agricole que de production, d’extraction, de conditionnement, et de production de sucre blanc. Cet anniversaire est aussi l’occasion de mettre en avant nos deux derniers projets.

    - Quels sont ces projets et où sont-ils implantés?
    - Nous avons lancé une raffinerie en Arabie Saoudite, en 2017, avec des partenaires industriels privés saoudiens. A noter que la Cosumar est majoritaire dans le capital, et ses équipes ont la responsabilité de gestion de la production et de la commercialisation de cette entité. A ce jour, l’état de construction de cette future raffinerie affiche un taux de réalisation de l’ordre de 75%. Elle sera mise en route avant fin 2019. L’autre projet lancé concerne une unité de moulage et de conditionnement de sucre en Guinée Conakry. C’est un premier pas dans le marché guinéen où nous avons également des ambitions au niveau régional, avec un partenaire guinéen sérieux. Cette unité sera aussi mise en service avant fin 2019.

    - Avez-vous d’autres projets pour le marché local?
    - Tout à fait. Nous venons de lancer deux actions majeures et fortes. Celles-ci concernent d’abord la digitalisation de tout l’amont agricole. Ainsi, tous les agriculteurs sont aujourd’hui équipés d’une carte électronique. Les machines utilisées sont connectées avec la sucrerie. Ce qui permet non seulement d’harmoniser toutes les opérations entre les 5 périmètres pour la betterave et la canne à sucre, mais aussi d'assurer un suivi en temps réel des opérations, opérations qui augmentent le capital confiance des agriculteurs. La carte électronique nous a permis aussi de suivre les opérations de récolte, de transport depuis les parcelles jusqu’à l’usine.... Un bilan sera donné vers la fin de la campagne, vers septembre,  pour évaluer les retombées indirectes de la digitalisation.
    La deuxième action que nous avons entamé à l’essai est relative à l’individualisation de la fertilisation par parcelles. Ainsi, chaque parcelle fait l’objet d’analyse du sol afin de confectionner le fertilisant idoine. Ce processus est mené avec le groupe OCP en utilisant le Smart-blender. Le but étant d’améliorer la performance en utilisant les éléments nutritifs pour la plante à un bon dosage, à un coût optimisé de la fertilisation. Nous l’avons testé sur 500 ha, et c’est une belle expérience qui gagne à être généralisée pour notre activité, ainsi que pour les autres cultures. Surtout qu’elle ouvre des perspectives très intéressantes pour le secteur agricole marocain et africain.

    - L’agriculture durable est aussi votre credo…
    - Effectivement. C’est un choix piloté par notre politique RSE qui est basée sur 3 dimensions. D’abord, l’élément humain. Toutes nos actions doivent, in fine, servir et être utile pour l’Homme, qu’il soit agriculteur, consommateur, actionnaire, collaboratrice ou collaborateur de Cosumar, ou tout simplement mitoyen. La 2e dimension concerne la protection de l'environnement. Nos cultures nécessitent beaucoup de ressources et nous devons les consommer en «bon père de famille», avec toute la responsabilité qui doit être présente à tous les niveaux de l’entreprise.  Pour information, depuis la COP22, nous avons lancé un système de reporting et de suivi qui a permis de réduire notre empreinte carbone de 46% entre 2005 et fin 2018. Notre consommation en énergie et eau a diminué respectivement 27% et 80%. C’est le résultat de l’ingéniosité et l’engagement des équipes de Cosumar (ingénieurs, techniciens…) et de la confiance de nos actionnaires qui ont investi pour l’amélioration de nos procédés. Et nous continuons à améliorer ces systèmes, gages de la protection de notre planète. La 3e dimension est la prospérité. Comme toute entreprise privée, nous devons créer de la valeur ajoutée, de la richesse, et de la partager, avec nos fournisseurs, clients, actionnaires, collaborateurs, ainsi qu’avec la communauté en payant nos impôts. Cette dimension est très importante du fait qu’elle est l’une des missions du secteur privé au bénéfice du pays et de la communauté. Faire des investissements est notre cheval de bataille et nous allons rendre cette dynamique de plus en plus visible. En ce sens, le slogan de notre anniversaire est «partageons le progrès» («sharing the progress» en anglais, et «Al Baraka Tajmaouna» en arabe), et nous allons continuer de progresser d’année en année. Notre objectif final est de créer de la valeur et de la partager de manière juste et équitable.

    Emplois

    «Dès qu’il y aura des opportunités de développement, nous procéderons à la création de nouveaux emplois, en répondant à la dimension qualitative et quantitative», rassure Fikrat. Et d’ajouter que «le niveau moyen de la formation et des études des nouvelles recrues de la Cosumar a été rehaussé depuis plusieurs années». Ainsi, le tiers du personnel du groupe est jeune, avec des bac+4 et plus. Car, c’est grâce au génie du capital humain, son engagement, son esprit d’excellence, et son leadership que l’entreprise peut faire de la valeur. «Nous essayons d’induire de l’investissement autour de nous, puisque nous sommes connectés à un écosystème d’industries dans l’agroalimentaire en veillant à ce qu’il ait des produits de qualité, dans les meilleures conditions de service possibles», explique Fikrat. Son groupe a aussi entamé l’export depuis bientôt 5 ans. Ainsi, entre 20 et 25% de son activité est orientée vers l’export, grâce au mécanisme d’admission temporaire. Ceci est à mettre à l’actif des investissements réalisés et qui ont permis d’augmenter les capacités pour répondre aux besoins du marché local, et doter le groupe de plus d’éléments de compétitivité afin d’exporter dans une quarantaine de pays.

    Propos recueillis par Youness SAAD ALAMI

                                                                              

    Améliorer la productivité

    SI grâce au Plan Maroc Vert (PMV), les besoins en sucre ne sont couverts qu’à hauteur de 50%, Fikrat se veut rassurant. Pour lui, ce plan vise pour la filière sucrière un taux de couverture de 56 ou 57% à l’horizon 2020. «Nous ne sommes pas très loin. Mais ce qui est important est surtout l’amélioration de la productivité. A ce titre, nous sommes passés de 5 tonnes/ha à plus de 12 tonnes de sucre/ha», souligne-t-il.

    Derrière cet indicateur, le revenu des agriculteurs a augmenté du double. Sans oublier l’effet positif induit pas que sur les plantes sucrières, mais aussi tout ce qui est autour. Faut-il signaler que la totalité de ces plantes fait aussi de la production du lait, la viande, les céréales, les fruits, les légumes, etc.

    Et souvent la culture sucrière est le pivot de tout le reste. Elle leur permet de gérer leur trésorerie à moyen terme pendant la saison agricole, payer l’irrigation de l’eau des parcelles qui ne font pas que la betterave ou la canne, accéder à de nouvelles techniques, et raisonner la fertilisation.

    Signalons enfin que malgré le manque de précipitations, la production sucrière ne sera pas affectée directement. D’autant plus qu’elle est implantée dans des zones irriguées et les cultures sont gérées selon les stocks des barrages, sous la conduite de comités techniques réunissant Cosumar, le ministère de l’Agriculture, l’Intérieur et les associations des agriculteurs.

    «Pas de crainte, même en cas de peu ou de trop de précipitation, notre activité est résiliente et les agriculteurs en sont conscients et accompagnent notre engouement dans les 5 régions», conclut Fikrat.

     

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