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    Economie

    Croissance: La météo de plus en plus perturbée

    Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5488 Le 04/04/2019 | Partager
    Le ralentissement touchera 70% de l’économie mondiale, selon le FMI
    Tensions commerciales, resserrement des conditions financières, Brexit…
    Des thèmes qui seront abordés lors des réunions de printemps
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    Christine Lagarde, DG du FMI: «Soyons clairs: nous n’envisageons pas de récession à court terme. Au contraire, nous prévoyons une légère accélération de la croissance au deuxième semestre 2019 et en 2020…» (Ph. AFP)

    Comment assurer une croissance plus durable et plus inclusive? Comment apaiser les tensions commerciales? Ce sont des questions que les ministres des Finances et les gouverneurs des banques centrales aborderont du 8 au 14 avril 2019, à l’occasion des réunions de printemps du FMI et de la Banque mondiale, à Washington. Outre les perspectives de l'économie mondiale, les grandes tendances qui influent sur le développement économique de la région Mena et de l’Afrique seront évoquées lors de ces réunions. Le Maroc, qui a l’habitude d’y participer, abritera officiellement les assemblées annuelles BM-FMI de 2021.
    Lors de son intervention le 2 avril 2019 à la Chambre de commerce des Etats-Unis à Washington, Christine Lagarde, la DG du FMI, est revenue sur les conditions météorologiques de l’économie mondiale. «Il y a un an, je disais que le soleil brillait et que c’était le bon moment pour réparer la toiture. Il y a six mois, j’attirais l’attention sur certains risques qui s’amoncelaient, tels des nuages à l’horizon. Aujourd’hui, la météo est de plus en plus perturbée», a-t-elle déclaré. En janvier, le Fonds monétaire tablait sur une croissance mondiale d’environ 3,5% en 2019 et 2020, un chiffre inférieur aux récentes prévisions, mais encore raisonnable. Ce taux a diminué entre-temps, comme il sera dévoilé lors de la mise à jour des prévisions le 9 avril prochain. 
    Il y a deux ans à peine, 75% de l’économie mondiale était en phase ascendante. Pour cette année, l’institution internationale prévoit que 70% connaîtra un ralentissement de la croissance. Ceci en grande partie à cause de l’aggravation des tensions commerciales (une nouvelle session de négociations commerciales USA-Chine se poursuit jusqu’à ce jeudi 4 avril) et du resserrement des conditions financières au deuxième semestre 2018. Elle est exposée à d’autres risques dont des incertitudes liées au Brexit, l’important endettement dans plusieurs secteurs et pays outre une certaine fébrilité sur les marchés financiers.
    Pourtant, l’activité mondiale devrait tirer avantage du fait que les principales banques centrales, à commencer par la Fed, normalisent à présent leur politique monétaire à un rythme plus apaisé. Et que certains pays, dont la Chine, appliquent de nouvelles mesures de relance budgétaire. «Le moment est délicat, ce qui doit nous inciter à la prudence», recommande la patronne du FMI. Elle compte trois domaines d’action, qui se renforcent mutuellement: les politiques nationales, transfrontières et les initiatives coordonnées visant à relever les grands défis mondiaux. 

    Les effets macroéconomiques de la corruption

    Le FMI s’intéresse de plus en plus aux effets macroéconomiques de la corruption sur ses Etats membres. Les pots-de-vin représentent à eux seuls un coût annuel de plus de 1.500 milliards de dollars, soit quelque 2% du PIB mondial. Le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme constituent d’autres aspects cruciaux du problème, sur lesquels le Fonds monétaire coopère avec plus de cent pays. Les derniers travaux soulignent le coût budgétaire élevé de la corruption, qui entraîne des pertes massives de recettes publiques et nuit à la qualité des dépenses publiques. Bref, cette gangrène freine la croissance, creuse les inégalités et mine la confiance.

    Christine Lagarde reste convaincue que les obstacles aux échanges ne sont pas la réponse aux problèmes. Une autre étude que l’institution s’apprête à publier montre que l’intégration commerciale stimule clairement l’investissement. Il y a aussi un consensus sur la nécessité de réforme de l’Organisation mondiale du commerce (OMC). D’autres études ont évalué ce qui pourrait se passer si les droits de douane frappant toutes les marchandises échangées entre les Etats-Unis et la Chine augmentaient de 25 points de pourcentage. A elle seule, cette décision pourrait réduire le PIB annuel de 0,6% dans le premier pays et de 1,5% dans le second. «La meilleure façon de réduire un déficit commercial bilatéral consiste à éviter les droits de douane, parce que les droits frappant les marchandises d’un pays donné ont pour seul effet de dévier les flux commerciaux vers d’autres pays», note Lagarde. De son côté, le président de la Chambre de commerce américaine Tom Donohue a dit partager la volonté du président Donald Trump d'inciter la Chine à changer ses pratiques commerciales. Mais il a mis en garde contre la tentation du repli sur soi.

     

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