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    Politique

    Loi-cadre de l’enseignement: Le PJD provoque un nouveau tollé

    Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:5487 Le 03/04/2019 | Partager
    Enième report du vote en Commission
    Volteface de son groupe parlementaire
    Face à cette pagaille, Amzazi reste placide
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    Le groupe parlementaire du PJD est déterminé à jouer de la montre pour bloquer l’adoption du projet de loi-cadre relatif à l’enseignement (Ph. Bziouat)

    Le PJD joue au chat et à la souris. La Commission de l’enseignement qui devait voter le projet de loi-cadre a été reportée à aujourd’hui mercredi sous la pression de son groupe parlementaire. Comme la dernière fois, le PJD a refait volte-face, sous le prétexte de la défense de la langue arabe.
    Visiblement, il est déterminé à bloquer ce texte quelle que soit la manœuvre. Toutefois, l’annonce du report par le président de la Commission, après une énième réunion des chefs de groupe parlementaire, a provoqué un tollé. «C’est la dernière fois que nous acceptons un report», répètent en chœur des députés de plusieurs partis de la majorité qui ont décidé de passer au vote, quelle que soit la position prise par le groupe du PJD aujourd’hui devant la Commission. Des députés du PAM, dont Abdelatif Ouahbi, ont même menacé de boycotter la réunion de la Commission d’aujourd’hui. En tout cas, face à cette pagaille et ces voltefaces, Saaid Amzazi, accompagné de son staff, demeure placide. Le ministre de l’Education nationale a fait des compromis. Mais il ne peut pas aller au-delà de certaines limites que lui dictent la Constitution, les orientations royales et la majorité. 
    Visiblement, dans ce dossier, le PJD avance masqué. Il semble que ce n’est pas le parti qui dicte sa logique politique. En effet, son groupe parlementaire prend ses ordres auprès du Mouvement unité et réforme (MUR), bras idéologique du parti. C’est sous sa pression et celle de son président Abderrahim Chikhi que les députés ont fait marche arrière. C’est du moins la conviction partagée par plusieurs parlementaires de la majorité qui n’arrivent pas à expliquer les différentes voltefaces de Driss El Azami dans ce dossier. Pour des politiques, le PJD s’est lancé dans une campagne électorale alors que les législatives ne sont programmées que pour 2021. 
    Cependant, avant d’en arriver là, le projet est resté bloqué au niveau de la Commission plusieurs semaines malgré les multiples tentatives de médiation du président de la Chambre des représentants. Une autre tentative d’enrayer le processus d’adoption alors qu’il y a 15 jours, les groupes parlementaires étaient tombés d’accord sur une version de l’article relatif à l’enseignement des matières scientifiques et techniques en langues étrangères afin d’éviter la fracture linguistique entre le lycée et le supérieur.  Mais à la veille de la réunion de la Commission, Abdelilah Benkirane a mis le feu aux poudres. A travers une vidéo mise en ligne,  il a lancé un appel aux députés du PJD à refuser de voter en faveur du projet de loi-cadre relatif à l’enseignement. Son «insolence» est partie loin au point d’interpeller Saâdeddine El Othmani pour qu’il renonce à porter ce texte quitte à faire tomber le gouvernement et à dissoudre le Parlement. Pour lui, l’important est de sortir de l’exécutif la tête haute, a-t-il dit. Pour convaincre, il donne son exemple lors du blocage pour la formation du gouvernement en 2017. 
    Cette sortie a été un pavé dans la mare puisqu’elle a provoqué un énorme tollé dans les rangs du parti. L’actuel secrétaire général du PJD a dû monter au créneau pour éteindre le feu et convoquer une réunion avec les députés du groupe parlementaire. Comme il n’est pas arrivé à leur imposer une ligne de conduite, l’affaire est remontée au secrétariat général du parti. Là encore, l’état-major du parti a délégué au chef du groupe parlementaire Driss El Azami la gestion de ce dossier. Donc retour à la case-départ. 
    Dans ce dossier, le PJD ne semble pas avoir bien saisi les multiples enseignements du discours royal, prononcé en quatre langues, en présence du pape François samedi dernier.

    Un texte «maudit»

    Ce projet de loi-cadre semble maudit. Il a été programmé pour le vote en Commission hier mardi. En vain, car, il continue à susciter des passions, particulièrement sur la question linguistique. Surtout au sein du PJD où rien ne semble arrêter son ancien secrétaire général. Il constitue un problème pour son parti. «Deux tendances commencent à émerger dans ce parti, à moins que tout cela ne soit prémédité», note un député de la majorité. Cet épisode donne à réfléchir sur le leadership de Saâdeddine El Othmani au sein du parti. 

     

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