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    Analyse

    Agriculture Fès-Meknès: Encore de gros potentiels à exploiter

    Par Youness SAAD ALAMI | Edition N°:5479 Le 22/03/2019 | Partager
    Trufficulture, fromagerie... de nombreuses niches existent
    Agritourisme, fermes d’hôtes, bien-être au château Roslane, pour les accros de nature
    La région regorge d’opportunités pour du tourisme «paisible»

    Grâce à la mise en œuvre du Plan Maroc Vert (PMV), la région Fès-Meknès est devenue championne dans différentes cultures. Responsables territoriaux, élus, et agriculteurs s’accordent à dire que «les opportunités naturelles de ce territoire sont assez diverses et nécessitent d’être mieux exploitées et mieux valorisées». Une valorisation raisonnée qui a permis la naissance de champions. Ces derniers jouissent certes de l’accompagnement de la direction régionale de l’agriculture (DRA), mais aussi de l’appui du groupe OCP. De l’olivier, en passant par l’oignon, la pomiculture, le cerisier, les céréales, ou encore le fromage et la truffe, Fès-Meknès a développé une expertise régionale reconnue.

    ■ Le pommier génère des bénéfices de 150.000 DH/ha

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    Le pommier est une culture à haute valeur ajoutée. Elle occupe aujourd’hui près de 49.000 hectares et se place au 2e rang au niveau des rosacées fruitières avec 20% de leur superficie totale. C’est dans la région Fès-Meknès que s’effectue le plus gros de la production des pommes au Maroc. C’est aussi la région qui tire la plus grande partie de la manne apportée par la culture de la pomme.
    Elle concentre plus de 30% de la production nationale et 31% des superficies cultivées du pays. Rappelons que c’est le PMV (qui fête ses 11 ans) qui a boosté cette filière, particulièrement dans la province d’Ifrane. En fait, la pomiculture bénéficie d’incitations financières dans le cadre du contrat programme relatif au développement des industries agroalimentaires, signé entre le gouvernement et les opérateurs privés en avril 2017 sur la période 2017-2021. Selon la DRA, «les revenus des agriculteurs qui se sont convertis à cette activité ont progressé jusqu’à atteindre les 150.000 DH/ha, alors que sur la céréaliculture, ceux-ci touchaient en moyenne 1.200 DH/ha». En termes d’emplois, cette filière assure près de 3 millions de journées de travail pour un chiffre d’affaires dépassant les 10 milliards de DH. Il en est de même pour son rendement qui reste le plus élevé à l’échelle nationale avec des pics allant jusqu’à 30 tonnes/ha. A noter que la production annuelle du pommier avoisine les 360.000t pour une superficie cultivée moyenne de 15.700 ha. Au niveau national, la production avoisine les 690.000 tonnes, soit un rendement moyen de 18 tonnes/ha.

    ■ Huile d’olive extra-vierge… des marques en tête du podium

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    Dans les provinces de Fès, Meknès, Taounate ou à Sefrou, les producteurs d’huile d’olive extra-vierge affichent leur satisfaction. Leurs marques remportent désormais les prestigieux trophées au niveau national et international. Pour Noureddine Ouazzani, responsable de l’Agro-pôle olivier ENA de Meknès «le Maroc peut être fier de sa production oléicole de qualité, comme l’attestent des jurys internationaux en dégustation». «Les producteurs d’huile d’olive marocains ont considérablement amélioré la qualité de leurs produits et promu l’harmonisation du goût grâce à l’utilisation consciente de la combinaison extra-vierge de qualité et le profil sensoriel/organoleptique», ajoute-t-il. Avec une production en huile d’olive de 12 à 22 litres/ quintal, la région devrait enregistrer une hausse de production qui avoisine les 40% par rapport à l’année dernière.
     Cette offre abondante a permis au consommateur local d’avoir accès à une huile de qualité qui ne dépasse pas les 40 DH alors qu’elle était à plus 50 DH l’année dernière. La région de Fès-Meknès dispose de 320.000 ha, soit plus de 32% de la superficie oléicole nationale (40.000 ha à Meknès). Selon les dernières statistiques du ministère de l’Agriculture, la production nationale oléicole devrait atteindre 2 millions de tonnes pour la campagne 2018-2019, marquant ainsi une hausse de 28% par rapport à l’année dernière.

    ■ Culture de l’oignon: El Hajeb marque son territoire

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    La région Fès-Meknès réalise 54% de la production nationale de l’oignon, soit 455.820 tonnes (sur les 900.000 tonnes produites au niveau national). Cette quantité a été produite sur une superficie estimée à plus de 8.000 ha, soit 8% de plus par rapport à la campagne précédente, qui a enregistré une production de l’ordre de 422.200 tonnes sur une superficie de 7.548 ha, indique la DRA. Concernant la production de l’oignon d’automne, la DRA fait état de la récolte de plus de 112.000 T soit une hausse record de 72% par rapport à l’année précédente. Cette variété d’oignon a occupé la saison dernière une superficie estimée à 3.510 ha en hausse de 12% en comparaison avec la campagne 2016-2017.
    En tout cas, la région Fès-Meknès est le principal bassin national de production de l’oignon, avec environ 11.600 ha, soit 41% de la superficie totale nationale. La production des cultures maraîchères, toutes variétés confondues, a atteint au niveau de la région plus de 1,23 million de tonnes au cours de la saison agricole 2017-2018. Signalons que la filière de l’oignon jouit d’un accompagnement de choix de la part du groupe OCP. Formules NPK Blend, fermes de démonstrations, suivi…sont autant de mesures proposées par le groupe. «Grâce à la formule NPK fournie par le groupe OCP, j’ai vu ma production d’oignons grimper de 10 à 15%», indique Hamid Tichout, un agriculteur d’El Hajeb. «Cette année, j’ai récolté, avec mon fils Adnane 75 à 80 tonnes/ha. Ceci, grâce aux conseils de proximité, assurés par les ingénieurs agronomes du groupe OCP», témoigne-t-il.

    ■ Plus de la moitié des terres cultivées pour les céréales

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    Après l’olivier, l’oignon, le pommier et le cerisier, la région Fès-Meknès veut marquer son territoire dans la filière céréalière. Celle-ci occupe une superficie de 716.000 ha au titre de la campagne agricole 2018-2019, soit 53% de la superficie totale cultivable dans la région. En détails, quelque 44% de cette superficie est réservée au blé dur, 29% à l’orge et 27% au blé tendre. Selon les statistiques de la DRA de Fès-Meknès, «près de 86% des superficies cultivables se concentrent dans les préfectures et les provinces de Taounate, Taza, El Hajeb, Meknès et Sefrou». Le groupe OCP déployait dernièrement son dispositif itinérant «Al Moutmir» dans la région.  Le but étant de vulgariser les nouveautés en matière de recherche scientifique et d’innovation dans le secteur au profit du fellah. D’autant plus que l’OCP dispose d’une véritable cartographie des sols et des fertilisants capables de booster la production céréalière. A ce propos, les indices de rendement de cette filière ont connu, ces dernières années, une nette amélioration sur différents plans. Ainsi, la production a augmenté de 31%/ha, passant de 1.346.709 tonnes en 2003-2007 à 1.743.393 T au cours de la saison 2017-2018. Les indices liés à la valeur ajoutée, l’emploi, au rendement et au chiffre d’affaires se sont améliorés, eux, respectivement de 31%, 18%, 36% et 30%.

    Chercher la meilleure pomme en Haut et Moyen-Atlas

    «La répartition de la superficie montre que la province d’Ifrane occupe la 1re place au niveau régional avec 45%, suivie par la province de Sefrou avec 28% de la superficie, puis viennent respectivement El Hajeb et Boulemane», indique Abdelkader El Machhouri, directeur provincial de l’Agriculture (DPA) à Ifrane. Les premiers vergers commerciaux ont été développés en zones de montagne, à Khénifra, El Hajeb, Sefrou, Midelt, Meknès, et Ifrane.
    Dans ces localités, les conditions climatiques sont favorables au développement et à la fructification de cette espèce. «Grâce au Plan Maroc Vert (PMV) et des initiatives privées, cette filière a connu un développement important durant les dix dernières années. Les subventions octroyées par le département de l’Agriculture dans le cadre du Fonds de développement agricole (FDA) et du PMV ont stimulé cette culture au point que les superficies récoltées au niveau de la province d’Ifrane ont triplé», explique El Machhouri. Et de poursuivre: «Le pommier occupe près de 8.000 ha au niveau de la vallée de Tigrigra (près d’Azrou) et Dayet Aoua (entre Imouzzer et Ifrane)». Dans ces localités à potentiel, des programmes diversifiés ont été mis en place en vue d’accompagner les pomiculteurs dans leurs efforts d’amélioration et de valorisation de leur production. Signalons que les zones de production les plus importantes sont localisées dans les altitudes du Haut et du Moyen-Atlas. Et à elle seule, Ifrane concentre près de 38% de la production nationale de pommes et 34% des superficies cultivées du pays (48.671 ha).

                                                                            

    Truffe: «Le diamant noir» exhumé à Imouzzer

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    Cueillir des truffes noires à Imouzzer non loin de Fès, c’était le défi que s’est lancé le docteur Abdelaziz Laqbaqbi en plantant des chênes truffiers dans un domaine de 12 hectares, il y a sept ans. Désormais, il assure le «cavage» (récolte) de pas moins de 30 kilogrammes de truffes noires par an. Sa production est destinée principalement au marché international. À noter que le cavage des sols à la recherche du «diamant noir» (truffe) se fait, à l’aide d’un chien (ou un cochon), entre janvier et mars de chaque année.

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    «Nous produisons la tuber melanosporum, identique à celle qui est récoltée dans le Quercy notamment», expliquait Dr Laqbaqbi à L’Economiste. Ce trufficulteur est un passionné qui assure également la «mycorhization» des jeunes chênes et partage son expérience avec d’autres agriculteurs du Royaume. En guise de démonstration, Abdelaziz Laqbaqbi suit son chien. Quand ce dernier s’arrête, on dit qu’il a marqué le sol. Le trufficulteur prend une poignée de terre et la hume longuement. Il creuse 20 à 30 centimètres en profondeur, et voilà «le diamant noir» est exhumé. Signalons enfin que la truffe noire se vend jusqu’à 1.200 euros le kilo.

                                                                            

    Agriculteurs et… professionnels du tourisme

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    Ils sont nombreux à construire des résidences hôtelières (à capacité réduite) autour de leur ferme. Fermiers, agriculteurs, et autres se lancent désormais dans l’agritourisme en faveur d’un séjour «detox», de bien être et de mieux être.
    Aux côtés des petites fermes d’hôtes, on trouve des géants comme le Château Roslane (sis à Haj Kaddour) qui avec 13 clés fait le plein tout au long de l’année. Repas bio, SPA, et confort sont ses points forts. Ailleurs, d’autres agriculteurs se réjouissent de leur vie de «berger» qu’ils mènent et partagent, depuis des années, avec des visiteurs en quête de nature. Parmi eux, Tarik Lechkar, qui exploite le Domaine de la pommeraie. Implantée au cœur du terroir, cette ferme se situe entre Ain Chiffa et Immouzer, à environ 30 km de la ville de Fès.
    Elle produit à échelle humaine plusieurs variétés de fromages de chèvre fermiers. Ces fromages sont fabriqués sur place d’une façon artisanale et ancestrale. Mais, ils ne constituent qu’une entrée de jeu pour attirer des clients à la recherche d’une vie paysanne. «Nous recevons des touristes pour la journée qui veulent un espace privé pour découvrir une vie paisible, traditionnelle et coupée du monde», souligne Lechkar.

     

     

     

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